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Me Assane Dioma Ndiaye sur la crise au Burkina Faso : « De la gestion de ce conflit dépendra l’avenir des coups de force anticonstitutionnels en Afrique »

Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (Lsdh), a condamné fermement l’action des putschistes qui, selon lui, est le fruit de l’impunité qui a toujours régné en Afrique.


Rédigé par leral.net le Lundi 21 Septembre 2015 à 14:41 | | 1 commentaire(s)|

Me Assane Dioma Ndiaye sur la crise au Burkina Faso : « De la gestion de ce conflit dépendra l’avenir des coups de force anticonstitutionnels en Afrique »
Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, qui s’exprimait samedi, à Diourbel, sur l’action des putschistes au Burkina Faso, a condamné fermement, d’après La Tribune de ce jour, cette pratique qui, renseigne-t-il, est dû à l’impunité qui a toujours régné en Afrique et qui a permis que ces putschistes puissent survenir. « Vous ne verrez jamais une rupture de la marche de l’ordre constitutionnel d’un pays en Europe », dit-il. Donc, si des groupuscules se permettent à des moments donnés d’interrompre la marche constitutionnelle d’un Etat, informe-t-il, c’est parce qu’ils sont assurés que rien ne peut leur arriver. « A chaque fois que ces coups arrivent, l’objectif n’est pas de les sanctionner, mais de négocier avec eux. Ce qui leur donne le temps de s’aménager un temps plus ou moins long pour rester au pouvoir ; et la communauté internationale se satisfait d’une sortie de crise qui pourrait aboutir d’ici deux ans, trois ans. Durant ce temps, on aura bouleversé la marche démocratique d’un pays », soutient-il.

« Il faut une jurisprudence… »
C’est pour cela, pour la première fois, dit-il, ils se réjouissent de la position ferme adoptée par l’Union africaine « qui, même sans attendre d’éventuelles négociations, décrète la suspension des putschistes et le gel de leurs avoirs ». Ces positions fermes sont nécessaires, fait-il savoir. « On ne peut pas laisser des populations pour servir de chairs à canons à toutes les dispositions complaisantes cataloguées pour propositions de sorties de crises, et qui, en fait, ne servent qu’à cautionner des coups de force qui encouragent demain la réitération de tels actes ».

Pour Me Assane Dioma Ndiaye, la communauté internationale doit être ferme. « La Cedeao, le Conseil de sécurité, l’Union européenne, la communauté américaine, tout le monde doit se joindre à la décision de l’Union africaine pour qu’un embargo soit décrété autour de ces personnes, en veillant que les populations civiles ne puissent pas souffrir outre mesure de sanctions qui pourraient être prises ». Aujourd’hui, si la Cedeao, qui tente des négociations se range à la position de l’Union africaine, et si la communauté internationale reste ferme par rapport aux décisions décrétées par l’Union européenne, on peut espérer une sortie de crise inédite, a-t-il insisté. « S’il y a une démarche cohérente de la communauté internationale, je pense que, très rapidement, ces militaires vont céder. L’Afrique doit désormais faire un test grandeur nature. Il faut, à partir de ce qui se passe aujourd’hui, qu’on ait désormais une jurisprudence qui ne pourra plus être remise en cause », déclare-t-il. De la gestion de ce conflit, pour lui, dépendra l’avenir de ces coups de force anticonstitutionnels en Afrique.






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