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Me Assane Dioma Ndiaye sur le procès Habré : « Les Africains doivent se défaire de ces légendes soutenues par les puissances étrangères »

L’avocat sénégalais des victimes de crimes du régime d’Hussein Habré, Me Assane Dioma Ndiaye, a manifesté sa satisfaction par rapport aux témoignages de Mike Dottridge d’Amnesty international et de Jean Bawoyeu Alingué, ancien président de l'Assemblée nationale du Tchad. Il a, par ailleurs, invité les Africains à se départir des légendes fabriquées par les Occidentaux.


Rédigé par leral.net le Vendredi 11 Septembre 2015 à 15:25 | | 6 commentaire(s)|

« Amnesty international a fait un témoignage à minima. Des témoignages, aujourd’hui, qu’aucune âme sensible ne peut soutenir. Si on doit continuer à ce rythme, beaucoup de personnes hésiteraient à venir à ce procès, tellement les atrocités seront insoutenables », a déclaré, ce vendredi, Me Assane Dioma Ndiaye, avocat des victimes du régime d'Hussein Habré. Pour lui, les informations relayées par Mike Dottridge d’Amnesty international ont révélé ce dont les gens étaient sûrs. « Vous avez entendu les disparitions forcées, les tortures, les exécutions sommaires et extrajudiciaires et tout cela documentés avec des témoignages irréfutables », soutient-il. D’ailleurs, l’avocat sénégalais estime que les faits sont réels. « Et tout ce qui a été dit autour de ce procès, qu’il s’agit d’un procès d’intention, un procès politique et une tentative de liquidation d’un patriote, un nationaliste, un panafricaniste, tout le monde se rend compte, aujourd’hui, de la véritable nature de M. Hussein Habré », a-t-il.

Me Ndaye invite donc les Africains à se défaire de ce genre de légendes parfois soutenues par les puissances étrangères. « Hussein Habré a été installé au pouvoir par les Américains, notamment Ronald Reagan, et maintenu au pouvoir par les Français tout au long de son règne. Il a aussi bénéficié de l’appui et du soutien même de l’argent des Américains et des Français ». Il estime que le procès de l’ancien chef d’Etat tchadien, au-delà de son caractère de matérialisation de la lutte contre l’impunité, permet de réécrire l’histoire pour la jeunesse africaine. « Il faut faire en sorte que plus jamais cela en Afrique que des pères de famille, que des enfants de 13 ans, des filles de 13 ans, parce que l’on n’a pas pu arrêter leurs mamans, leurs papas, qu’on les enlève et que mort s’ensuit et que ces jeunes n’ont jamais été trouvés », implore-t-il.

A noter que l'audience du procès de l'ancien chef d'Etat tchadien a été suspendu jusqu'au lundi pour la poursuite des auditions.

Fara Mendy






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