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Menaces sur le secteur de la santé et de l’action sociale

Les nouvelles orientations mises en œuvre par la classe politico-administrative aux commandes de notre Etat depuis plusieurs décennies et connue pour sa remarquable capacité d’adaptation, sont en train de réduire la base sociale du pouvoir néolibéral, en l’isolant des couches moyennes, dont on connaît le poids décisif dans nos pays. Il en est ainsi des fonctionnaires que les nouveaux tenants du pouvoir considèrent comme des privilégiés.


Rédigé par leral.net le Lundi 23 Novembre 2015 à 10:10 | | 1 commentaire(s)|

Parmi ceux-ci, les professionnels de la Santé sont le plus à plaindre. Il y a, d’abord, que leur Ministère caractérisé par la modicité de son budget et l’insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières dispose d’une étroite marge de manœuvre. Il subit, en effet, les exigences des partenaires techniques et financiers dont les préoccupations ne recoupent pas forcément nos priorités nationales et continue de faire profil bas devant les tentatives d’intrusion intempestive de collectivités locales impréparées (sur les plans financier, matériel et technique) dans la gestion des structures opérationnelles.

L’autre aspect à prendre en compte est la faiblesse des revenus des agents de santé par rapport non seulement à leur volume de travail mais aussi par rapport aux autres fonctionnaires. Cela conduit à des dérives regrettables (travail noir, course aux perdiems, indemnités, primes et motivations), qui placent le système sanitaire dans un état de vulnérabilité certaine par rapport aux partenaires, empêchant la durabilité et la pérennisation d’une politique sanitaire au service des masses populaires.

Il était attendu de la deuxième Alternance une réhabilitation du système socio-sanitaire et une revalorisation de la fonction médico-pharmaceutique et paramédicale.

Il est évident, au vu des derniers événements, que ces résultats sont loin d’être atteints.
Les syndicats du secteur de la Santé et de l’Action sociale ruent dans les brancards, accusant le gouvernement de non-respect d’accords dûment signés.

En août dernier, le SUTSAS, qui avait accepté deux mois auparavant, d’observer une trêve grâce à la médiation d’une délégation de parlementaires et d’un Ministre-Conseiller, fait un bilan mitigé des négociations avec le gouvernement, et dépose un nouveau préavis de grève de six mois couvrant la période du 25 septembre 2015 au 23 mars 2016. Les récentes sorties du secrétaire général de ce syndicat sur le non-paiement des heures supplémentaires et les menaces de coupure de l’électricité dans les grands hôpitaux ne militent pas en faveur d’un apaisement.

Ces derniers temps, le SAMES – que personne ne peut soupçonner d’hostilité vis-à-vis de son ministre de tutelle - a sorti, lui aussi, un communiqué virulent à l’endroit du gouvernement sénégalais. Se plaignant de la rupture de la continuité du service public de santé à cause de coupures d'électricité enregistrées dans les structures sanitaires, il indexe les collectivités locales qui refusent d’honorer les factures d'électricité. Il se déclare prêt à dérouler un nouveau plan d'action tout en dénonçant le comportement irresponsable du gouvernement, qui a montré ses limites à rétablir la justice dans le traitement des médecins par rapport aux fonctionnaires de la hiérarchie A.

Le FGTS, solidaire des travailleurs du centre de santé Nabil Choucair sans salaire pendant trois mois, préconise la révision de l’Acte 3 de la décentralisation et le retour des travailleurs municipaux à la Ville de Dakar, au vu des difficultés rencontrées par les communes à prendre en charge la masse salariale des agents de santé qui leur sont affectés.

Les travailleurs sociaux sont en train de chercher les voies et moyens pour mettre sur pied une organisation forte, en vue de faire face à la longue politique de ghettoïsation qu’ils continuent de subir, malgré leur rattachement au Ministère en charge de la Santé.

Le mode autoritaire de gestion des pouvoirs central et décentralisé -qui n’épargne même plus les mendiants handicapés- est en train de "radicaliser" plusieurs segments de la société, favorisant une hausse déjà perceptible du taux de criminalité et pouvant s’avérer désastreux en ces temps où une psychose sécuritaire s’installe sur tous les continents.

Les travailleurs de la Santé et de l’Action sociale, devraient, quant à eux, s’engager dans une unité d’action pour la satisfaction de leurs revendications les plus pressantes et la rectification de la politique sanitaire sous-tendue par une kyrielle de motivations extra-sanitaires allant des objectifs propres aux partenaires techniques et financiers aux préoccupations politiciennes et/ou électoralistes d’autorités politiques des pouvoirs central et décentralisé.

Une grave crise menace donc le système socio-sanitaire sénégalais. Si on y ajoute le fait que des centaines d’acteurs du secteur informel sont en train d’être jetés dans la précarité, la pauvreté et même l’exclusion, annihilant ainsi les timides initiatives faites dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, comme les bourses de sécurité familiale, la couverture maladie universelle, la carte d’égalité des chances…etc., on peut dire que tous les ingrédients d’une situation explosive sont en train d’être réunies.

A bon entendeur, salut !

NIOXOR TINE






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