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Me El Hadji Diouf sur sa rencontre avec Idriss Deby: «Je ne vais jamais trahir Hissène Habré...»

La rencontre entre Me El Hadji Diouf, un des avocats d'Hissène Habré, et le Président tchadien, Idriss Deby, en marge du Forum sur la paix et la sécurité, à Dakar, a suscité moult commentaires et donné lieu à toutes sortes d'interprétations. L'avocat assure qu'il ne va «jamais trahir» l'ancien homme fort de Ndjamena.



Rédigé par leral.net le Lundi 29 Décembre 2014 à 20:12 | | 8 commentaire(s)|

Me El Hadji Diouf sur sa rencontre avec Idriss Deby: «Je ne vais jamais trahir Hissène Habré...»
Le Secrétaire général national du Parti des travailleurs et du peuple (Ptp) - qui était, avant-hier, l'invité de l'émission «Le Grand rendez-vous», sur la 2Stv - a coupé court aux supputations sur sa rencontre avec Idriss Deby. «Je l'ai vu rapidement. On s'est vus. Je pense qu'il faut trouver des solutions. Même après les grandes guerres mondiales, la France et l'Allemagne ont signé l'armistice. Il faut arrêter la guerre. Et moi, je pense que Deby a posé des actes. J'ai vu qu'il a tourné le dos aux Chambres africaines extraordinaires qui ont arrêté Habré. Il refuse toute collaboration et toute coopération. On a demandé l'extradition de 7 personnes poursuivies, Deby a dit non.

Et lui-même organise un procès de ces gens-là qui sont réclamés par les Chambres africaines», explique l'avocat. Me El Hadji Diouf de renchérir : «S'il refuse d'envoyer ces Tchadiens qui sont considérés comme les auteurs des principaux faits reprochés à Habré qui est considéré comme complice - nous avons appris en droit que le complice emprunte la criminalité de l'auteur principal - ça prouve qu'on doit fermer les Chambres africaines extraordinaires. Donc, rencontrer Deby, c'est pour explorer les pistes pour faire libérer immédiatement Habré».

Sur sa lancée, le député indique : «Et d'aucuns vont dire : 'Est-ce que El Hadji Diouf n'est pas en train de trahir Habré ? Est-ce qu'il ne va pas vers les pétrodollards tchadiens ?'. Moi, j'ai donné ma vie à Habré. Depuis 14 ans, je me bats pour lui. J'ai affronté les forces de l'ordre publiquement, au risque de ma vie. J'ai subi des épreuves physiques. Je l'ai défendu partout. Mais, si je vois que Deby est en train de tourner le dos aux Chambres africaines extraordinaires, qu'il a posé des actes concrets, je crois que l'ennemi de mon ennemi est mon ami. L'ennemi des Chambres africaines extraordinaires, c'est Deby. Le rencontrer, ça ne doit pas surprendre».

A la question de savoir comment Hissène Habré a pris cette nouvelle donne, Me Diouf a déclaré : «Je crois qu'il doit le prendre avec philosophie, en sachant que je suis un avocat. Ma mission est de le faire libérer, pas de l'enfoncer, pas de le trahir. Je ne vais jamais le trahir. Moi, je n'ai pas besoin de l'argent de Deby. J'en ai. Je suis avocat international, ancien ministre et député. Je ne suis pas malheureux pour aller prendre des miettes». «Moi, je défends mes clients avec conviction, avec fidélité. Et je suis trop sentimental.

Malheureusement, quand on est un pays où il y a beaucoup de traîtres, ils pensent que les gens sont comme eux. Il y a des gens qui seraient, aujourd'hui, capables de trahir Habré. Moi, je suis un roi.
J'ai le sang royal».

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