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Naufrage de Comoriens à Mayotte : un drame de l'émigration dans le bras de mer

le 22 Mai 2012 à 13:44 | Lu 701 fois

Encore un drame de l'émigration dans le bras de mer qui sépare les îles d'Anjouan et de Mayotte dans l’archipel des Comores. On dénombre cinq morts et quinze disparus après le naufrage d'un kwassa-kwassa samedi dernier. La préfecture de Mayotte a annoncé ce lundi 21 mai la fin des recherches. Malgré ces tragédies à répétition, les candidats à cette traversée ne diminuent pas. Beaucoup échouent ou alors sont renvoyés chez eux. Notre correspondant dans l’archipel s’est rendu au petit marché de Moroni pour rencontrer des anciens de Mayotte.


Naufrage de Comoriens à Mayotte : un drame de l'émigration dans le bras de mer
Au petit marché de Moroni, 80% des marchands ambulants ont fait l’aventure de la traversée entre Mayotte et Anjouan. Ces gens qui tentent une autre vie dans le commerce sont marqués par ce voyage.

« C’est un voyage mouvementé, dès le départ le cœur n’est pas tranquille car vous êtes plus près de la mort que de la vie ».

Juste à côté de lui, un autre vendeur à la sauvette a fait trois fois le voyage avant de se décourager. « La première fois, je suis parti pour des raisons sanitaires, raconte-il. On m’a attrapé et renvoyé. La deuxième fois j’ai été arrêté en mer par les CRS, et la dernière fois c’est chez moi qu’on m’a pris de manière brusque ».

Une fois à Mayotte, le rêve d’une vie meilleure n’était que mirage. La vie dans la clandestinité n’a jamais été facile. « La vie à Mayotte est très dure, tu ne vis pas tranquillement. Tu peux être entrain de manger et entendre les gens crier au feu, donc c’est le "sauve qui peut", tu dois t’évader ou entrer dans une grotte ».

Malgré le fait qu’ils aient côtoyé la mort dans ce voyage, la plupart d’entre eux rêvent toujours de reprendre la traversée. « Je ne peux pas dire que je ne repartirai jamais, car des fois tu te dis qu’à Mayotte la vie est certes dure, mais elle est mieux par rapport aux autres îles ». Les candidats au départ sont nombreux à Anjouan, ils attendent de collecter les 300 euros nécessaires pour prendre l’embarcation de la mort.

Par RFI