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Mbour pleure ses fils et raconte la funeste scène : « Ils étaient venus nous tuer en masse, ils ont réussi »


Rédigé par leral.net le Lundi 17 Juillet 2017 à 16:57 | | 0 commentaire(s)|

La ville de Mbour est marquée au fer rouge. Elle gardera encore longtemps les stigmates de la furie qui lui a volé une victoire dans une finale nationale qui se dessinait, mais surtout la vie de huit de ses fils. Huit morts, plusieurs blessés. Le bilan est lourd et la Petite côte en a payé tout le tribut. Inexplicable. A tel point que l’ambiance de deuil a très vite enveloppée toute la ville, ce dimanche, le lendemain du drame de Demba Diop.

C’est à l’unisson que tous les quartiers ont pleuré les pertes en vies humaines enregistrées dans ce stade dakarois qui porte le nom du premier maire de l’histoire de Mbour. Tout un symbole, mais cette solidarité ne s’est pas nouée avec le drame. Bien avant le match, tous les supporteurs de la ville de Mbour se sont unis pour pousser le Stade de Mbour à un premier sacre. L’union sacrée décrétée par la ville, a été symbolisée par les deux présidents des clubs phares de la ville. C’est dans cette ambiance fraternelle que tout Mbour s’était déplacé à Dakar.

C’est dans les quartiers « 11 novembre » et « Tiocé » que l’on compte le plus grand nombre de victimes. Ici on croise des blesses à chaque coin de rue. Et c’est en colère qu’ils déroulent le film de ce qu’aurait pu coûter la vie à des centaines de personnes. Ibrahima Sadio était en tribune couverte avec sa femme et ses enfants, il pointe du doigt le laxisme des responsables de la Ligue pro.

«Ils pouvaient voir venir. De la tribune couverte, tout était clair qu’on laissait faire ce qui allait produire un drame. Plusieurs dakarois ont stationné leurs voitures très loin du stade, mais le plus dramatique, c’est quand la situation a dégénéré, ces responsables de la Ligue ont tous sauvé leur peau, se terrant chez le Président de la Ligue, Saër Seck pour tenir disent-ils une réunion d’urgence ».

Pour Cheikh Thiam, blessé à la cheville droite, le coup était prémédité. «Parmi les armes utilisées contre les supporteurs de Mbour, il y avait des pagaies, des couteaux, des bâtons avec des pointes. Je ne sais pas comment ils ont fait pour entrer ces armes, alors que nous Mbourois, avions subi une fouille corporelle. Après coups, on a pu voir que certains supporteurs de l’USO, avaient caché leurs armes dans des glacières ». Moustapha Ba, oncle de l’une des victimes, en est encore ébahi et se demande encore si ceux qui ont lancé cette funeste opération, n’étaient sous l’emprise de la drogue. « Un joueur de l’USO a été formellement identifié en train de poignarder, une des victimes, le lutteur Assane Mbeur, alors qu’il essayait des de sauver les gens », narre-t-il.

« Si les Mbourois étaient venu pour se bagarrer, ils n’allaient pas venir en famille, ils n’allaient jamais fuir et sauter. Le président du club, Mbaye Diouf Dia était venu avec sa fille âgée de 2 ans et a été obligé de sauter des tribunes, s’en tirant avec des blessures. Nous avons entendu des Ouakamois dire qu’ils allaient le chercher en tribune couverte pour le tuer. Le maire de Mbour a été pourchassé. Ils étaient venus nous tuer en masse. Ils ont réussi », racontent les témoins.

(Source: L'Observateur)