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Monti demande la confiance sur la réforme du travail

le 26 Juin 2012 à 09:06 | Lu 420 fois

Le président du Conseil italien engage la responsabilité de son gouvernement avant le prochain Conseil européen.


Monti demande la confiance sur la réforme du travail
À quatre reprises, Mario Monti engagera ce mardi la confiance de son gouvernement pour forcer l'adoption d'un projet de loi capital, la réforme du Code du travail, qui date de 1970.

Le président du Conseil devra recourir à cet expédient pour couper court à la myriade d'amendements qui menace de dénaturer un texte plongé depuis quatre mois dans une difficile gestation. Dernière confrontation en date, le nombre de travailleurs mis d'office à la retraite - sans pouvoir la toucher, car ils n'ont pas encore atteint 65 ans: plus de 300.000, selon les syndicats, 65.000 d'après la ministre du Travail, Elsa Fornero.

Mario Monti demandera mardi un soutien fort du Parlement pour se présenter avec la réforme en poche lors du Conseil européen de jeudi et vendredi. Il cherchera à convaincre les grandes formations politiques qui soutiennent son gouvernement de technocrates depuis novembre dernier de «parler d'une seule voix» face à l'Europe. Il défendra aussi les bienfaits d'une réforme qui doit libéraliser le marché du travail, permettre de nouvelles embauches et attirer de nouveaux investissements étrangers.

Il ne fait guère de doute qu'il obtiendra les quatre votes de confiance demandés. Aucun parti n'a intérêt à le faire trébucher à ce moment précis, hâtant ainsi des élections anticipées. Fort des résultats du sommet à 4 de vendredi dernier à Rome, qui a réaffirmé le caractère «irréversible» de l'euro, Mario Monti défend l'idée que tous les pays européens doivent faire des concessions. Il se pose en médiateur entre Angela Merkel et François Hollande sur l'équilibre budgétaire et les cessions de souveraineté. Pour convaincre la chancelière allemande et le président français que le temps des demi-mesures est révolu, il lui faut arriver à ce rendez-vous en position de force, en ayant éliminé les obstacles à une reprise de la croissance en Italie.

Supprimer la moitié des régions
Un Conseil des ministres est convoqué mardi matin pour examiner un plan de 4,2 milliards d'euros d'économies à réaliser dès cette année dans l'administration. Une cellule présidée par le commissaire aux comptes Enrico Bondi vient de rendre ses conclusions. Entre autres mesures, elle propose d'éliminer 54 provinces sur 110, un véritable chamboulement dans le pays. Le Conseil des ministres devrait aussi décider d'autoriser la recapitalisation publique du Monte dei Paschi de Sienne (MPS) à hauteur d'un milliard d'euros: cet établissement financier, le troisième du pays et le plus ancien d'Europe, croule sous les dettes et doit réunir 3,2 milliards d'euros pour répondre aux critères exigés par l'EBA, l'autorité européenne de contrôle sur les banques.

Mario Monti a déjà fait savoir la semaine dernière que l'Italie s'en sortirait par elle-même, sans solliciter d'aide de la BCE ou du FMI. «Avec son gouvernement, l'Italie peut résoudre ses problèmes», affirmait hier le porte-parole de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand de l'Économie. Pour le Financial Times, il peut faire plus et sauver l'euro «en parlant haut et fort à Angela Merkel».




Par Richard Heuzé