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Mbour, la ville-martyr (par Abdou Karim NDIAYE)


Rédigé par leral.net le Lundi 17 Juillet 2017 à 16:36 | | 0 commentaire(s)|

La vérité n'est pas ailleurs, elle est dans les faits. 

Le crépuscule du 15 juillet 2017 aura replongé à nouveau la ville côtière dans l’atmosphère d’un 31 janvier 2012 et le climat du 3 février 1967. Les souvenirs des tristes et cruels événements refont surface: l’assassinat de son jeune député-maire et ministre de la Jeunesse et des Sports, Demba Diop et le meurtre de son jeune étudiant, Mamadou Diop figure emblématique de la jeunesse combative et patriotique du M23. 

La règle du "jamais deux sans trois" se confirmera ainsi à travers le triomphe douloureux d’une finale épique dans un stade parrainé de son fils suscité et « ressuscité » ! Triste ironie du sort....

Les commentaires vont bon train et les mbourois pleurent encore….

Les mbourois ont triomphé dans la douleur des larmes et du sang. Ils ont voulu la coupe mais pas à ce prix si fort, qui les plonge dans la désolation, la souffrance.

Une dizaine de morts et une centaine de blessés. De jeunes mbourois qui vivaient leur passion, le football et l’amour de leur équipe, l’équipe de leur ville, de leur localité s'en vont cruellement avec une gloire éternelle.


Non à la fatalité!
Elle est l’excuse des âmes sans volonté dit-on souvent…
Les forces de l’ordre ont doublement péché de par leur nombre insuffisant et leur incapacité à gérer une foule compacte de supporteurs exaltés par leur belle victoire et la charge de leurs adversaires déchaînés, menacés de défaite.

Les organisateurs et les dirigeants n’ont pas été à la hauteur quant à leur compétence par rapport à une manifestation d’une grande envergure.

Mbour et Ouakam sont des équipes avec des bases affectives populaires et historiques. 
Mbourois et Ouakamois ont en partage l’eau salée de l’océan atlantique et sont une même famille historiquement et sociologiquement. Ils ont également en commun, les couleurs rouge et blanc de leurs maillots. 

L’enjeu et, le désir de victoire se sont manifestés pendant plusieurs jours et dans un contexte politique mobilisateur.
La suite est très tragique et difficilement soutenable: des morts et des blessés qui rappellent les hooligans et le drame de Heyssel, un soir de mai 1985.

Les Sénégalais sont encore une fois de plus atteints dans leur chai,r car ayant vécu les événements en direct avec la télé et les réseaux sociaux.


Rien de nouveau, on meurt gratuitement encore et encore au Sénégal, de façon intolérable, par irresponsabilité, incompétence, négligence, insouciance de nos autorités.


"Nous avons bien des raisons de dénoncer l'incurie et l’irresponsabilité de nos dirigeants. Nous avons aussi l'obligation morale d'interroger au quotidien ce que nous faisons individuellement pour notre pays. C'est une dimension essentielle d’une introspection collective. Sous peine d'avoir une approche désincarnée de la complexité de nos problèmes. La logique des raccourcis a de beaux jours devant cette tâche complexe popperienne de validité de nos schémas critiques pour développer ce merdier sénégalais".

Ca suffit ! "Doyna sëk" !


Avec les journalistes, nous apprenons que tout le monde avait vu venir….la vétusté du Stade Demba Diop, l’usage facile de nos policiers des grenades lacrymogènes et des matraques, les violences dans les rangs de certaines équipes, les instances sportives infestées de pratiques détestables…..
Ce qui pouvait arriver est arrivé ! 
L’irréparable.
L'inacceptable

Le mal est profond et viennent s’y greffer les multiples problèmes des populations.
La ville de Mbour souffre et interpelle....
« La fatalité veut que l’on prenne toujours les bonnes résolutions trop tard » 
Cela ne saurait perdurer encore. Les discours sont inopérants.La confiance se me meurt et le danger nous guette.
Il faut agir et vite !

Les résultats d’enquête sont attendus tout comme les sanctions rigoureuses à l'endroit des fautifs.. 
Que justice soit faite car les mbourois demeurent inconsolables pour l’heure.


Pour autant, nous demanderons aux jeunes mbourois de rester sereins, vigilants et de ne point céder à la manipulation. Les démons de la division rôdent dans la ville meurtrie. 
Nous devons bannir la violence.

L’heure est au recueillement, à la compassion et à la prière pour nos disparus.
Que Dieu veille sur la ville.
Que Dieu veille sur notre pays


Abdou Karim Ndiaye

Conseiller départemental de Mbour

Lycée de Popenguine

B.P  59
Téléphone: 77 659 89 21
                 77 300 09 09








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