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Mon pays va mal (Par Fatou M. Diouf)

Je ne sais par où commencer mon discours. Tellement, la situation du Sénégal est inquiétante voire alarmante. Mon pays va très mal et souffre dans tous les secteurs. Si ce n’est pas l’Education qui est en pleine faillite; c’est la Santé et l’Agriculture… Où va une nation dont ses fils ne sont pas bien formés encore moins bien soignés et ne mangent pas à leur faim ? Cette situation devrait être dépassée et nous ne devrions pas être à cette heure à parler d’autosuffisance alimentaire encore moins de chômage et de pauvreté.


Rédigé par leral.net le Lundi 30 Décembre 2013 à 19:07 | | 0 commentaire(s)|

Mon pays va mal (Par Fatou M. Diouf)

Depuis des décennies, combien d’organisations non gouvernementales sont intervenues dans le monde rural pour son développement ? On ne saurait les compter du moment qu’elles ont été tellement nombreuses et continuent de marquer leur empreinte mais jusqu’à présent les résultats escomptés n’ont pas encore vu le jour. Certains bailleurs se sont même retirés par lassitude, mécontentement de l’attitude et du comportement de nos dirigeants qui n’aiment pas leur patrie mais sont plutôt motivés par leur réussite sociale. En d’autres termes, l’adage de notre cher Président la patrie avant le parti s’est-il transformée à l’inverse le parti avant la patrie ? En effet, les fonds injectés dans notre pays sont détournés au plus haut sommet de leurs objectifs. Ces derniers préfèrent s’enrichir au lieu de s’occuper de l’intérêt général. Depuis que l’intérêt individuel prime sur l’intérêt général, le Sénégal est confronté à beaucoup de difficultés sur tous les plans. Si on ne change pas nos visions, mentalités et surtout le modèle de politique, le bateau va chavirer en emportant tout le monde.

Par ailleurs, le Sénégal est une nation qui a été exemplaire depuis son indépendance sur le plan éducatif en produisant des élites intellectuels compétents qui ont de l’éthique et ont toujours été au chevet de leur pays. Le sénégalais faisait la fierté de son pays dans les grandes institutions sportives, judiciaires, administratives etc. et était estimé par tous ses confrères de par son charisme, sa conviction, son patriotisme. Kéba Mbaye, Mamadou Dia avec ses idées de développement local, Cheikh Anta Diop, Senghor et tant d’autres en sont une belle illustration en marquant d’une tache indélébile leurs parcours sur le plan national et international. Cette situation s’expliquait entre autre par la discipline, la loyauté, l’éthique, le respect de soi, de son prochain, et surtout de la hiérarchie dans tous les domaines, éléments capitaux pour un développement équilibré et harmonieux. Ces figures étaient une fierté pour tout un peup le qu’ils représentaient dans les plus hautes instances de décisions. Ces hommes travaillaient au service de la nation et pour les générations futures.

Mais hélas, l’intellectuel sénégalais d’aujourd’hui a failli à sa mission. Personne ne lui donne confiance à cause de sa diabolisation devant les analphabètes représentatifs dans notre cher pays. Ce qui fait que les techniciens ne servent plus à grand-chose dans la prise de décision pour la construction et l’émergence du Sénégal. Cet état de fait se répercute sur la situation actuelle que traverse le pays sur le plan de son aménagement, les difficultés de développement dans tous les secteurs, la maitrise de la démographie qui est primordiale dans toute planification… Au contraire, le politicien est au devant de la scène avec sa feuille de route et ses objectifs qui peuvent avoir des conséquences négatives sur la vie des populations auxquelles il avait jugé de défendre et de mettre dans de meilleures conditions. La situation s’est dégradée de manière choquante et très rapide. Personne ne respecte personne. L’individualisme prim e sur l’intérêt général et rien n’offusque dans notre société d’aujourd’hui. Ce qui compte c’est avoir de l’argent à n’importe quel prix. En gros, tous les moyens sont bons pour se procurer d’une manne financière afin de s’afficher, occuper toutes les médias et se glorifier d’un avoir mal sain sans honte. C’est comme si on motive les gens à faire du mal. Ce qui finit par être copié par une jeunesse en manque de repères.

