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Me El Hadji Diouf: "Karim Wade a créé les propres conditions de sa condamnation"

En marge du point de presse annulé de Serigne Aramine Mbacké, directeur général de Dangote Sénégal, Me El Hadj Diouf s’est prononcé hier sur le procès en cours de Karim Wade. L’avocat de l’Etat prédit une condamnation de l’ex-ministre d’Etat, tout en se prononçant sur l’internationalisation du combat contre la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), par le parti démocratique sénégalais (PDS), ainsi que l’agression dont il a été victime jeudi dernier au tribunal.


Rédigé par leral.net le Samedi 14 Février 2015 à 18:18 | | 39 commentaire(s)|

"Karim Wade a créé les propres conditions de sa condamnation". C’est le sentiment de Me El Hadj Diouf, membre du collectif des avocats de l’Etat dans le procès pour enrichissement illicite de Karim Wade. Selon l’avocat, le procès était une occasion pour le fils de l’ex-président Wade de s’expliquer sur l’origine de son patrimoine. "Il n’avait qu’à dire d’où provient son patrimoine, mais il a refusé de parler or, qui ne dit rien consent", a relevé Me Diouf. Il a ajouté que "Karim Wade a opté pour la politique de la chaise vide, mais son comportement ne l’aide pas, car c’est comme s’il n’a pas de réponses claires à donner". Et c’est l’une des raisons qui le pousse à croire que Karim Wade risque une condamnation.

L’avocat accuse également ses confrères de la défense et le Parti démocratique sénégalais (PDS) de manipuler l’opinion, en leur faisant croire que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) est en train de chercher les preuves de l’accusation. Or, poursuit-il, la CREI ne cherche aucune preuve, puisque les preuves sont déjà établies depuis la mise en demeure.

Sur sa lancée, l’avocat-parlementaire a soutenu que le boycott du procès par la défense n’est qu’un leurre, étant donné que c’est leur client qui a refusé de comparaître. Or, "lorsqu’un prévenu refuse de comparaître, ses avocats ne peuvent pas plaider". A ses yeux, en faisant croire qu’ils ont boycotté, ses confrères de la défense veulent anticiper sur le verdict qui sera rendu à l’issue du procès. "Ils disent que Karim n’a rien fait. Henri Grégoire est méchant, pour uniquement rejeter le verdict qui va tomber demain", martèle le conseil. Qui juge "puérile" la seconde requête portant récusation du président de la CREI. Il reste persuadé que ses confrères n’obtiendront pas gain cause, du fait que la Cour suprême a déjà statué sur la question. "On cherche à tromper l’opinion mais ils connaissent bien l’autorité de la chose jugée", a-t-il fulminé.

La lettre à Hollande et Obama traduit le désarroi d’un père

Ensuite, Me Diouf a fustigé la lettre que Me Abdoulaye Wade a adressée à François Hollande et Barack Obama, présidents de la France et des USA, en leur demandant de désigner des juges pour juger la CREI. L’avocat parlementaire considère que cette démarche de Me Wade "traduit le désarroi d’un père dont le fils risque une condamnation". Selon lui, "le président Wade sait pertinemment que ni la France ni les USA ne peuvent juger le plus petit juge d’un tribunal départemental du Sénégal". A son avis, la peur est en train de gagner Wade-père et le PDS. "Au fur et à mesure que le verdict approche, la panique s’empare de ceux qui risquent d’être condamnés"

L’avocat-parlementaire est aussi revenu sur l’agression dont il a été victime jeudi, au Palais de justice, après le renvoi du procès opposant Karim Wade à l’expert-financier Pape Alboury Ndao. Me Diouf, très en verve, a soutenu qu’il ne se laissera pas faire. "Ces bandits perdent leur temps, mais ils ne peuvent ni terroriser ni intimider une "grande gueule" comme El Hadj Diouf", a asséné l’avocat qui promet de répondre à la mesure de l’attaque. "Quiconque me cherche, je le descends. Je serai très méchant et je vais les exécuter un à un, car ma vie est supérieure à celle de ces agresseurs", a-t-il menacé tout en révélant avoir averti les ministres de la Justice et de l’Intérieur.

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