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Marche contre le terrorisme à Tunis : Hollande au côté du président Essebsi

Rédigé par ( La rédaction ) le 29 Mars 2015 à 15:26 | Lu 316 fois

Onze jours après l'attentat sanglant au musée Bardo de Tunis, la Tunisie a organisé ce dimanche une marche contre le terrorisme. Des milliers de personnes ont défilé, de même que des personnalités étrangères, dont le président français François Hollande.


Marche contre le terrorisme à Tunis : Hollande au côté du président Essebsi
François Hollande a participé à Tunis (Tunisie) à la marche contre le terrorisme qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes et des personnalités étrangères après l'attentat sanglant au musée du Bardo le 18 mars dernier.
Cette marche rappelle celle organisée en janvier après les attentats de Paris contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, une policière et un supermarché casher.

Le président de la République est arrivé peu après 13 heures au musée du Bardo, où quatre Français ont péri lors de l'attaque terroriste. Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone est lui-aussi arrivé en Tunisie, accompagné d'Harlem Désir, Cécile Duflot et Bertrand Delanoë.

François Hollande et le Premier ministre italien Matteo Renzi ainsi que le président gabonais Ali Bongo et son homologue palestinien Mahmoud Abbas notamment ont ensuite participé à ce défilé d'officiels en lisière du musée. Les dirigeants ont marché sur un parcours d'une centaine de mètres dans un périmètre complètement bouclé par des centaines de policiers et militaires munis d'armes automatiques et de gilets pare-balles.

«Nous devons tous lutter contre le terrorisme», a lancé le chef de l'Etat français devant la presse, soulignant que «le terrorisme a voulu frapper un pays, la Tunisie, qui avait engagé le Printemps arabe et qui a eu un parcours exemplaire en matière de démocratie, de pluralisme et de défense des droits des femmes».

Essebsi confond Hollande et Mitterrand

Le cortège était sorti dans la confusion du Parlement, mitoyen du musée, et les dirigeants noyés dans une foule compacte d'officiels et de journalistes. Ils ont néanmoins réussi à former un rang et le chef de l'Etat tunisien était encadré par François Hollande et le président du Parlement tunisien Mohamed Ennaceur. Ce défilé officiel a longé l'enceinte où se trouvent le Parlement et le musée du Bardo. Les dignitaires ont ensuite inauguré une stèle à la mémoire des victimes.

«Un grand salut au peuple tunisien qui a prouvé qu'il ne céderait pas au terrorisme. Merci à tous et je dis au peuple tunisien: En avant! tu n'es pas seul», a lancé M. Caïd Essebsi, 88 ans. En saluant les dignitaires étrangers participant à cette marche à ses côtés, le président tunisien a, dans un lapsus, cité François Mitterrand, l'ex-chef de l'Etat français décédé en 1996, au lieu de remercier François Hollande de sa venue. Rapidement «corrigé» par les personnalités présentes, il s'est rattrapé en expliquant que «c'est celui (Mitterrand) que je connaissais de mon âge ». Souriant, Essebsi s'est excusé en donnant une franche accolade à François Hollande.
Derrière eux, séparée par la police, une importante foule de manifestants a répondu à l'appel du président Béji Caïd Essebsi à manifester pour dénoncer l'attaque qui a fait 22 morts (21 touristes et un policier tunisien) . «Tunisie libre, terrorisme dehors», «Notre pays est plus fort que vous», scandaient les manifestants, agitant des centaines de drapeaux tunisiens sur l'avenue menant au Bardo, noire de monde.

Avant son départ pour Tunis, François Hollande, à la sortie du bureau de vote à Tulle, avait insisté sur l'importance de ce déplacement «Le 11 janvier il y avait eu une manifestation de solidarité pour la France, pour les valeurs qu'elle porte. Aujourd'hui nous allons marcher pour la Tunisie et pour les valeurs qu'elle représente pour le monde arabe», expliquait-il.

La Tunisie, pays pionnier du «Printemps arabe», a malgré les turbulences achevé sa transition avec des élections fin 2014, mais sa stabilité pourrait être menacée par l'essor de la menace jihadiste ainsi que par les difficultés économiques et sociales persistantes qui étaient à la racine de la révolution de 2011. L'attentat du 18 mars a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) de Tunisie. Mais le ministère tunisien de l'Intérieur a affirmé que l'assaut avait été dirigé par l'un des chefs de la Phalange Okba Ibn Nafaa, un groupe affilié à Al-Qaïda pourchassé par l'armée depuis plus de deux ans dans les montagnes frontalières de l'Algérie.

Des divisions à l'heure du rassemblement

Le parti islamiste Ennahda, deuxième force politique du pays présente dans le gouvernement de coalition, a appelé ses partisans à participer à la marche «pour exprimer l'unité des Tunisiens face à ce danger et leur détermination à défendre leur patrie et préserver leur liberté». La puissante centrale syndicale UGTT a également invité ses membres à y participer «massivement».

Mais le Front populaire, coalition de gauche et principale formation d'opposition, a annoncé qu'il n'y participerait pas en accusant d'«hypocrisie» certains participants, dans une claire allusion à Ennahda. De nombreux politiques de gauche accusent en effet le parti islamiste de s'être montré laxiste face à la montée de courants jihadistes lorsqu'il était au pouvoir (fin 2011-début 2014).

«Une bataille absurde» pour le quotidien La Presse qui estime que «le monde attend qu'on lui prouve qu'on mérite son soutien et la vague de solidarité qu'il nous témoigne à longueur de journée».

Le Parisien