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Mon intime conviction ! (Mansour Ndiaye, Udr/dooley Yaakaar)


Rédigé par leral.net le Dimanche 17 Janvier 2016 à 22:50 | | 0 commentaire(s)|

« Tous, à des degrés divers et à des moments précis, avons été responsables et même coupables parce que tous, nous nous sommes retrouvés, de gré ou de force, consciemment ou inconsciemment dans les différents camps qui ont accéléré notre chute ».

I/ Un constat douloureux

Les discours officiels nous disent devant micros et cameras que le Sénégal vient de loin, même de très loin ; mais ces mêmes discours ne nous disent pas surtout qu’il va aussi très loin. Pris dans les tourments des tempêtes et des sables mouvants, notre pays, dans sa marche boiteuse vers le SENEGAL EMERGENT, s’est traumatisé lui-même et s’est laissé aussi traumatisé. Tous, qu’on l’ait voulu ou pas en portons encore et douloureusement les stigmates, visibles ou discrets dans notre corps et psychè. Une véritable folie meurtrière s’est subitement emparée, sans vergogne, des politiciens. Tous, nous avons été pris dans la tourmente « mackyste ». Politiciens, religieux, intellectuels, analphabètes…tous ont reçu leur dose quoique à des degrés divers. Grisés par nos intérêts que nous voulions protéger vaille que vaille, contre vents et marées, nous fonçons, à moins qu’on se ressaisisse, tels des taureaux de colisée, têtes lourdement baissées vers notre propre apocalypse. Toutefois, les prières, les discours, les prédications, les avertissements de quelques uns nous signalent encore l’imminence du drame. En 2012, lorsqu’il fallait combattre le régime en place, il y avait des objectifs à atteindre. Et il fallait y aller malgré tout. Et nous y sommes allés à qui mieux mieux : qui avec des discours politiciens ou diplomatiques enflammés, qui avec son stylo de journaliste, qui avec sa caméra de reporter, …

Nous venons vraiment de loin. Beaucoup, notamment les analystes futés de nos malheurs de pauvres ont même fixé dans le temps le point de départ de notre vertigineuse chute qui est le fruit des accumulations de nos faiblesses, devant la soif du fauteuil présidentiel, qui nous mènent aujourd’hui dans le gouffre. Depuis vingt ans, nous avons tout laissé faire et nous avons travaillé à notre propre misère : des jeunes gens ont pu se permettre de traiter de voleur notre patriarche et nous avons applaudi, oubliant que les malheurs du jeune commencent dès lors qu’il ne respecte plus les Anciens. Quelqu’un a voulu tripatouiller notre constitution, il s’est trouvé des personnes qui l’ont encouragé et soutenu dans cette aventure dangereuse. Un homme est arrivé au pouvoir, avec une forte coalition, nous nous sommes tous réjouis. Toutes les caméras du pays ont été réquisitionnées et promenées dans les rues pour nous filmer en train de se trémousser en se moquant joyeusement du perdant. Nous avons applaudi, béni ciel et terre, chanté la gloire de Dieu parce qu’il est parti.

II/Manquement grave aux valeurs morales et éthiques

Nous payons cash aujourd’hui toutes les faiblesses que nous avons accumulées dans la gestion quotidienne de notre pays. Ici (dans le champ politique), la morale et l’éthique n’ont plus aucune valeur. Plus grave, la nouvelle génération ne compte même plus de modèles d’hommes politiques sur qui elle peut s’appuyer pour grandir et avancer sainement vers son avenir et celui de notre pays. Ceux qui devraient servir de modèles sont étouffés et bafoués, insultés et méprisés sur la place publique, négligés, hués. Les politiques qui devraient servir de modèles sont eux-mêmes qui incarnent des contres valeurs : donnant du coup l’occasion aux jeunes de leur discréditer ; ce sont eux les anti-valeurs et anti-modèles que notre pays revendique, exhibe et promeut. Aujourd’hui, dans notre Sénégal, ceux qui ont pion sur rue sont les vauriens, les chenapans, les galopins, les minus habens qui à la place du cerveau bandent leurs forces physiques et font tonner les insultes. Ce sont eux qui dirigent, conduisent, orientent les Sénégalais. Ce sont eux qui prétendent fabriquer l’avenir des Sénégalais. Ce sont eux toujours qui font le boucan dans les rues, donnent des interviews pompeux dans les journaux, à la télévision et que les petits et les jeunes écoutent et regardent. Beaucoup d’ailleurs en ont fait leurs « modèles » et tentent de les imiter à la perfection. Ils vivent en bourgeois compradors et parrainent toutes les cérémonies, même les cérémonies religieuses dans nos églises, temples et mosquées. Et ils sont/seront premiers ministres, ministres, directeurs généraux… Ils sont/seront des « com zones ».

