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Me Wade traduit en Conseil de discipline de l’Ordre des avocats en novembre...pour avoir traité d'escrocs et de corrompus, les avocats de l'Etat


Rédigé par leral.net le Dimanche 15 Octobre 2017 à 23:10 | | 0 commentaire(s)|

Me Wade traduit en Conseil de discipline de l’Ordre des avocats en novembre...pour avoir traité d'escrocs et de corrompus, les avocats de l'Etat
 Bluff ou communication ? Le Bâtonnier de l’Ordre des avocats Mbaye Guèye a révélé ce dimanche, que l’avocat honoraire Me Abdoulaye Wade sera traduit au Conseil de discipline de l’Ordre des avocats en novembre prochain.
 
« Abdoulaye Wade a violé les règles, alors que l’avocat honoraire qu’il est soumis à la juridiction du Conseil de discipline et des règles professionnelles du barreau. Un avocat ne peut pas publiquement traiter son confrère d’escroc, qui ne fait que réclamer ses honoraires.

Ce n’est pas possible malgré tout le respect et la considération que nous devons à notre confrère Abdoulaye Wade, il ne peut pas s’exprimer de cette façon. Aujourd’hui après sa sortie, les avocats de l’Etat m’ont saisi et demandé que notre loi s’applique et Me Wade sera traduit en novembre prochain, à la rentrée au Conseil de discipline de l’Ordre des avocats
 », a déclaré ce dimanche Me Mbaye Guèye.

 
L’émission Grand Jury de la RFM recevait ce dimanche à 11heures, Me Mbaye Guèye, bâtonnier de l'Ordre des avocats du Sénégal et membre de la Conférence des barreaux de l'espace Uemoa et de l'espace Ohada.
 
L’avocat a abordé, entre autres sujets, la justice sénégalaise à l'heure des réformes, la relation entre avocats et magistrats, les honoraires des avocats de l'Etat dans le cadre de la traque aux biens mal acquis, l'engorgement des prisons et les longues détentions préventives, la nouvelle polémique sur la limitation des mandats du président de la République, etc.
 
Massène DIOP Leral.net
 
Leral.net vous propose à nouveau la sortie de Me Wade qui a fâché les avocats de l’Etat in extenso :
 
Haro sur les avocats (Par Me Abdoulaye Wade)
 
Vraiment c’est le monde à l’envers. Les avocats de l’Etat dans l’affaire Karim Wade, réclameraient 2% de 60 milliards de F. CFA qu’ils auraient gagnés pour l’Etat, sur les 694 milliards promis, en exécution d’une convention d’honoraires signée par les deux parties. 
  
Ils font penser à ce chasseur connu dans son village pour sa maladresse qui, un jour, revient de la chasse qu’il avait annoncée à cor et à cris, en poussant devant lui la chèvre du voisin pour faire croire qu’il ramenait une biche ! 
  
Macky Sall, au lieu de leur verser les deniers publics, opération qui engagerait sa responsabilité personnelle, devrait, plutôt, les faire renvoyer en correctionnelle pour tentative d’escroquerie et les poursuive également, pour enrichissement illicite pour les provisions perçues. 
  
D’abord les avocats de l’Etat n’ont jamais rien gagné puisque le gain allégué concerne des biens concrets appartenant à d’autres personnes, dont la propriété a été imputée arbitrairement à Karim Wade et non du numéraire récupéré comme promis. De plus, ces biens seront, tôt ou tard, rendus à leurs propriétaires légitimes puisque les procès contre l’Etat du Sénégal se poursuivent à l’Etranger et qu’au finish, ces innocents auront tous gain de cause, feront condamner l’Etat du Sénégal à de très, très, très lourds dommages et intérêts qui seront payés, d’une manière ou d’une autre, par les contribuables sénégalais, c’est-à-dire vous et moi. 
  
Au Sénégal, ces avocats n’ont eu rien à faire puisque c’est la CREI, Cour d’exception spécialement et exclusivement réactivée pour juger Karim Wade, et son Procureur Spécial, qui ont fait le travail pour l’Etat. 
  
A l’Etranger ils ont perdu toutes les causes de l’Etat, deux fois à Genève devant les Nations-Unies qui ont déclaré la détention de Karim Wade, arbitraire. Ils n’ont même pas été capables de déposer à temps leurs conclusions, essuyant l’irrecevabilité, ce qui est une grave faute professionnelle. 
  
