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Michelle Obama enflamme les démocrates à Charlotte

le 6 Septembre 2012 à 15:18 | Lu 502 fois

VIDÉOS - La première dame américaine a prononcé mardi un discours enflammé à la gloire de son mari, sans se priver d'adresser quelques piques au républicain Mitt Romney.


Michelle Obama enflamme les démocrates à Charlotte
De notre envoyée spéciale à Charlotte (Caroline du Nord, États-Unis)

Mardi, dans une véritable ode amoureuse à son mari, Michelle Obama a voulu convaincre l'Amérique des gens simples que Barack Obama restait leur meilleur espoir et leur meilleur rempart, parce qu'il est resté comme eux. «Je ne pensais pas ce que c'était possible, mais aujourd'hui, j'aime mon mari encore plus qu'il y a quatre ans. Encore plus qu'il y a vingt-trois ans quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, a lancé la première dame des États-Unis tandis que la foule des délégués enthousiastes l'acclamait longuement. J'aime le fait qu'il n'a jamais oublié comment il avait commencé. J'aime le fait que nous pouvons faire confiance à Barack pour faire ce qu'il a dit qu'il ferait, même quand c'est difficile.» Dans les heures les plus noires, «il ne se laisse pas dérouter, il continue d'avancer… il me rappelle que nous jouons une longue partie, que cela prend du temps; mais qu'on finit toujours par y arriver», a-t-elle poursuivi de sa voix chaude et persuasive, racontant les longues soirées passées par son mari, «courbé sur sa table», à lire les lettres de ses concitoyens. «Il me dit: écoute ça, c'est incroyable ce que ces gens traversent, c'est pour cela que nous devons nous battre.»

Les origines modestes du couple présidentiel
Énumérant les différentes politiques qu'il s'était acharné à mettre en place pendant son mandat - des baisses d'impôts pour les classes moyennes à la réforme de la santé, en passant par la baisse des taux d'intérêt des prêts étudiants -, elle a décrit un homme courageux aux convictions inaltérables, cherchant toujours à faire «ce qui est juste» plutôt que ce qui est facile. «Être président ne vous change pas, cela révèle qui vous êtes vraiment», a dit Michelle Obama face à l'arène où étaient rassemblés des dizaines de milliers de délégués et d'activistes en liesse, dont de nombreux Afro-Américains. «Quatre ans de plus, quatre ans de plus», scandaient-ils pour ponctuer ses paroles.



Comme il y a quatre ans à Denver, Michelle est revenue sur le milieu simple mais structuré par de solides valeurs d'effort et de partage dans lequel Barack et elle-même avaient grandi, expliquant que l'argent n'y avait pas grande importance. Elle a redonné maints détails sur la simplicité de leur vie d'avant la présidence, évoquant la vieille voiture, avec un trou dans la carrosserie, dans laquelle Barack venait toujours la chercher au travail, même après son élection au poste de sénateur de l'Illinois… Cette insistance sur leurs origines modestes visait à introduire implicitement un contraste frappant avec le candidat Mitt Romney, multimillionnaire grandi dans l'aisance. Le président «croit que quand vous avez travaillé dur et réussi à passer la porte des possibles vous ne devez pas la claquer derrière vous», a dit Michelle, là encore une référence claire aux plans d'amaigrissement de l'État et de réduction de la protection sociale prônés par les républicains.

Des charges contre Romney
Ce thème de la main tendue à ceux qui ont besoin d'aide a été le fil d'une soirée destinée à dépeindre Mitt Romney comme le candidat des riches, totalement déconnecté des souffrances populaires. «S'il était le Père Noël, Romney limogerait les rennes et délocaliserait les lutins», a ironisé l'ancien gouverneur démocrate de l'Ohio Ted Strickland. Invité d'honneur et véritable sensation de la soirée, le maire de San Antonio Julian Castro a décliné à sa manière le même thème de la solidarité nécessaire au bien de la société: «Comme beaucoup d'entre vous, j'ai regardé la convention républicaine de la semaine dernière et ils ont raconté plusieurs histoires de succès individuel. Nous sommes tous pour le succès individuel. Mais la question est de savoir comme le démultiplier. La réponse est Barack Obama», a-t-il dit.

À la sortie de la soirée, tous les délégués vantaient Castro, brillant, drôle, en prise avec la foule. Mais ils avaient surtout envie de parler de Michelle, «fabuleuse» et qu'ils «adorent». «On aime la famille Obama. Le fait qu'elle et Barack parlent comme nous, pensent la même chose que nous, c'est très fort», a lancé un jeune délégué du Nevada, qui s'est dit «remonté à bloc» pour la grande bataille de novembre.

Le discours de Michelle Obama en intégralité