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Na opitalo, na saté ! Sama opital sama deuk ! Mon hôpital ma région - Par Guy Marius Sagna

« La pire des choses, ce n'est pas la méchanceté des gens mauvais, c'est le silence des gens bien. » Norbert Zongo


Rédigé par leral.net le Mardi 20 Mai 2014 à 15:23 | | 1 commentaire(s)|

Na opitalo, na saté ! Sama opital sama deuk ! Mon hôpital ma région - Par Guy Marius Sagna
Le 27 mars 2013, se tient à partir de 10 heures 25 minutes, une réunion du conseil d’administration (CA) de l’hôpital régional de Sédhiou. Le Président du Conseil d’Administration donne la parole au nouveau directeur qui n’est là que depuis le 19 février 2013. Celui-ci pétrifie les administrateurs de l’établissement public de santé hospitalier de Sédhiou présents avec les révélations qu’il fait. Aucune comptabilité matière pour la gestion du carburant trouvée sur place. Une dette de carburant de 999.506F CFA (le prix de 20 kits de césarienne qui à l’époque coûtaient 45.000F CFA l’unité ; c’est l’équivalent de 666 consultations en médecine ;) découverte et contractée de manière nébuleuse alors que l’ancien directeur disait n’avoir laissé aucune dette en partant.

L’ancien directeur et le Chef de Service Administratif et Financier (CSAF) auraient eu chacun un carnet qui leur permettait de prendre du carburant comme bon leur semblait. Du matériel de l’hôpital n’a pas été trouvé sur place. Par exemple, du matériel médical de l’EPS1 de Sédhiou a été trouvé à Dakar dans une entreprise dénommée DRP. Patrimonialisation par l’ancien directeur de l’ordinateur portable de la direction. Il a même fallu que le nouveau directeur aille le reprendre chez l’ancien directeur à Dakar. Deux rapports des ventes de la pharmacie sont produits pour une même situation. Un premier rapport faisant état de 18 millions de francs CFA de chiffres d’affaires avec des prix de l’ancien directeur. Un second rapport, remettant en cause le premier, de 8 millions de chiffres d’affaires. Entre les deux, un fossé de 125% ! Existence d’une dette sociale (IPRES et CSS) d’un montant de 2.700.000F CFA. Rien n’avait été budgétisé !

Depuis plusieurs mois, vont bon train les menaces de mon affectation ; menace de ma traduction en conseil de discipline pour ma radiation de la fonction publique ; plusieurs menaces de plaintes dont une portée par le SG régional du SUTSAS de Sédhiou depuis 06 mois ; menace d’atteinte à mon intégrité physique…

Ces menaces ont augmenté depuis que j’ai commenté l’affaire des 50.000F CFA du gouverneur ou affaire du versement irrégulier de jetons de présence à un gouverneur et de la gestion du carburant de l’hôpital par le directeur. Depuis le lundi 05 mai 2014 mon activité de dénonciation m’a valu de ne plus être responsable des ressources humaines de l’hôpital. Et depuis le 15 mai 2014 je ne suis plus travailleur de l’hôpital de Sédhiou. Quel crime me reproche-t-on ?

C’est qu’au moment où l’on se plaint de la faiblesse et de la lenteur de la subvention de l’Etat et du conseil régional qui va disparaître que j’exige une bonne gestion du peu dont dispose l’hôpital. Que je fasse écho au Plan Sénégal Emergent (PSE) dont le 2e pilier est la bonne gouvernance, au premier ministre qui a fait de cette bonne gouvernance le 2e point de sa Déclaration de Politique Générale (DPG) et au président Macky Sall qui a dit "le Sénégal tel qu’il fonctionne aujourd’hui ne peut pas connaître l’émergence" en demandant la bonne gouvernance de nos ressources.

Que je sois intransigeant dans la gestion des ressources de l’hôpital qu’ils s’agissent des autorités administratives ou politiques, des dirigeants syndicaux, des agents ou du directeur de l’hôpital. De rendre publics les débats de l’hôpital après avoir essayé en vain de rectifier les choses à l’interne et de laver ce linge si sale en famille hospitalière. Face à toute cette campagne je tiens à dire une chose : je ne renoncerai pas !

Injurié, suspendu de mon syndicat et proposé à la radiation du SUTSAS, relevé de mes fonctions, affecté…A quoi dois-je m’attendre ? Le directeur de l’hôpital n’a pas hésité à me dire « je ne veux pas qu’il t’arrive un malheur », et d’ajouter : « c’est la dernière fois que tu écris un tract à mon sujet »… C’est peut-être la dernière fois que j’ai la possibilité de m’adresser à vous. Mais je ne renoncerai pas !

Je ne renoncerai pas à dire qu’il ne doit pas y avoir de malades recommandés par les autorités administratives,
politiques…qui seraient traités d’une manière différente du malade illustre anonyme provenant de Tanaf, Goudomp, Samil, Simbandy…Tous sont égaux devant la mission de service public hospitalier.

Je ne renoncerai pas à dire que les responsables de l’hôpital (membres du conseil d’administration, gestionnaires…) n’ont pas à placer leurs enfants et autres parents au détriment d’autres dignes filles et fils de notre peuple à l’hôpital. Plus jamais ça !

