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Me Ousmane Sèye : «Assane Kamara n’est pas un terroriste, il n’a jamais tenté de rallier l’Etat islamique»


Rédigé par leral.net le Samedi 12 Novembre 2016 à 11:47 | | 4 commentaire(s)|

Selon l’avocat Me Ousmane Sèye : «Assane Kamara n’est pas un terroriste, il n’a jamais tenté de rallier l’Etat islamique. En fait tout ce tintamarre est le fait de Allan Wood, un journaliste canadien du Toronto Star qui a fait un article avec des éléments erronés.»
Selon l’avocat Me Ousmane Sèye : «Assane Kamara n’est pas un terroriste, il n’a jamais tenté de rallier l’Etat islamique. En fait tout ce tintamarre est le fait de Allan Wood, un journaliste canadien du Toronto Star qui a fait un article avec des éléments erronés.»
 
L’avocat d’Assane Kamara, cet ancien étudiant sénégalais au Canada écroué à Dakar pour terrorisme présumé, brise le silence. Dans cet entretien, Me Ousmane Sèye fait des précisions, défend son client et annonce une plainte contre le porte-parole de la police nationale sénégalaise coupable, à ses yeux, d’avoir «sali » son client dans un, commentaire diffusé par un journal canadien, le Toronto Star.
 
L’intégralité de ses propos. «En fait tout ce tintamarre est le fait de Allan Wood, un journaliste canadien du Toronto Star qui a fait un article avec des éléments erronés. Un article dans lequel il cite le porte-parole de la police Henry Boum Cissé qui s’est livré à un commentaire extrêmement grave qui viole en même temps le secret de l’instruction.
 
Allan Wood m’avait contacté quand j’étais au Canada. Je ne sais pas comment il a été mis au courant de mon arrivée, mais il m’a appelé pour le cas de mon client Assane Kamara. Je lui ai dit que j’étais en vacances. Il m’a recontacté quand j’étais à Shebrooke, puis à Paris, je n’ai pas répondu. Quand je suis revenu au Sénégal, il m’a encore contacté et pour en savoir plus sur ces motivations, je lui ai dit de m’envoyer un questionnaire par mail. Il m’a envoyé une liste de 11 questions auxquelles je n’ai pas répondu, parce que je suis un avocat professionnel et répondre à ces questions équivaudrait à violer le secret de l’instruction du dossier.
 
Je n’avais rien à répondre à un journaliste, fusse t-il canadien, sur un dossier pénal qui était pendant devant la Justice. J’affirme aujourd’hui que l’article de Allan Wood est un tissu de fausses allégations : Assane Kamara n’est pas un terroriste, il n’a jamais tenté de rallier l’Etat islamique, et il n’a jamais été question pour lui de faire l’apologie du terrorisme. Aucun élément matériel du dossier n’atteste de ces accusations.
Ce, aussi bien au Sénégal qu’au Canada, pendant l’enquête préliminaire et durant la phase d’instruction du dossier. Samir Hallovic, Zakria Habibi et Yousseph Sakhir (ndlr, ils ont rallié la Syrie) étaient des étudiants de Shebrooke. Assane les fréquentait comme il fréquentait les autres étudiants sénégalais, maliens, guinéens ou ivoiriens.
 
Depuis son enfance, Assane Kamara a été éduqué dans les préceptes de l’islam. Quand il a raté une session à Shebrooke, il n’a pas voulu demander de l’argent à ses parents pour s’inscrire à nouveau. C’est pourquoi il a déménagé à Edmond où il travaillait dans la construction pour avoir de l’argent afin de financer ses études. En même temps, l’échec l’a davantage rapproché de Dieu, et c’est pourquoi il s’adonnait à une pratique poussée de l’islam en priant et en lisant le Coran.
 
Plainte contre Henry Boum Cissé  le porte-parole de la police devant la Chambre d’accusation
 
Est-ce faire l’apologie du terrorisme que de prier ou de lire le Coran ? Non. C’est donc à la suite de cet échec, que Assane Kamara qui s’était retranché à Edmond ne donnait plus de nouvelles. C’est d’ailleurs ce qui a inquiété sa mère qui est allée le récupérer là- bas. Il faut préciser que c’est sa maman qui s’est rendue à la Dic, parce qu’elle était inquiète, comme je vous le dis.
 
A l’époque des connaissances lui avaient promis que Assane Kamara, qui est jumeau, allait être sermonné et l’affaire s’en arrêterait là. Malheureusement tel n’est pas le cas et on tente de donner à ce dossier une ampleur qu’elle n’a pas. Le plus grave est que dans l’article du journal canadien Henry Boum Cissé s’est permis de faire des commentaires qui, non seulement, violent le secret de l’instruction, mais aussi portent atteinte aux intérêts de mon client. Et c’est pourquoi j’ai décidé de porter plainte contre le porte-parole de la police devant la Chambre d’accusation. Assane Kamara est un jeune qui a de l’avenir. J’échange beaucoup avec lui. Il regrette d’avoir eu un comportement qui a été mal interprété, car, jamais, il ne versera dans le terrorisme qu’il condamne lui-même.
 
Il ne faut pas maintenant que des tapis dans l’ombre cherchent à gonfler ce dossier qui est très simple. Et contrairement à ce qui a été dit, il était en Tunisie et non en Turquie et c’était pour poursuivre ses études là-bas. C’est même sa mère qui a informé la police de son retour à Dakar pour vous dire. Le terrorisme est une affaire très sérieuse, il ne faut pas qu’on en fasse un fond de commerce avec l’Occident ». 

Source Libération






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