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Mallettes de Macky Sall, arsenal de guerre de Salif Sadio... : Les fracassantes révélations de Abdou Elinkine Diatta

Le Porte-parole du Mfdc, Abdou Elinkine Diatta, n’a pas fait dans la fine bouche en abordant la question de la rébellion casamançaise. Le Quotidien l’a retrouvé dans son « maquis » où il a accepté de se livrer au jeu de questions-réponses. Sans langue de bois, il dit tout, rappelle quelques anecdotes et laisse même entendre des menaces qui en disent long sur l’état d’esprit actuel des combattants rebelles.


Rédigé par leral.net le Vendredi 10 Avril 2015 à 13:18 | | 10 commentaire(s)|

Mallettes de Macky Sall, arsenal de guerre de Salif Sadio... : Les fracassantes révélations de Abdou Elinkine Diatta
Réarmement des combattants rebelles

« En tant qu’homme de terrain et ancien combattant, cette accalmie me fait peur. Cela veut dire que les gens se réarment et se préparent à la guerre. Quand on entend les médias, on a l’impression que tout va bien, mais tel n’est pas le cas. Les Messieurs Casamance peuvent dire ce qu’ils pensent en tirant la couverture sur eux, ce qui est compréhensible vu qu’il y a une cagnotte logée à la Présidence et qui dépasse la cinquantaine de milliards, uniquement destinée à ce conflit. Mais en réalité, sur le terrain, ils ne font pas grand chose. Certains Messieurs Casamance affichent leur indépendantisme devant le Mfdc, mais disent autre chose devant les médias pour plaire à l’autorité ».

« Au niveau des combattants, on n’attend pas grand chose de l’Etat du Sénégal, parce qu’entre ce qu’ils font et ce qu’ils disent, il y a un grand fossé. Quand il y a un nouveau Président qui arrive, il fait toujours de beaux discours, mais en réalité, il ne pose pas d’actes concrets. Macky Sall avait dit qu’il allait faire de la Casamance une sur-priorité. Mais dans les faits, tout se fait sans nous. Au niveau des programmes de développement pour la région, personne ne nous implique, ce qui est incompréhensible et je l’ai signifié à Macky Sall ».

Ce que le Colonel Aziz Ndao n’a pas dit dans son livre...

« Avant de parler de négociations, il faut que l’Etat nous rende notre autorité territoriale, comme ça nous venons à la table des négociations avec notre indépendance. On est dans une situation où c’est comme si je vous arrache votre téléphone portable et je vous dis : venez négocier mais ne me parlez pas de votre téléphone. Alors dans ces conditions, comment voulez-vous que je négocie ? A cause de la corruption, nous nous sommes réarmés. En remettant une mallette d’argent à un combattant, c’est lui dire : Va chercher des armes. Quand je vois l’arsenal de guerre de Salif Sadio, ça me fait trembler de peur. Il est impressionnant. J’ai toujours dit que ce n’est pas la bonne approche. Wade donnait à l’époque énormément d’argent et des tonnes de riz par campement et par mois. Les mallettes continuent de plus belle parce que c’est ce qui arrange tous ceux qui interviennent dans le conflit. L’Etat a créé des Mfdc de chambre. Cela veut dire quoi ? Beaucoup d’individus qui se réclament du mouvement n’ont pas trois personnes derrière eux. Voilà ce qui est frustrant ».

« Au moment où l’autorité sénégalaise donne des mallettes aux maquisards, elle envoie un militaire pour aller faire une bonne guerre, mais c’est de la folie. Elle est en train de démoraliser ses troupes parce qu’à chaque fois qu’il y a affrontement, on arrive à ramasser des armes laissées sur place par les soldats. Le Colonel Abdoulaye Aziz Ndao a raison dans son livre, mais il a oublié de dire qu’il était dans ce lot... J’étais chargé des missions de l’Abbé Diamacoune Senghor à la Présidence, donc je sais bien ce que je dis. J’ai salué le livre du Colonel Ndao, mais nous aurions préféré des audits sur le conflit casamançais. Parce qu’au-delà des mallettes, il y a des morts inexpliqués, des disparitions, entre autres, durant ces 32 ans de guerre ».

Le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau

Il n’y a jamais eu un petit cantonnement du Mfdc en Gambie ni en Guinée Bissau. Je vous dis que nous sommes très forts, nous n’avons pas besoin de bases arrières dans ces pays (...) Il ne faut pas que l’Etat joue avec le feu (...). Les combattants ne mangeaient qu’une seule fois la journée, mais grâce à l’Etat du Sénégal, nous avons nos trois repas et même un goûter avant la tombée de la nuit ».

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