Je ne renoncerai pas à dire que les syndicats et leurs dirigeants doivent commencer à changer en eux ce qu’ils veulent changer autour d’eux.

Je ne renoncerai pas à dire que la bonne gouvernance doit être une obligation dans chaque service de l’hôpital et est une exigence de l’agent au directeur. Quand on fait du lobbying dans les dédalles du ministère de la santé pour que le peuple, à travers l’Etat, soutienne davantage l’hôpital de Sédhiou, et qu’on va jusqu’en France pour du tourisme et mendier des appareils médicaux, ce n’est pas pour avoir une marge de manœuvre permettant de vampiriser les maigres ressources disponibles.

Je ne renoncerai pas à dire que l’augmentation par le conseil d’administration de l’hôpital de ses indemnités de session à 100% passant ainsi de 25.000F CFA à 50.000F CFA, la gratuité des consultations pour eux…sont indues, indignes et irresponsables venant de représentants du peuple de Sédhiou.

J’accuse le directeur avec sa politique de tripatouillage du carburant de l’hôpital, d’octroi d’indemnités et autres à des agents qui n’en ont pas droit…au vu et au su de la majorité de ses collaborateurs complices d’être responsable d’une situation d’une gravité inédite. En ce premier semestre finissant de 2014, les recettes quotidiennes de près de 15 jours n’ont pas été versées dans le compte de la CNCAS de l’hôpital. Soit entre 2 et 4.000.000F CFA. Combien de fois cela est-il arrivé depuis le 19 février 2013 qu’il est directeur de l’hôpital ? Ils jouent avec l’argent de l’hôpital. Ils jouent avec la vie des sédhiouois.

Sa fumeuse commission des recettes sans dépense a été créée pour limiter les dégâts collatéraux d’une gestion ni sobre ni vertueuse de l’hôpital de Sédhiou et des deniers publics du contribuable sénégalais. C’est pourquoi d’ailleurs cette commission des recettes a pour deuxième but de piéger et discréditer les travailleurs et non de communiquer financièrement. Pendant ce temps, des travailleurs dits « prestataires » souffrent.

Je ne renoncerai pas à dire que le directeur doit communiquer financièrement en recettes comme en dépenses. Il le doit car la subvention du conseil régional, la subvention de l’Etat, la vente de produits de la pharmacie IB, les recettes des activités hospitalières sont des deniers publics. Et s’il veut la paix sociale il doit communiquer avec la première fraction du peuple à laquelle il a à faire : les travailleurs de l’hôpital! Il doit arrêter de faire des cachoteries avec les deniers publics. Je ne renoncerai pas jusqu’à ce que nous réunissions les conditions de traçabilité de chaque centime, de chaque litre…qui permettra sinon d’arrêter les mains baladeuses du moins de savoir si quelqu’un a reçu indûment du carburant, de l’argent…ou non.

Je le dirai au ministre de la santé. Au besoin au président de tous les sénégalais. Mais en attendant, je profite de ce moment pour m’adresser à vous travailleurs de l’hôpital, citoyens et organisations représentant les citoyens et les travailleurs de Sédhiou pour vous dire que cet hôpital vous appartient. Que vous, jeunes, femmes, personnes du troisième âge, travailleurs, chômeurs, chefs de villages et quartiers, chefs religieux, leaders d’opinion…de Sédhiou devez refuser que cet hôpital soit transformé en un gâteau que se partage un groupuscule d’individus (de l’intérieur et de l’extérieur de l’hôpital) au détriment des populations et de certaines catégories de travailleurs de l’hôpital (« prestataires »).

La plupart de ces hommes passent, l’hôpital et le peuple de Sédhiou restent. L’hôpital est en danger ! Il a besoin de la mobilisation et de la vigilance de tous pour faire barrage à ces gens aux cris de : TOUCHE PAS A MON HÔPITAL !
Soyez les sentinelles de la bonne gouvernance hospitalière.

C’est la liberté d’expression qui est en danger. C’est la liberté d’être une vigie qui est menacée. C’est le refus légitime de l’opacité et de l’omerta qui est menacé. C’est l’assassinat de la bonne gestion, de la transparence sur l’autel d’intérêts à mille lieues de ceux du peuple qui est en cause. C’est votre droit d’être informé de ce qui se passe dans VOTRE hôpital, votre santé, et donc votre vie qui sont menacés.

En me relavant de mes « fonctions de responsable des ressources humaines » de l’hôpital le lundi 05 mai 2014 le directeur me décerne une décoration. La légion de la loyauté. Loyauté à mon peuple et aux travailleurs. Mais à moi tout seul je ne peux rien. Ce n’est pas d’un super héros dont Sédhiou a besoin. Mais de la mobilisation d’un peuple conscient des enjeux.

Effectuez un audit populaire permanent et soyez la cour des comptes populaire et citoyenne. Ne lâcher pas l’affaire ! J’ai fait de mon mieux. Poursuivez le reste. Vous vaincrez !
Ne renoncez pas ! Je ne renoncerai jamais !

A SUIVRE




Guy Marius Sagna
Responsable des ressources humaines relevé de ses fonctions
Assistant social à l’hôpital régional de Sédhiou affecté
email: guymarius_sagna@yahoo.fr
Tèl: 77 524 94 41






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