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Méli-mélodrame après le tweet de Valérie Trierweiler

le 12 Juin 2012 à 15:25 | Lu 693 fois

En soutenant le dissident PS qui met en difficulté Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle, la compagne de François Hollande a déclenché la tempête.


Méli-mélodrame après le tweet de Valérie Trierweiler
Ah la passion. 22 mots, moins de 140 signes. Le tweet est lâché, il est 11h56. Un geste irrépressible? Irraisonné?

Voilà le message envoyé sur Twitter par Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande. «L'atout cœur» a parlé avec le sien, apparemment. Celle qui ne veut pas être une «première dame», et souhaite rester journaliste s'est emmêlée les pinceaux en envoyant un message de soutien clair et massif au rival de Ségolène Royal, l'ancienne compagne de François Hollande, en ballottage dans la 1re circonscription de Charente-Maritime. Quand le chef de l'Etat a, lui, signé son encouragement à la candidate et mère de ses quatre enfants dans sa profession de foi. Méli-mélo drame.

Quand le tweet arrive sur les écrans, il interrompt les conversations à la rédaction de Libé. «Tu as vu ça?». «C'est pas elle», jure un journaliste politique. Qui envoie dans la minute une demande de confirmation.

En attendant, les hypothèses pleuvent. Sur Twitter, les entomologistes se manifestent. Certains s'improvisent graphologues. Vincent Glad, du Grand Journal de Canal +, signale «ce petit souci avec le d'», écrit avec un espace superflu qui, à ses yeux, vaut signature.

Venue à La Rochelle soutenir Royal, la « seule candidate de la majorité présidentielle soutenue par tous les partis de la gauche», Martine Aubry, sollicitée par les médias, n'y croit pas et répète aux micros qui se tendent: «Ce n'est pas vrai».

Dans l'entourage de François Hollande, on croise les doigts en espérant un «piratage» du compte Twitter de «valtrier». Las. A 12h40, une dépêche tombe, classée en «bulletin» (encore plus urgent qu'un «urgent»): «Trierweiler confirme à l’AFP son encouragement à l’opposant de Royal».

Sur le port de La Rochelle, sorte de nouvelle Croisette, Olivier Falorni fanfaronne: «C’est un beau message d’amitié, de soutien personnel, ça fait évidemment plaisir dans un contexte où je subis beaucoup de coups, beaucoup d’attaques injustes». Ségolène Royal, elle, ne veut pas faire de commentaires. Mais l'un de ses lieutenants Jean-Louis Bianco s'énerve: «On a élu François Hollande, pas Valérie Trierweiler: de quoi se mêle-t-elle»?

C'est à peu près à ce moment-là que l'humoriste Sophia Aram propose «une médiation familiale». Pendant ce temps, François Hollande, qui avait promis de ne pas mélanger le privé et le public, comme Nicolas Sarkozy, fait un discours au Conseil économique, social et environnemental sur la croissance. Un journaliste du Figaro sent l'«embarras des ministres» à propos du tweet.

La droite se frotte les mains: «La "République exemplaire" cède le pas à la mauvaise chronique people. Ce matin, la présidence "normale" est définitivement morte. Désormais, c’est "Dallas" à l’Elysée!», a explosé l'UMP Geoffroy Didier.

En avril, Valérie Trierweiler déclarait à Femme actuelle: «François me fait totalement confiance, sauf pour mes tweets.»

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