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Moustapha Gaye, entraîneur des Lionnes du basket : "Je n'ai jamais giflé Ramata Daou"

Moustaphe Gaye s'est expliqué, hier, en marge de l'audience au palais de la République sur l'incident qui a fait le tour de la toile, quand, lors d'un temps mort, il s'en est pris à la joueuse Ramata Daou.


Rédigé par leral.net le Lundi 5 Octobre 2015 à 09:52 | | 3 commentaire(s)|

"J'ai une femme, des sœurs, une maman. Je ne conçois pas qu'on puisse lever la main sur une femme. Mais dans une vie, en sport, on est en situation interactive. On est pas dans une situation émotionnelle stable. Donc, quand le coach Tapha tape sur la bouteille, il y a une raison. Je n'ai jamais tapé sur la joue de Ramata, mais j'ai tapé sur la bouteille. A ce moment, l'équipe était dans une pente dangereuse. Je l'avais dit depuis la veille qu'on ne peut pas gagner un trophée africain en jouant de cette manière. Il fallait que les filles se révoltent. Il était de mon devoir de trouver les voies et moyens de secouer l'équipe pour qu'on puisse espérer avoir un résultat. C'est tombé sur Ramata, mais c'est une joueuse que j'apprécie et que je respecte beaucoup. S'il y a des gens qui ont été choqués par ce geste, je m'en excuse sincèrement. Parce que, jamais, je n'ai eu l'intention d'humilier une femme", estime le coach des Championnes d'Afrique en titre.

Poursuivant toujours, il indique : "Le plus important aujourd'hui, c'est que l'incident est oublié au niveau interne. Tout de suite, à la mi-temps, j'ai demandé pardon à la fille, au groupe et à la Fédération. Nous l'avons évacué et progressé, au moment où les gens continuaient à spéculer. Ce n'est jamais bien, en pleine compétition, de déstabiliser, de décourager une équipe. Heureusement, je suis habitué à gérer des situations émotionnelles. Quand on est un coach national, on doit avoir les épaules larges, pour pouvoir encaisser et tout gérer avec philosophie", souligne le technicien.

Il n'a également pas manqué d'évoquer la gestion d'un groupe féminin en tant qu'homme. "La gent féminine est sensible. Mais aussi très réceptive. La sensibilité, je savais. La réceptivité, je ne l'avais pas soupçonnée. Tous les détails sont importants quand on gère une équipe féminine. Le moindre détail n'est pas à laisser en rade. Comment se tenir, comment parler, comment les regarder... Même la tenue vestimentaire est importante ! Avec des filles, on n'a pas le droit de se comporter comme on veut. Elles sont très exigeantes. Il faut être un vrai gentleman pour y arriver. Je ne dis pas que j'en suis un... C'est un peu la différence avec les garçons. Il était plus facile pour moi de discuter avec Malèye Ndoye, Pape Sow, Babou Cissé... Le contact est naturel, c'est un débat entre hommes. Avec les filles, les principes sont les mêmes : l'entraînement, les directives, la gestion du groupe... Mais, la différence se situe au niveau de la sensibilité. J'avoue que j'ai agréablement été surpris par l'état d'esprit des filles. Au début, elles se posaient des questions. Mais après, elles se disaient : "Coach Tapha n'est peut-être pas le monstre dont on nous parlait". Il y a des valeurs que nous avons nouées et que nous allons essayer de garder", a dit Moustapha Gaye.






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