La pauvreté s’accentue de plus en plus. Les jeunes souffrent au plus profond d’eux dans leur propre intimité sans encadrement, assistance, aide et sont laissés à eux même sans emploi après plusieurs années d’études supérieures. Le chiffre de 400.000 chômeurs par an annoncé par l’ANSD dans les années 2000 en est une belle illustration. Ce chiffre est même dépassé de très loin du moment que nos gouvernants ne maitrisent même pas le nombre de chômeurs de notre pays. Est-ce sérieux de vouloir travailler sans connaitre les statistiques. Je ne saurais être d’accord avec l’affirmation de certaines autorités pour défendre leur argumentaire en disant que la formation est inadéquate par rapport à l’offre du marché du travail. Mais non, certes cela peut être vrai dans une moindre mesure mais dites moi le jour où le Sénégal n’aura pas besoin de médecins, d’infirmiers, d’avocats, d’aménagistes, d’urbanistes d’ingénieurs, de g éographes, de sociologue, de techniciens… où ira notre chère patrie. Comme les jeunes ont du temps à écouler sans occupations, ils sont exposés à la drogue, à la prostitution, aux actes de vandalisme et à l’homosexualité qui est une pratique abominable et d’actualité.

Je ne comprends plus nos politiciens, nos dirigeants et surtout les intellectuels de mon pays face à leur mutisme par rapport à ce danger qui nous guette. Que devons nous faire pour remédier à ce problème qui perdure ? Aucune action véritable, sincère et concrète au service de la nation n’est entamée pour éradiquer cette tare pesante qui s’amplifie. Au contraire, la situation empire au profit d’une classe sociale qui s’enrichit sur le dos du peuple qui la nourrit. Les tensions que connait l’université Cheikh Anta Diop confirment cette situation car même les étudiants sont animés de violence pour une revendication ou faire valoir ce que de droit. Si toutes ces reformes éducatives sont appliquées face à la décision des pouvoirs publics, qu’adviendra-t-il à l’enfant du paysan sénégalais qui veut voir son enfant mener ses études supérieurs avec ses maigres ressources ? Et pourtant ces dirigeants ont été accompagnés par l’Etat dans leu r cursus jusqu’à ce qu’ils puissent jouir de leur fonction et etre compter parmi les décideurs. Leurs enfants poursuivent leurs études supérieures à l’étranger dans les meilleures écoles reviennent au bercail pour nous diriger ou occuper les meilleures fonctions dans notre pays.

Que de promesses électorales non tenues !!!

L’heure est à la sonnette d’alarme. Tout le monde doit agir face à cette situation pour ne pas laisser notre Sénégal dans le chaos. Chacun reste passif face à ces problèmes qui risquent de plonger notre pays dans le désordre si rien n’est fait dans les plus brefs délais. Cette situation chaotique se fait même sentir dans la rue à cause du comportement du citoyen qui montre son mécontentement, son indiscipline et surtout sa tristesse face à une chose qu’il ne contrôle pas. Les jeunes ne savent plus à quel saint se vouer et ne vivent que le présent pour espérer survivre dans un futur non assuré. Nos ancêtres, nos vaillants hommes religieux, parents et intellectuels d’antan nous avaient légués de bonnes valeurs. Pourquoi nous en sommes arrivés là ? Je me demande si un lavage de cerveau de chaque sénégalais pourrait être une solution face à la dégradation de notre pays. Les mentalités ont totalement changé dans le mauvais sens. L’intà ©rêt individuel est source de tous nos maux. Le mensonge, la trahison sont au devant de la scène et promus contrairement à la vérité. Mais sachez qu’une petite vérité vaut qu’une tonne de mensonge. Regardez, le Rwanda, un pays qui a connu la guerre et en pleine reconstruction s’est remis sur les rails de l’émergence contrairement au Sénégal avec Dakar ancienne capitale de l’AOF qui n’a connu aucune crise majeure peine à prendre son envol. En effet, autant de plans, de documents et de productions ont été élaborés dans notre cher pays mais on éprouve de la peine à les exécuter car ils sont soit rangés dans les tiroirs soit ne coïncident pas avec les objectifs du politique.

Notre société connait de graves dégradations des mœurs à tel enseigne que l’adage en wolof « Na Mag gny yeureum Xaléyi té khaléyi wék Mak gni s’est transformé en « Mak gni yeureumeutoniou xaléyi té xaléyi wégatouniou Mak gni (les personnes âgées n’ont plus pitié, ni de clémence envers la jeunesse et cette dernière ne les respecte plus car n’étant plus un modèle, une référence) ». Tout peut se résumer là et peut expliquer beaucoup de choses invraisemblables qui se déroulent dans notre cher pays. La jeunesse d’aujourd’hui ne sait pas quelles voies emprunter pour sortir de ce système plein d’embuscades à causes des ainées qui ne pensent qu’à eux et non à la génération future. Certains de nos parents n’ont plus de scrupule. Ce qui les intéresse c’est s’enrichir à tous les moyens pour profiter de la vie au lieu de construire notre cher Sénégal. Et pourtant si leurs ainés ne les avaient pas guidé et montré la voie, ils ne seraient pas à ce stade. C’est déplorable voire injuste leur égoïsme.



FATOU M DIOUF
E-mail : mbodj12@yahoo.fr







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