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Me Aissata Tall Sall tacle Racine Sy: «C’est un marchand de sable….»

Me Aissata Tall Sall est de plain-pied dans la campagne. Dans cet entretien, la mairesse de Podor étale ses réalisations et décline les esquisses de ce qui constituera la lettre démission de son prochain mandat. Avec sa verve habituelle, Me Aïssata Tall Sall a cogné fort son adversaire de Benno Bokk Yakaar Racine Sy qui a promis de changer Podor en six mois. Elle assimile le Pdg du King Fahd Palace à un vendeur de sable et demande aux Podorois d’ouvrir grandement leurs yeux.


Rédigé par leral.net le Jeudi 19 Juin 2014 à 16:25 | | 5 commentaire(s)|

Me Aissata Tall Sall tacle Racine Sy: «C’est un marchand de sable….»
CAMPAGNE ELECTORALE

« Nous avons deux maîtres mots à l’occasion de cette campagne électorale, c’est le courage et la sérénité. Le courage pour nous se résume à une persévérance. Persévérance de ce que nous avons fait depuis cinq ans, persévérance aussi pour aller au-delà des résultats que nous avons produits pour la ville de Podor.
C’est la raison pour laquelle nous sommes en train d’agir dans deux axes : le premier, c’est l’axe de proximité. Nous sommes dans une campagne locale où le maître mot doit être la proximité : aller au plus près du militant, aller au plus près de l’électeur au-delà du militant pour pouvoir lui parler, le convaincre et aussi recueillir ses attentes en terme de renouvellement de mandat, si cela nous est octroyé. Toutes les journées, nous sommes dans les quartiers. Nous allons visiter les chefs religieux, nous allons voir les femmes, les grands électeurs les jeunes aussi qui ont beaucoup d’attentes. Nous les rencontrons, nous discutons avec eux et nous le faisons par groupes ciblés pour avoir une photographie correcte des attentes des populations de Podor et également de la perception qu’elles ont du travail que nous avons accompli.

La différence entre nous et les autres, c’est que nous allons pour une réélection et une réélection est toujours difficile que de se faire élire parce qu’on est déjà jugé de façon concrète sur un bilan qu’on a produit. Ensuite, parce qu’il faut faire accepter et faire convaincre qu’au-delà de ce bilan, il y’a quelque chose d’autre de possible, quelque chose d’autre de meilleur. Le deuxième axe dans lequel nous travaillons, c’est qu’on est dans un temps électoral. C’est un temps de mobilisation, c’est un temps de conviction des masses et des foules et je crois que cela est aussi important, en leur tenant le discours qu’il faut. Et au-delà du discours individuel que nous tenons dans la proximité, il faut que nous puissions véhiculer un message collectif qui est plus difficile parce que le message collectif n’est pas celui de l’intérêt personnel, ce n’est pas celui du message individuel, c’est le message général autour de l’intérêt général des Podorois et nous le faisons avec un sens de la pédagogie. Nous n’avons pas commencé cela, mais ça va venir dans les prochains jours.

A Podor, il n’y’en aura que deux, parce qu’il y a deux camps qui se font face. Ça simplifie les choses, mais les bulletins qui sont édités sont quasiment des bulletins neufs. Ma coalition et l’autre coalition sont de nouvelles coalitions. Elles ne sont pas connues à l’image de Benno Bok Yaakar, donc il ne faudrait pas que nos électeurs se trompent. Donc nous irons vers beaucoup plus de pédagogie dans ces rencontres avec les masses pour leur expliquer comment voter, leur expliquer qu’il y a une liste départementale qui sera à côté de la liste municipale et faire de telle sorte qu’elles ne se trompent pas. Donc, nous pouvons dire que les choses avancent normalement selon un rythme soutenu en parfaite conformité avec les prévisions que nous avions tracées jusque-là».

BILAN MANDAT

« Lorsque nous venions aux affaires des Podorois, il nous avait été demandé quelques réalisations en terme de priorités. Les Podorois avaient dégagé leurs priorités à eux, parce que c’est la gestion des affaires de la cité. Et on ne peut pas connaître la cité mieux que les habitants de la cité. Et nous avions à l’époque, dans un souci de démarche participative, rencontré les Podorois et certains nous ont dit, nous voudrions bénéficier de l’éclairage public, les jeunes par exemple nous ont dit qu’ils ne peuvent pas s’entraîner de nuit si le stade n’est pas éclairé, rénové et équipé.

D’autres ont des problèmes avec les fournitures scolaires et ont souhaité que la mairie puisse leur apporter son soutien et son aide. D’autres sont soucieux de l’environnement, du reboisement (…) ainsi de suite, jusqu’aux commerçants du marché qui nous ont dit qu’ils ne peuvent pas faire cohabiter les vendeuses de poissons avec les vendeurs d’autres types de marchandises, parce que le poisson est corrosif. Nous avons ramassé tout cela et nous en avons fait de façon séquentielle des réalisations prioritaires. Aujourd’hui, je peux dire aux Podorois, dans le blanc des yeux, que tout ça a été fait. Le marché au poisson a été réalisé, l’espace jeune a été réalisé et les fournitures scolaires sont gratuites sur toute l’étendue de la ville. Nous avons même décidé de donner une subvention à nos étudiants qui sont à Dakar, alors que cela n’est même pas de notre compétence. Mais, il a fallu trouver un habillage juridique pour pouvoir le faire, parce que nous savons dans quelles conditions les étudiants vivent. Il ne sert à rien de soutenir l’école si on ne prolonge pas le soutien un peu plus loin ; sinon c’est la déperdition scolaire (…). Je ne peux pas dire cerise sur le gâteau, parce que ça c’était mon engagement personnel, personne ne me l’avait demandée mais j’avais dit si je suis élue, je mettrai en place une radio municipale à Podor parce que depuis 42 ans que la Rts a quitté cette ville, aucune radio institutionnelle n’est là sauf les radios privées et je pense qu’il était important que les Podorois écoutent leurs voix, qu’ils puissent s’adresser à leur maire par un moyen de communication moderne lorsqu’ils le veulent et quand ils le veulent. Et cette radio municipale a été installée et elle est fonctionnelle. Nous avons travaillé sur le ramassage des ordures ménagères, dans mon bureau à la mairie, vous verrez trôner une coupe de la ville la plus propre en compétition avec beaucoup de villes du Sénégal et de la Mauritanie. Nous avons fait un prix vert pour soutenir le reboisement.

