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Mort d'Aïcha Diallo- Sa maman déroule le film de l'horreur: "A l’hôpital, quelqu’un m’a même dit ‘’dinala torokhal’’


Rédigé par leral.net le Mercredi 18 Octobre 2017 à 13:34 | | 0 commentaire(s)|

Mort d'Aïcha Diallo- Sa maman déroule le film de l'horreur: "A l’hôpital, quelqu’un m’a même dit ‘’dinala torokhal’’
La direction de l’hôpital de Pikine a tenté hier d’apporter un démenti sur les circonstances du décès d’Aïcha Diallo, en réfutant le défaut de prise en charge. Mais, les parents de la petite fille de 12 ans eux, sont convaincus qu’elle est morte à cause de la négligence du personnel.

Récit d’une maman meurtrie.

« C’est le bâton d’une raclette qui a pénétré dans l’anus. Elle est tombée sur le bâton et elle a crié. Quand on a retiré le bout du bâton, le sang a commencé à couler », raconte Fatima Kaba.
La voie étreinte par la douleur d’avoir perdu sa fille, elle poursuit son récit en confiant qu’elle était sur la route du marché lorsqu’elle a été informée de la situation. « Quand on m’a appelé pour m’informer, je suis tombée dans le bus dans lequel j’étais. J’ai aussitôt appelé ma mère en pleurant. Je ne sais même plus comment j’ai quitté le bus pour me retrouver avec ma fille à l’hôpital de Pikine. Là, on nous demande de faire la queue alors que ma file ne pouvait même pas s’asseoir », narre-t-elle.

« De 13 heures à 19 heures, on a attendu le gynécologue, en vain »

« On est arrivé à l’hôpital vers 11 heures et on a dû suivre la queue pendant 30 minutes. Une fois qu’on a été reçu, on nous a conduits dans une chambre. Aicha y est restée, pendant plusieurs heures, sans même voir un médecin. A chaque fois que je suis allée vers eux pour leur dire qu’Aïcha souffrait et pleurait sans arrêt de douleur, ils me répondaient toujours qu’ils vont venir la voir, mais ils ne venaient pas », raconte Fatim qui précise qu’ils ont passé la journée du vendredi « dans la difficulté ».

Selon elle, la douleur était si intense que sa fille ne pouvait pas tendre le pied. « De 13 heures à 19 heures, on a attendu le gynécologue, en vain. Parce qu’ils avaient dit qu’un gynécologue allait venir la voir. Et finalement, Aïcha a passé la nuit sans voir de gynécologue. Comme la douleur devenait insupportable, je suis allée les voir pour leur demander s’il y a des perfusions ou des anti-douleurs. C’est à ce moment seulement qu’ils ont réagi. Aïcha ne pouvait plus marcher, ni parler et elle vomissait. Son ventre a ensuite commencé à enfler », dit-elle.

« Ma fille est décédée par négligence, pas pour des problèmes d’argent »

« J’ai insisté pour qu’ils fassent quelque chose. Ils l’ont regardée et ont dit qu’ils doivent faire une échographie. C’est seulement 24 heures après notre arrivée, soit le samedi, en début de soirée, qu’ils l’ont enfin examinée et ont dit qu’ils vont lui faire des analyses. Si ça ce n’est pas une négligence comment est-ce que je peux l’appeler. Et je suis prête à le dire partout, ils ont été négligents et Aïcha en est morte », déclare Fatima Kaba Diallo, très affectée par la disparition tragique de sa fille.

« J’assumerai toutes les conséquences de ce que je dis. Et si c’est ça qui leur fait mal, je le dis et je le répète : ma fille est décédée à cause des négligences des médecins de l’hôpital de Pikine. Mais pas pour des problèmes d’argent. Je n’ai pas besoin qu’on paie ou quoi que ce soit, et je ne cherche pas non plus à salir leur nom.

Mais je ne fais que dire la vérité pour ma fille et pour sauver d’autres personnes qui pourraient subir le même sort qu’Aïcha. Parce que beaucoup de gens ont amené leurs malades là-bas et ils les ont remmenés sous mes yeux. Les femmes enceintes sont là-bas et on ne les regarde même pas. Ils m’entendent et ils savent de quoi je parle
».

« Quand je leur parlais, ils me disent ‘’défal ndank’’, demal tog’’ »

Cette mère de famille de trois filles a répété que les médecins lui ont arraché sa petite fille par négligence. « Quand je les appelais, ils me disaient ‘’defal nank’’, fais doucement. Quand je venais pour leur parler, ils me disaient ‘’demal tog’’, va t’asseoir. Pourtant, je leur disais juste que cette enfant est trop fatiguée, que son état était critique. Mais tout le temps, que je suis restée là-bas, ils me répondaient : et alors », révèle-t-elle.

« Quand on a fait l’écho dimanche soir, c’est comme s’il y avait des lames de flammes qui se dégageaient de son ventre. Le feu se dégageait à l’intérieur à l’intérieur de son ventre. Sur l’écho, on ne voyait que du rouge, l’échographe s’est même étonné du fait que l’enfant n’ait pas été pris en charge en urgence. C’est ainsi qu’il a prescrit une note pour que l’enfant soit évacué d’urgence. Il nous a dit que le cas est grave, parce que ma fille avait une hémorragie interne. C’est cette nuit du dimanche qu’elle a été admise au bloc opératoire et je ne l’ai plus jamais revue vivante », confie la dame.

« L’échographe s’est étonné que l’enfant n’ait pas été pris en charge en urgence »

Elle explique que le Dr Kandji les a par contre beaucoup assistés. « C’est lui-même qui a payé l’échographie, mais les autres ne se préoccupaient de rien. Quelqu’un m’a même dit ‘’dinala torokhal’’ dans cet hôpital, où j’ai dormi par terre. La nuit du décès de mon enfant, ils sont venus me dire que je dois quitter la salle et rentrer. Parce que ma fille est en réanimation », indique-t-elle en s’interrogeant sur « une telle attitude. Peut-être qu’elle était déjà morte ».

« En tout cas, ils sont venus en groupe pour m’expulser des lieux. J’ai refusé de partir ; finalement, ce sont les accompagnants des autres malades, qui se sont opposés. Et ainsi, j’ai pu passer la nuit là-bas. Mais le matin, très tôt, ils sont venus me dire que mon enfant est mort », lâche, anéantie, Fatim.


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