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Mario Monti joue les médiateurs

le 22 Juin 2012 à 11:25 | Lu 448 fois

Quatre dirigeants européens ont rendez-vous à Rome ce vendredi pour des consultations cruciales pour l'avenir de l'Europe.


Mario Monti joue les médiateurs
À la veille de consultations à quatre (Allemagne, Espagne, France, Italie) cruciales pour l'avenir de l'Europe qui se tiennent vendredi à Rome, Mario Monti a obtenu un appui renouvelé des partis soutenant son gouvernement de technocrates. Mercredi soir, le PDL de Silvio Berlusconi, les centristes de l'ex-UDC et le Parti démocrate se sont formellement engagés à voter le projet de réforme du marché du travail qui piétinait laborieusement depuis quatre mois. Il sera définitivement adopté par le Parlement le 27 juin, à la veille du Conseil européen. Le président du Conseil ne voulait pas s'y présenter sans avoir en poche cette réforme fondamentale pour la relance économique de l'Italie, la quatrième de son mandat après les privatisations, la réforme des retraites et les sévères restrictions budgétaires de décembre dernier.

«Les prochaines semaines ne seront pas forcément plus calmes pour Mario Monti», relève le Corriere della Sera. Les partis politiques attendent le résultat du Conseil européen pour caler leur attitude. Que les décisions ne suffisent pas à enrayer la spéculation sur les taux d'intérêt et grande serait leur tentation de corriger une rigueur de plus en plus impopulaire. Silvio Berlusconi lui-même n'exclut plus une sortie de l'euro: «En parler n'est pas un blasphème», dit-il. De là à penser que le cours de la législature, qui prend fin normalement en avril 2013, en serait abrégé, il y a un pas. Mais Mario Monti n'aurait certainement plus la même latitude d'action.

C'est pourquoi le président du Conseil a mis les bouchées doubles. Multipliant ces dernières semaines les projets de réforme (loi anticorruption, coupes claires dans les dépenses publiques, décrets de relance) qui sont loin de plaire aux forces politiques, au PDL en particulier.

Mario Monti est conscient que le temps presse. «L'Europe dispose de dix jours pour prendre une décision», a-t-il lancé au G20 de Los Cabos (Mexique). Ses propositions pour éviter un désastre financier ont reçu le soutien de François Hollande. En revanche, Angela Merkel reste «curieusement froide», relève-t-on à Rome. Et Bruxelles affiche son scepticisme. Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques, les compare à de «l'aspirine financier». Parmi ses propositions figure un plus grand recours au Fonds européen de stabilité financière (FESF), encore doté d'une capacité de prêts de 440 milliards d'euros, et au Mécanisme européen de stabilité (MES), doté de 700 milliards d'euros, qui lui succédera le 8 juillet. Ces instruments seraient invités à souscrire aux dettes souveraines des pays comme l'Italie et l'Espagne, qui ont fait de réels efforts d'ajustement structurel.

Mario Monti voudrait faire de cette rencontre à quatre un «sommet des convergences». Il invite à ne pas se perdre en «débats idéologiques». Si François Hollande et Angela Merkel campent sur leur position, il cherchera à se poser en médiateur en incitant l'Allemagne à participer à une forte initiative en faveur de la croissance et en convaincant la France de surmonter ses réticences sur les transferts de souveraineté nationale. Un rôle «historique» d'arbitre, souligne La Stampa.


Par Richard Heuzé


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