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Mort d’un suspect de l’attentat de Bamako: les détails de l’opération

Rédigé par ( La rédaction ) le 14 Mars 2015 à 11:10 | Lu 624 fois

Le porte-parole du gouvernement malien a détaillé vendredi après-midi l'opération menée dans la nuit de jeudi dernière dans un quartier de Bamako contre un des auteurs présumés de l'attaque contre le bar restaurant La Terrasse. Un assaut qui a abouti à la mort du suspect et à la saisie de plusieurs armes et munitions dans sa chambre.




L’opération a été menée par l’unité spéciale des forces de sécurité entre 1h et 3h du matin dans le quartier de Magnanbougou, selon les informations données par le porte-parole du gouvernement malien, Choguel Maïga. Elle a visé un petit immeuble habité par plusieurs locataires, et en particulier par un homme qui a refusé de se rendre. Se sentant cerné, il a posé une grenade défensive avec un fil sur la porte et a même ouvert le robinet d’eau de sa chambre pour faire diversion.

Lors de l’assaut, la grenade a explosé. Quatre hommes des forces de sécurité ont été blessés, mais leur vie n’est pas en danger. Le suspect, lui, a été gravement touché par les éclats de grenade. Il est décédé de ses blessures lors de son transfert à l’hôpital Gabriel Touré. Cette opération a relevé l'alerte d'un cran.

Selon les papiers d’identité retrouvés sur lui, il s’appelait Mohamed Tamirou Cissé. C’était un homme au teint clair originaire du cercle de Bourem, dans les environs de Gao. Né en 1993, il avait à peine plus de 20 ans. S’il se confirme que c’est bien sa pièce d’identité, les enquêteurs devraient pouvoir très vite remonter jusqu’à son entourage et reconstituer peut-être le groupe auquel il appartient. Vivait-il seul ? Avait-il des complices dans le quartier ? Pour en savoir plus, les habitants de l’immeuble ont été entendus hier. Et un large périmètre a été bouclé par la police scientifique afin de collecter un maximum d’indices.

Des complices encore à Bamako ?

Les armes retrouvées dans sa chambre ont déjà commencé à parler. Les munitions seraient, selon les autorités, du même type que celles utilisées lors de l’attaque il y a huit jours à Bamako. Elles seraient aussi similaires à celles retrouvées quelques jours auparavant dans une cache d’armes en pleine forêt à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale.

Les autorités affirment que la chambre dans laquelle il vivait avait été louée il y a environ trois semaines. Mais depuis l’attaque de vendredi dernier, au bar-restaurant La Terrasse, le suspect décédé cette nuit n’en avait presque plus bougé.S'il se confirme que cet homme est bien l'un des assaillants de La Terrasse, celui qui était à moto en particulier, les autres auteurs de l'attaque sont peut-être encore cachés dans la capitale.

Lors d'une réunion convoquée vendredi par le Premier ministre, il a donc été décidé d'accentuer les contrôles routiers. « Les terroristes ont pris la fuite en moto et donc tous les véhicules non immatriculés seront désormais saisis systématiquement, de nuit comme de jour. Tous les engins qui sont utilisés aujourd'hui dans la circulation doivent faire et feront l'objet d'une attention particulière des forces de sécurité », a déclaré Choguel Maïga. Selon les autorités, les ratissages se poursuivent dans les alentours de la capitale. Quant aux habitants, ils sont toujours appelés à coopérer et à dénoncer tout comportement suspect.

Un immeuble bien inquiétant

Cet immeuble où le suspect de l’attentat de Bamako s’était retranché est un immeuble mal famé appartenant à un homme d’affaires malien qui vit à l’étranger. Il est divisé en appartements placés en location. Selon des voisins, les occupants défilent.

Cette jeune fille, qui habite à quelques mètres seulement, n'avait pas imaginé que l'un des auteurs présumés de l'attentat de Bamako pouvait s'y trouver : « On ne savait pas. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui habitent là. Les gens ont même peur de la maison ». « Il y a des étrangers : des Nigérians, des Ivoiriens, des Camerounais, des Ghanéens… Des prostituées aussi. Les enfants ne passent même pas dans la rue la nuit parce que tout le monde a peur. On ne connaît pratiquement pas les gens qui y habitent », renchérit un homme.

Les locataires de l'immeuble ne sont évidemment pas tous des terroristes. Des riverains affirment aussi connaître des gens qui y vivent ou qui y ont vécu. A présent, c'est la police scientifique qui occupe les lieux.
Par RFI


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