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Monsieur Mansour Faye, Mboro a vraiment soif - Par Cheikh Ahmed Tidiane Sall

Mboro est une jeune commune née suite au décret 2002/173 du 21 février 2002. En raison des multiples potentialités qu’on y trouve, elle est une commune attractive de près de 40000 âmes avec une croissance urbaine de 8,34%, l’une des plus élevées du pays. En dépit d’une nappe phréatique peu profonde, Mboro et environs ne sont pourtant pas suffisamment alimentés en eau potable.


Rédigé par leral.net le Jeudi 2 Octobre 2014 à 08:00 | | 2 commentaire(s)|

Monsieur Mansour Faye, Mboro a vraiment soif - Par Cheikh Ahmed Tidiane Sall
En effet, la SDE n’y assure pas l’exploitation, cette tâche est dévolue à un comité de gestion dénommé ASSUFOR. Ce dit comité exploite un forage captant certes le maestrichtien avec une profondeur de 433m mais un débit faible d’exploitation de 36métres cubes/heure. Le réseau de distribution représente un total de 9322ml de conduite secondaire diamètre 63mm et 90mm, 2320ml de conduite principale diamètre 163mm avec une pompe utilisée 24h/24. A la lumière de cette approche, il ne parvient donc pas à couvrir les besoins de cette zone au relief accidenté. Or, considérant les normes OMS (35 litres/personne/jour), le forage dont la desserte journalière n’est que de 864 mètres cubes reste bien en deçà des besoins de Mboro (1400mètres cubes).

Résultat : une grande partie de la population souffre des difficultés d’approvisionnement en eau, perturbant considérablement leur vie quotidienne, indépendamment des menaces qui pèsent sur leur santé dans une zone fortement polluée par les ICS. En effet, beaucoup de personnes continuent de s’approvisionner à partir des puits traditionnels forés dans les domiciles ou à côté des cuvettes maraîchères avec tous les risques de contamination par les fosses septiques et les infiltrations des produits chimiques émanant des ICS.

Dans la même veine, du fait de la quête permanente de l’eau, une femme enceinte est tombée dans un puits, une autre matinalement et mortellement mordue par un serpent. Sous ce rapport, Monsieur le Ministre, le manque d’eau potable à Mboro pose à la fois de graves problèmes de sécurité, d’hygiène, d’assainissement, de santé publique surtout dans un contexte national marqué par le spectre du virus EBOLA et à l’échelle locale par le choléra quasi-endémique dans la zone. Par voie de conséquence, nous ne réclamons pas d’eau pour arroser des vergers encore moins des pelouses ; nous n’en réclamons depuis 2008 que pour nos besoins alimentaires, notre hygiène corporelle, vestimentaire et domestique.

Réclamer de l’eau d’ailleurs n’est pas un luxe mais bien une nécessité impérieuse voire un paradoxe en cette phase « post industrielle » selon l’heureuse formule de Francis FUKUYAMA. Parallèlement, les problèmes d’eau à Dakar lors de l’été dernier, mobilisèrent toute l’équipe gouvernementale, y compris le Président de la République, clé de voute des institutions. Dès lors y a-t-il des Sénégalais à part entière et des Sénégalais entièrement à part ; des Sénégalais de première et de seconde zones ?

Il est vrai du reste que Mboro n’a pas le même poids électoral que Dakar ; mais enfin.

En outre, la promesse non tenue par les ICS et l’instabilité qui sévit au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement ont beaucoup porté préjudice à notre jeune commune. Car les deux ministres qui vous ont précédé, avaient clairement indiqué que le forage allait être foré en 2014. Mais lors du CRD spécial tenu à Thiès le 25 août dernier, nous avions eu le regret de constater que le forage promis aux Mborois ne figure même pas dans les fichiers de prévision du ministère. Pourtant, il y a un principe sacro-saint qui fonde l’Administration : le principe de la continuité.

D’ailleurs pour rappel, une réponse laconique nous a été servie lors de ce conclave quant à la réalisation de cet ouvrage. Une opinion peut être mal intentionnée lie cette nouvelle donne au fait que la Mairie est contrôlée par le REWMI. En tout état de cause, nous pensons que les questions relatives à la répartition du liquide précieux sont si vitales, si régaliennes qu’elles doivent transcender les contingences partisanes, sociales, régionales et politiques.

Nous comptons alors sur votre sens des responsabilités pour que cette difficulté soit vite rangée par les Mborois dans les tiroirs de l’oubliette.

Cheikh Ahmed Tidiane SALL

Professeur au Lycée Taïba ICS

Coordonnateur de la Plateforme Jappalé askanwi de Mboro

sall188@yahoo.com






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