leral.net | S'informer en temps réel

Me Sidiki Kaba: ‘‘Il n’y a pas de justice politique au Sénégal''

Le Garde des Sceaux, lors de l’assemblée générale de l’Union des magistrats du Sébégal (Ums), a fait savoir qu’il n’y a pas de justice politique au Sénégal. Sidiki Kaba répondait à une question sur une supposée « politisation » du procès de Karim Wade dans le cadre de la traque des biens mal acquis.


Rédigé par leral.net le Lundi 11 Août 2014 à 09:41 | | 1 commentaire(s)|

Me Sidiki Kaba: ‘‘Il n’y a pas de justice politique au Sénégal''
« Il n’y a pas de justice politique au Sénégal ». C’est la conviction du garde des Sceaux, ministre de la Justice. Selon Sidiki Kaba, on parle de procès à relent politique depuis l’indépendance, mais après la clameur publique, les magistrats ont toujours rendu des décisions qui ont montré que le droit a été dit.

« Je ne rentre pas dans le fond d’un dossier que je ne maîtrise pas, mais ce qui est important, c’est que l’organisation de ce procès est faite. Des magistrats libres et indépendants rendront la décision », a-t-il indiqué, faisant allusion au procès de Karim Wade qui alimente les débats depuis son ouverture le 31 juillet.

Cette décision, a précisé Me Kaba, sera celle de l’État du Sénégal que brandit un État de droit qui fonctionne sur la base de l’impartialité des cours et tribunaux et qui fonctionne sur le respect des droits de la défense.

« C’est ce que nous pouvons assurer à tous en nous disant que nul n’est au-dessus de la loi. Il y a des hommes et des femmes qui doivent veiller à cela, étant les remparts désignés par la Constitution. Il faut donc les laisser faire leur travail », a ajouté le ministre. Selon le ministre

de la Justice, «le juge sénégalais est libre d’esprit, indépendant de raison» et il le montre chaque jour dans le cadre de son travail. Tous les jours, les magistrats rendent la justice sans crainte, sans peur et sans pression, d’où qu’elles viennent », a noté le ministre, qui a plaidé pour un renforcement des garanties de carrière des magistrats au niveau institutionnel.

Les infrastructures, une priorité

Sur un autre registre, le garde des Sceaux a insisté sur la nécessité de développer les infrastructures judiciaires. « La justice ne pouvant être administrée et rendue dans les lieux qui mettent en cause son symbole, les infrastructures judiciaires sont plus qu’une priorité pour l’État. C’est pourquoi le vaste programme que recèle la modernisation de la justice a une triple déclinaison », a dit le ministre.

Cette déclinaison consiste, à en croire Me Kaba, à la création de tribunaux, de prisons, mais aussi d’une école de formation. Ainsi, le ministre de la Justice espère qu’après le Palais de justice de Thiès, celui de Kaolack, ceux de Ziguinchor et Saint-Louis et la Cour d’appel de Tambacounda pourraient être inaugurés en fin d’année.

Ces réalisations vont, à son avis, permettre aux magistrats d’être dans les meilleures conditions de travail pour rendre la justice dans la sérénité, la sécurité et le confort. Le ministre a aussi évoqué la question des prisons qui reste, de son point de vue, une question fondamentale.

Car, a-t-il rappelé, depuis 1960, aucune prison n’a été construite au Sénégal. Me Kaba a assuré qu’une infrastructure pénitentiaire est prévue à Sébikotane et à Diamniadio pour résoudre cette question fondamentale.

Les magistrats s’engagent à assurer une meilleure distribution de la justice

au cours de leur assemblée générale tenue samedi dernier, le président de l’Ums a affirmé sa ferme conviction que leurs aspirations seront prises en compte dans le processus de réforme des textes qui ont pour principaux objectifs d’assurer une meilleure distribution de la justice et une plus grande efficacité.

L’ouverture de l’assemblée générale de l’Union des magistrats du Sénégal était placée sous le thème : « Quel statut des magistrats pour une justice indépendante » ? Les 220 magistrats ont pris part à cette rencontre ouverte en présence du ministre de la Justice, Sidiki Kaba. Le président de l’Ums, Abdou Aziz Seck, s’est félicité du fait que depuis son arrivée à la tête du département de la justice, Me Sidiki Kaba ait fait du dialogue son credo. Cet esprit de dialogue a, selon M. Seck, permis de noter des avancées significatives.

« La décision du président de la République de baisser la fiscalité sur les salaires et d’augmenter l’indemnité de logement a permis de valoriser le traitement des magistrats », a dit M. Seck, qui s’est aussi félicité de la construction des nouveau Palais de justice de Thiès et de Kaolack, espérant que ceux de Saint-Louis et de Ziguinchor seront achevés dans un avenir très proche.

Abordant la réforme du système judiciaire, l’Ums, selon son président, a la ferme conviction que ses aspirations seront prises en compte dans le processus de réforme des textes. Celles-ci, a avancé M. Seck, ont pour principaux objectifs d’assurer une meilleure distribution de la justice et une plus grande efficacité. « C’est seulement par cette réforme que l’indépendance de la justice pourra être mesurée », a-t-il indiqué.

Au cours des derniers mois, a constaté le président de l’Ums, le ministère de la Justice a eu à procéder à la libération conditionnelle de détenus impliqués dans des affaires « qui ont défrayé la chronique ».

« Même s’il est admis que tout condamné peut bénéficier d’une libération conditionnelle qui peut conduire à désengorger les prisons, les magistrats appellent au respect scrupuleux des règles de procédures applicables en la matière », a rappelé M. Seck.

Il a, en outre, noté que l’action de l’Ums devra être orientée sur les questions d’éthique, de déontologie et de formation continue. « Les citoyens n’auront confiance en leur justice que s’ils sont convaincus que les magistrats exercent leur office dans le respect des valeurs fondamentales de la justice », a-t-il souligné. « Nous devons être déterminés à sécuriser judiciairement les activités économiques par la prise de décision clairement motivée dans des délais raisonnables », a indiqué Abdou Aziz Seck.

Il soutient que les magistrats devraient pouvoir garantir la paix sociale par la poursuite de toutes les infractions à la loi pénale, quels que soient leurs auteurs, et être déterminés à préserver les droits et libertés des citoyens en restant en toute circonstance le dernier rempart contre l’arbitraire, les abus et excès de pouvoir.

Abdou Aziz Seck a rappelé que le président de la République, leur avait octroyé des parcelles à usage d’habitation sur le site du pôle urbain de Diamniadio. Toutefois, a-t-il estimé, la décision tarde à être concrétisée, malgré de nombreuses démarches entreprises auprès du délégué général.

Le Soleil






Hebergeur d'image