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Momar Seyni Ndiaye : « Karim Wade est passé de victime à coupable »


Rédigé par leral.net le Jeudi 30 Juin 2016 à 13:51 | | 38 commentaire(s)|

A en entendre Momar Seyni Ndiaye, l'avenir politique Karim Wade est presque incertaine. De l’avis du journaliste formateur, interrogé par "Sud Quotidien", le fils de l’ancien chef de l’Etat et non moins candidat déclaré du Pds doit se défaire d’abord de "4 contraintes majeures" pour prétendre à une place confortable sous le soleil de l’opposition. Il explique : "Il n’a pas été amnistié, mais gracié. Donc, sa première contrainte est son statut politique et civique qui n’est pas totalement réglé, malgré la grâce. Beaucoup de juristes conviennent avec moi que, si on regarde bien le Code électoral, Karim Wade n’est pas à mesure d’être ni électeur ni éligible. Il y a d’autres hypothèques qui pèsent sur lui. L’une de ses hypothèques, c’est qu’il est obligé de se conformer au remboursement de la dette. Sinon, il risquerait de subir ce qu’on appelle une contrainte de corps, c'est-à-dire on l’obligerait à payer l’amende au risque de le remettre en prison. Ce sont des choses qu’il aura beaucoup de mal à contourner pour pouvoir exercer des activités politiques.

La deuxième chose porte sur son parti politique. Aujourd’hui, le Parti démocratique sénégalais est en lambeau. De quel Pds Karim Wade va hériter ? Est-ce que c’est le Pds qui est en train de négocier avec le Président Macky Sall, pour éventuellement intégrer le gouvernement, ou c’est une faction du Pds qui serait là et qui n’accepterait pas de rejoindre Macky Sall ? Le reste est déjà parti, parce qu’il y a au moins 8 partis qui sont sortis des cendres du Pds et qui n’ont aucune relation avec le Pds et Karim Wade. Il s’agit, entre autres, des personnalités comme Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye, Pape Diop, pour ne citer que celles-là. Je les vois mal se retrouver derrière le fils de l’ancien Président Wade pour en accepter le leadership. La plupart de ces leaders ne l’avaient pas tellement accepté quand ils étaient au pouvoir avec lui, je les vois difficilement l’admettre, maintenant qu’il n’est plus au pouvoir.

Il y a aussi le troisième point qui porte sur la configuration de l’opposition sénégalaise. Karim Wade ne vient pas dans un terrain vide. Il faut noter que la barque de l’opposition est déjà occupée par des coalitions et personnalités qui ne céderont pas facilement la place à Karim Wade. Comment va-t-il faire pour venir, du jour au lendemain, s’imposer comme un leader de l’opposition alors que sur le terrain politique nous avons de fortes personnalités comme Idrissa Seck et certaines qui relèvent de ce que j’appelle « la nouvelle opposition » ? C'est-à-dire Abdoul Mbaye, Cheikh Tidiane Gadio, Mamadou Lamine Diallo, Ousmane Sonko, El Hadji Ibrahima Sall, entre autres. Il y a dans l’opposition beaucoup de responsables qui ont aujourd’hui plus de légitimité politique, parce qu’ils sont là depuis déjà longtemps et qu’ils sont dans les conditions qui leur permettent de revendiquer leur leadership politique beaucoup plus que Karim Wade.

J’ajouterais simplement une quatrième contrainte qui est l’image qui découlera de Karim Wade, quand tout sera connu sur les conditions de sa libération. S’il s’avère qu’il a été partie prenante de transactions obscures, évidemment son image se dégraderait. En attendant, l’histoire n’est qu’à son début. Il faudra attendre probablement quelque temps, quelques mois, voire quelques années, pour qu’on puisse faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles Karim Wade a été libéré et pour qu’on puisse dire s’il mérite la confiance des Sénégalais pour diriger une opposition crédible et s’opposer à Macky Sall.

Pour conclure sur ce point, je peux dire que Karim Wade est passé de victime à coupable. Il a été victime de machination politique, et aujourd’hui soupçonné coupable, peut être au cœur d’une transaction pour le moins obscure".







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