Podor est une ville très sèche, très aride et nous pensons que le reboisement doit être un des axes prioritaires de ce que nous voulons faire de cette ville si nous sommes réélus. On arrivera à Podor pole vert et on pourra le développer ».

AXES PRIORITAIRES DU PROCHAIN MANDAT

« Il va avoir cinq pôles de développement que nous voulons tracer pour Podor. Lorsque nous arrivions, Podor était une ville sous urgences de toutes sortes. Le budget municipal n’était pas conséquent, les réalisations n’étaient pas faites, tout était à faire y compris la réhabilitation de l’hôtel de ville pour rendre aux Podorois leur fierté d’appartenir à une ville historique qui a quand même contribué au développement du Sénégal. Après les urgences, il faut poser les bases irréversibles du développement de Podor. Pour que demain, n’importe quel maire qui puisse être là ne soit pas confronté aux mêmes difficultés que nous. C’est ça le sens du développement. Le développement ce n’est pas de tout régler en un jour, c’est encore moins de tout régler en six mois ou un an, ce n’est pas possible, ça c’est des marchands de sable.

Le développement c’est de régler les problèmes au jour le jour et que vous ne soyez plus confrontés aux mêmes types de problèmes dans les années à venir. C’est pourquoi, pour nous l’éclairage public, le branchement à l’eau courante, l’assainissement, sont des choses qui sont importantes parce qu’elles doivent se faire dans la durée. Qu’allons-nous faire aujourd’hui de l’éducation ? Est-ce que Podor va rester la ville où chaque année le maire après avoir distribué les cahiers, les livres, les tenues de sport, est content et dit que le travail est fait. Nous nous sommes dit qu’il faut que nous puissions développer un pôle numérique avec ses services, que les élèves en ayant accès à l’ordinateur puissent également avoir
accès au savoir et à la connaissance.

Il suffit d’avoir une connexion internet et de l’électricité, ce n’est pas des investissements lourds. Nous allons travailler à ce pôle numérique et également essayer de développer la télé enseignement et la télésanté.

Ensuite, nous allons développer un pôle vert. Ce n’est pas simplement de reboiser, car si on reboise et qu’on n’a pas le système de drainage des eaux pluviales, mais surtout de drainage des eaux usées, tout ce qu’on aura réussi dans l’environnement, la pollution ou la saleté va le détruire. Podor doit être assaini.
Ce sont des investissements lourds qui coûtent excessivement chers. Pendant cette mandature, nous avons développé avec la coopération luxembourgeoise et avec l’Union européenne qui a pris le relais un système de ramassage des ordures ménagères, de traitement des déchets, de valorisation des déchets, qui permet aujourd’hui de déboucher sur un réseau d’assainissement. Nous sommes en négociation avec l’Union européenne – peut être que je signerai ce contrat là – car Podor est l’une des deux villes au Sénégal qui a été présélectionnée pour cela. Nous avons un troisième pôle, c’est le pôle des infrastructures. Entre nous et la Mauritanie, il ya le fleuve et de l’autre côté de la Mauritanie le goudron est à 25 kilomètres et il va arriver. Si le bac est installé, les gens ne feront plus le grand détour pour passer par Rosso. Ils vont arriver directement au bac. Ils ont le goudron jusqu’au bac, ils reprennent par Podor et sortent sur la route nationale du Sénégal.

C’est un raccourci intéressant pour les passagers. Pour la ville de Podor, ça va développer toute une activité économique autour de la traversée du bac. C’est une priorité pour nous. L’autre pole, c’est le pole de la bonne gouvernance, de la citoyenneté. C’est de continuer le débat participatif que nous avons ouvert avec les Podorois. Nous allons édifier chaque année à Podor un forum citoyen où les Podorois, au lieu d’attendre cinq ans pour juger, pourront venir dire tous les ans ce qu’ils pensent par rapport aux promesses faites parce que nous travaillons avec leur argent, donc nous leur devons un compte rendu périodique ».

LA REPLIQUE

« L’imposture commence lorsque quelqu’un vous dit, à moi tout seul, je peux développer la ville. Je n’y crois pas. Je n’y croirai jamais. Ce n’est pas possible et je demanderai aux Podorois d’ouvrir les yeux et d’être conscients ».

AMBITION PRESIDENTIELLE

« Nous ne sommes pas dans ce temps-là. Ce temps viendra. Il est encore loin parce que nous sommes en politique et en politique, c’est loin de la coupe aux lèvres. Pour l’instant nous sommes dans le temps des locales, notre volonté, notre souhait, nos efforts convergent vers la réélection, donc nous nous consacrons entièrement à ça. Après, j’irai là où mon destin me mènera ».

L'As






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