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Mauritanie : Diop Amatidjane, une figure proue des mouvements abolitionniste déclaré disparu

Diop Amatidjane troisième vice-président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) a été cueilli tôt ce matin à son domicile par six éléments identifiés comme appartenant à la police mauritanienne.


Rédigé par leral.net le Jeudi 30 Juin 2016 à 14:56 | | 1 commentaire(s)|

Mauritanie : Diop Amatidjane, une figure proue des mouvements abolitionniste déclaré disparu
Aux alentours de 9h, ce matin 30 juin 2016, six éléments de la police mauritanienne, en civil, ont investi le domicile de Diop Amatidjane, troisième vice-président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA). Sans aucun mandat de perquisition, ils ont forcé sa porte et l'ont mis aux arrêts. A cette heure, on ignore le lieu de sa détention et le motif de cette énième agression contre les responsables du mouvement abolitionniste. Rappelons qu’il n’y a pas encore un mois que Biram Dah Abeid et Brahim Bilal, respectivement président et premier vice-président d’Ira-Mauritanie ont été remis en liberté après plus d’une année et demie de détention. Il faut dire qu’avec cette nouvelle arrestation, le prochain sommet arabe risque d’être émaillé par de très grandes perturbations. Les militants d’Ira sonnent la mobilisation des troupes.

Selon les premières informations reçues, il semble que l'arrestation de Diop Amatdjane troisième vice-président d'IRA-Mauritanie soit liée à la manifestation résultant du déguerpissement des populations haratines qui résidaient sur le site situé en face de l’hôpital ophtalmologique Bouamatou. Résistant à la police venue les y chasser, des jeunes issues de ce milieu se sont battus contre la police pendant plusieurs heures ce mercredi 29 juin 2016 au point d'incendier un véhicule de la police. La police soupçonnerait IRA d'être à l'origine de ces manifestations. Et comme les deux premiers responsables sont à l'extérieur, elle est allée cueillir le troisième ce matin 30 juin 2016.

Esclavage en Mauritanie : les chaînes de la honte

Et pourtant, en 1905, un décret des autorités coloniales françaises avait aboli l’esclavage en Mauritanie. Mais, à l’indépendance, ce texte n’a pas été intégré au dispositif juridique, la Constitution de 1961 se contentant d’évoquer l’égalité entre les citoyens. Vingt ans plus tard, sous le régime du militaire Mohamed Khouna Ould Haidalla, une ordonnance l’abolissait officiellement dans le contexte d’une vaste refonte des textes fondamentaux consécutive à l’adoption de la charia.

À l’époque déjà, une commission concluait que l’esclavage en tant qu’institution n’existait plus en Mauritanie et que seules subsistaient certaines « séquelles » dans les mentalités, en raison notamment du faible développement économique et de la pauvreté. Ce n’est qu’en 2007 que le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi fera adopter la première loi réprimant l’esclavage. Texte révisé à l’initiative de son successeur, Mohamed Ould Abdelaziz, afin de le rendre plus exhaustif et répressif.

Afriquemidi







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