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Mes mots sur les maux de la société sénégalaise: Biopsie des tumeurs du système de santé au Sénégal


Rédigé par leral.net le Lundi 25 Mai 2015 à 22:48 | | 9 commentaire(s)|

Mes mots sur les maux de la société sénégalaise: Biopsie des tumeurs du système de santé au Sénégal
Mon passage dans le système sanitaire es qualité de technicien spécialiste responsable d'unité de soins, de consultation, de diagnostic, de chirurgie, parfois dans les hautes sphères du système de santé en tant que coordinateur médical chargé de missions ministérielles, m'a ouvert les yeux sur mes collègues, mes amis qui revêtent la blouse blanche et sur le système sanitaire au Sénégal.

Oui, je n'en pouvais plus ; il fallait que je sorte de ce système où le plus brillant des professeurs, pouvait se transformer en un rien de temps, en un marchand ambulant sorti des méandres de Colobane.

Oui, je le dis bien, les cancers du système de santé sénégalais, ce sont les acteurs qui gravitent autour de l’hôpital. En effet l'hôpital est pourri, c'est un système corrompu qui dès que vous posez le pied dans ses limites, commence à vous sucer comme une sangsue. Du vigile, passant par les hôtesses d'accueil, le personnel paramédical, les médecins, les internes, les maîtres assistants, les professeurs chefs de service, ils ont tous leurs propres commerces, leurs mécanismes occultes d’accaparement de richesse, logés au sein de l'hôpital de la république. Ils ont transformé la maison d'Hippocrate en un centre commercial Touba Sandaga.

Comment pouvez-vous accepter que des professeurs et maitres assistants qui ont droit à un après midi de consultation privée, reçoivent tous les jours des patients en privé ? En plus de cela, ils ont tous des cliniques privées, interviennent tous dans des cliniques autres que les siennes et dans des hôpitaux parapubliques ; Ils sont confrontés de façon récurrente à la « transhumance médicale » ! Sacré Sénégal !

Comment pouvez-vous accepter, dans tous les services hospitaliers du Sénégal que les chefs de service ouvrent des boutiques de consommables qu’ils vendent en doublant le prix, dès fois même en le triplant, pire il arrive parfois qu’ils surfacturent un consommable opératoire, qu’ils partagent à plusieurs patients lors des interventions chirurgicales. Allez voir ce qui se passe dans les services d’orthopédie traumatologie de l’hôpital Aristide Le Dantec ou de l’hôpital Grand Yoff, les maitres assistants et les chefs de service ont la main mise sur tout ce qui est l’achat et la vente de prothèses de hanche, de genoux ou d’épaule. Allez pointer un regard sur les prothèses valvulaires cardiaques de la chirurgie cardiovasculaire de l’hôpital Fann vendu par le Professeur Mamadou Ndiaye et leurs coûts exorbitants. Allez jeter un coup d’œil sur le système de facturation parallèle des services d’ophtalmologie et de diabétologie de l’hôpital Abass Ndao, vous payez et à la caisse centrale et au niveau des secrétaires des chefs de service, en contre partie de factures bidon sans entête aucune base juridique, qu’on retrouve dans le commerce informel.

Oui, je le dis bien ces blouses blanches sont entrain de piller le système de santé sénégalais. Au lieu de retourner à l’université, enseigner, former, encadrer, aider à la formulation des questions de recherche opérationnelle, impulser la recherche fondamentale afin d’apporter la participation sénégalaise à l’évolution de l’humanité, ces pirates « agrégés » de l’hôpital de la république bardés de diplôme et de références préfèrent se calfeutrer dans leur service et actionner le processus d’appauvrissement continu des enfants de la nation ; la dualité qui opposait en 2011 le directeur de l’hôpital Le Dantec au Professeur Niang de la radiologie d’antan en est une parfaite illustration.

Oui, je le répète ils sont entrain d’appauvrir le sénégalais, de voler la nation et de désorganiser le système de soins. Ils tuent l’efficacité et l’efficience de nos hôpitaux le cas échéant la prise en charge sanitaire de nos frères, sœurs et parents.

Oui, je le dis bien la dette hospitalière qui constitue le bras séculier de la distorsion de notre système de santé est la résultante des malversations de cette bande de pilleurs « agrégés ». Arrêtez de voler le service publique, l’hôpital est un bien publique qui appartient à tous les sénégalais. Vous êtes entrain d’insulter la mémoire des médecins pionniers précurseurs de la médecine moderne en Afrique noire, vous êtes entrain d’insulter l’intelligence du corpus hippocratique, principe de valeurs, d’éthique et de morale.

L’émergence n’est pas qu’une idéologie et ne se décrète pas du jour au lendemain. Pour un Sénégal émergent il faut poser les fondements pour activer l’émergence ; une préparation psychologique, un environnement favorable et une aptitude des sénégalais à l’émergence. Et dans cette grande révolution chaque sénégalais constitue un maillon incontournable pour l’atteinte des objectifs fixés. Donc chaque sénégalais où qu’il soit, quelque soit sa catégorie socioprofessionnelle doit montrer l’exemple et représenter une référence favorisante pour ses amis, ses confrère, ses collègues, ses pairs, etc.

Tonton Pape
Diplomé d’Etat en Ophtalmologie
Diplômé de 3ème cycle
en Sciences Humaines et Sociales,
Diplômé en 3ème cycle en Santé Publique
Chercheur à l'Académie de Lyon 1
Université Claude Bernard








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