Me Ciré Clédor Ly répond au Procureur : « Khalifa Sall doit être libéré immédiatement et sans conditions »


Rédigé par leral.net le Vendredi 27 Octobre 2017 à 17:18 | | 0 commentaire(s)|


Par un retournement inattendu, le parquet de Dakar a sollicité l’Assemblée nationale la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall incarcéré depuis le 7 mars. Depuis trois mois, pourtant, l’ensemble des magistrats saisis du dossier contestaient que cette immunité puisse s’appliquer au député maire de Dakar.

Une demande que son avocat Me Cire Clédar considère comme une « tentative de liquider un potentiel adversaire politique » pour les prochaines joutes électorales de 2019.

« Depuis que Khalifa Sall a été élu député, on a évoqué la loi constitutionnelle pour dire que le maire de Dakar ne peut plus être poursuivi par la justice. A l’époque, on avait balayé d’un revers de la main tous nos arguments. Et devant le juge d’instruction, on lui a expliqué qu’on est en train d’enfreindre la loi du moment que la justice a décidé de poursuivre Khalifa Sall, sans pour autant faire lever son immunité parlementaire », explique l’avocat.

Dans le même sillage, le conseil du maire de Dakar affirme que « le procureur et le juge d’instruction nous ont opposé que nos arguments ne reposent ni sur le droit, encore moins sur le savoir. Par la même action judiciaire n’allait pas s’éteindre. Devant la chambre d’accusation, ils ont maintenu et réitéré leurs positions ».

Me Ciré Clédor se désole de la manière dont cette affaire est traitée et demande par la même occasion, la libération de son client. « Puisque le parquet a saisi l’Assemblée nationale afin de faire lever l’immunité parlementaire de Khalifa Sall, la conséquence à tirer c’est que Khalifa Sall doit être libéré immédiatement et sans conditions », lance-t-il.

Très en verve, Me Ly charge les autorités, particulièrement les magistrats. « Si toutes les institutions du pays parlent le même langage, cela veut dire tout simplement que les autorités peuvent faire ce que bon leur semble. Malgré tout, en tant que praticiens du droit, on ne cesse de leur rappeler la loi en vigueur. On est prêt pour le procès de notre client. Mais que l’opinion publique sache que la manière de procéder dans l’affaire Khalifa Sall, repose plus sur la force que sur le droit », a déclaré l’avocat au micro de la Télévision futurs Médias.


Cheikh T. Sy (stagiaire)