Aujourd’hui, dans notre pays, nous avons réussi l’exploit d’enseigner à nos enfants que pour réussir, il faut être Lutteur-Musicien-Danseur, le LMD à la sénégalaise. Au nom de cela, tous les intellectuels de notre pays sont aujourd’hui mis sous l’éteignoir, méprisés et négligés, même emprisonnés. Comment comprendre qu’un pays qui a passé cinquante ans à former les plus illustres cadres africains, les mieux côtés sur le marché du savoir et de l’intelligence dans la sous région soit dirigé par des incompétents dont la plupart n’ont aucun savoir et diplôme secondaire et universitaire ? Cela est une insulte grave à notre bon sens, à notre science et à notre intelligence. Il est inadmissible de penser et d’accepter cela. Comme il est tout aussi inadmissible d’accepter que nos universités soient en ce moment en crise.

III/ Enjeu actuel urgent : restructurer la société sénégalaise


Notre crise de pauvres a sa source profonde dans cette situation calamiteuse que nous-mêmes avons voulue et créée de toute pièce. Nous avons suscité notre propre décadence et ruine. Les valeurs morales et éthiques n’ont plus aucun sens pour nous et sont d’ailleurs en perte de vitesse, méprisées par tous, les religieux y compris. Il y a donc une crise morale et éthique dans notre société sénégalaise d’aujourd’hui noyée dans la tourmente. Ignorer cela, c’est creuser d’avantage le gouffre qui nous anéantira tous. Il nous faut restructurer la société sénégalaise, lui donner des balises et cadres morales et éthiques vraies et solides en promouvant les vrais modèles de réussite sociale et d’intelligence. En effet, contrairement à ce qu’on pense et écrit à longueur de journée, notre problème n’est pas seulement que politique. Il est surtout d’ordre moral et éthique. Des contre-valeurs les ont submergées. Il nous faut donc les anéantir et surévaluer nos valeurs morales et éthiques. C’est un enjeu actuel et urgent. Notre survie en dépend. Tous, enfants, jeunes et adultes devrons nous imprégner de ces valeurs qui orientent et caractérisent les peuples civilisés et les sociétés développées. Comprendre cela, c’est nous laisser formater par ces valeurs qui constituent pour nous aujourd’hui les voies royales de notre salut. Le danger ici est de croire qu’il y a un camp de démons qui est la cause unique de nos déboires et malheurs et un camp d’anges victimes de ces déboires. Or l’analyse méticuleuse de notre crise de pauvres nous montre clairement que tous, à des degrés divers et à des moments précis, avons été responsables et même coupables parce que tous, nous nous sommes retrouvés, de gré ou de force, consciemment ou inconsciemment dans les différents camps qui ont accéléré notre chute. Certes, il y a de vrais et grands responsables. Mais les autres n’en sont pas moins responsables. C’est pourquoi, la rhétorique de l’impur et du pur doit être dépassée pour assumer nos responsabilités et se projeter dynamiquement dans l’avenir.

M. Mansour NDIAYE,
Expert financier
Président Union pour la Démocratie et la Réforme
UDR/DOOLEY YAAKAAR
Mansour.ndiaye@gmail.com








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