Ensuite, ils ont fait preuve d’une grande médiocrité, parce qu’ils ont cru se trouver au Sénégal, où l’argument d’un avocat de l’Etat peut se ramener à proférer des injures contre l’adversaire. 
  
A l’étranger, ces avocats ont commis ce qu’on pourrait appeler une erreur de barres : ils se sont trompés de tribunal. A Paris, les avocats de l’Etat ont été, également, humiliés à deux reprises, par la justice française qui a innocenté Karim Wade. 
  
Une première fois devant les magistrats du pôle financier de Paris, qui ont en charge les affaires de biens mal acquis des Chefs d’Etat et de leurs familles. En effet, la plainte pour biens mal acquis des avocats de l’Etat contre Karim Wade qui visait 15 délits a été, après une enquête planétaire, classée sans suite par la justice française. 
  
Les délits visés comme extraits de tous les codes pénaux du monde étaient : 
Recel de détournement de fonds publics ; 
Recel d’abus de biens sociaux ; 
Recel d’abus de confiance ; 
Recel de corruption ; 
Corruption d’agents publics et de personnes privées ; 
Blanchiment aggravé, commis en bande organisée, du produit d’infractions pénales, notamment de détournement de fonds publics, d’abus de biens sociaux, de corruption et d’abus de confiance ; 
Recel de produit de blanchiment ; 
Complicité d’un ou plusieurs de ces délits. 

C’est donc la montagne qui a accouché d’une souris. 

 2 
La deuxième humiliation est celle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Les avocats de l’Etat qui se croyaient intouchables parce que parés de leur robe noire au charme désuet, qui leur donne un air de revenants dans le contexte du monde moderne, furent fermement éloignés du prétoire ; sur quoi, tels des charognards en quête fébrile d’une dépouille, ils s’en sont allés à la queue leu leu, se regrouper, groggy, au fond de la salle d’audience où ils faisaient plutôt pitié à voir ! 
  
Après quoi le Tribunal a retrouvé sa sérénité et a rejeté la demande de confiscation des biens de Karim Wade présentée laborieusement par l’Etat. Plus grave, ces avocats savaient, dès le départ, qu’il n’y avait pas d’argent à récupérer sur Karim Wade, dont aucun d’entre eux ne doutait en réalité, de l’innocence. En dépit des dizaines et des dizaines de missions internationales d’enquête et de commissions rogatoires, pas un euro appartenant à Karim Wade n’a été trouvé nulle part ! 
  
Les avocats de l’Etat ont, cependant, continué à faire croire à Macky Sall qu’ils allaient pouvoir faire rapatrier plus d’un milliard d’Euros, 694 milliards CFA cachés ‘’en France, aux Etats-Unis ou ailleurs’’, pour lui permettre de respecter ses présidentielles promesses cent fois faites au peuple sénégalais et cent fois non honorées. Alors qu’ils devraient plutôt avoir le profil bas, rester discrets ou, mieux, se cacher. 
  
Premier élément du délit de tentative d’escroquerie : les manœuvres pour faire croire à un gain sont là et ne peuvent être contestées. 
  

Je connais des barreaux où des avocats coupables de tels faits feraient d’abord l’objet de sanctions disciplinaires, qui leur ouvriraient la voie royale du tribunal correctionnel. 
  
Deuxième élément, l’élément intellectuel du délit, la tentative flagrante de s’emparer, par ces manœuvres, des fonds publics qui a eu un commencement d’exécution. 

Personne ne devrait rien payer à ces avocats et, s’ils persistent, il conviendrait plutôt de saisir le parquet pour ‘’tentative d’escroquerie’’. 
Si Macky Sall persiste à vouloir leur donner quelque 750 millions F.CFA, chacun, comme cela se dit, les citoyens devraient signer des pétitions et organiser des marches de protestation, pour empêcher que les deniers publics qui auraient pu permettre de payer les salaires des enseignants et des professeurs d’université qui, eux, ont déjà fait leur travail mais ne sont pas payés et, de ce fait, sont poussés à aller en grève, issue qui exposerait gravement l’avenir de nos enfants ! 
  
Haro sur les avocats qui, après avoir perdu sur tous les champs de bataille du monde, reviennent aujourd’hui, toute honte bue et sans vergogne, réclamer à leur pays classé parmi les plus pauvres, une rémunération en milliards, ce qui n’est, en vérité, qu’une tentative d’escroquerie. 

  
Abdoulaye Wade 
Ancien Avocat 
Membre de l’Académie Internationale de Droit Comparé.