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Ngouda Mbaye, disciple de Serigne Moustapha Khaïssade– Un dévot du Mouridisme

Fervent disciple de Serigne Moustapha Khassaïdes, Ngouda Mbaye est un jeune homme de 24 ans qui quitte tous les ans, depuis sa tendre enfance, son fief natal pour assurer le service au domicile de son marabout. De mécanicien, il passe pour l’homme à tout faire, avec un sourire déconcertant et une énergie débordante. Un talibé dans le vrai sens du terme…


Rédigé par leral.net le Samedi 13 Décembre 2014 à 20:43 | | 0 commentaire(s)|

Ngouda Mbaye, disciple de Serigne Moustapha Khaïssade– Un dévot du Mouridisme
Il ne s’encombre pas de chichis, de manières désobligeantes. C’est au contraire avec un sourire en coin, une énergie presque contagieuse, qu’il s’occupe des invités de son marabout et guide spirituel, Serigne Moustapha Khassaïdes. Ngouda Mbaye, 24 ans, physique bodybuildé, porte sur ses épaules des plats de victuailles. Il les dépose dans les chambres des invités et revient aussitôt à la charge avec des packs d’eau. Le jeune talibé ne prend même pas la peine de souffler. Ngouda perd toute notion du temps, oublie son statut de mécanicien, de père de famille, pour devenir un simple homme à tout faire, sans rien attendre en retour. Si ce n’est la grâce et les bénédictions de son marabout…



La relève de son pater

Depuis sa tendre enfance, il ne rate aucune édition du Magal. Au début, le jeune homme s’accrochait aux basques de son pater, Ahmadou Mbaye, lui-même disciple de Serigne Moustapha Khassaïde, à l’époque. Aujourd’hui qu’il n’est plus de ce monde, Ngouda a pris la relève. Il a hérité de toutes les corvées de son géniteur. «A chaque fois que mon père venait à Touba, je le suppliais de m’amener avec lui. J’évoluais en son sein et j’ai fini par attraper le virus. Maintenant que mon père est décédé, je continue à perpétuer ses œuvres, en l’honneur de notre vénéré marabout. Je suis ici avec plusieurs autres talibés et nous avons tous le même objectif : servir au mieux les convives qui séjournent au domicile de Serigne Moustapha, à l’occasion du Grand Magal de Touba. C’est pourquoi, depuis 2 ans, nous nous sommes organisés en Dahira (association religieuse). Notre marabout l’a baptisé au nom de Adjinatoul Adjinatou», explique-t-il des étoiles plein les yeux, le cœur en fête…



Une démarche de foi

Ngouda est sur son petit nuage et rien ne lui fait plus plaisir que d’être aux petits soins, de se plier en quatre, pour le service du 2e étage de l’imposant immeuble qui sert de domicile à son guide religieux. Il quitte tous les ans son Thiès natal, en compagnie de son épouse Khadijatou Diop, pour sacrifier au rituel du pèlerinage. Sa douce moitié est préposée aux cuisines avec d’autres condisciples. Quant à lui, outre le service, il ne rechigne pas à courber l’échine pour refaire les lits des invités, balayer et astiquer les couloirs de la villa. Des travaux qui sont bien loin de ressembler à son quotidien de mécanicien. La suie et les moteurs, c’est son domaine, mais à Touba, il côtoie beaucoup plus les ustensiles de cuisine. Toujours énergique et plein d’entrain, il ne laisse transparaître aucune fatigue sur son visage ténébreux et sa peau avachie. Bien sur ses épaules larges, il n’est nullement vexé de s’adonner aux tâches d’ordinaire réservées à la gent féminine. C’est une démarche de foi, à l’en croire : «Rien n’est trop beau pour mon marabout. C’est en lui que je crois et que j’espère partout, en tout temps et tout lieu. Cela, jusqu’à la fin de mes jours. Quoi que je puisse faire en son nom ne sera qu’une marque de mon allégeance. Je n’ai même pas le temps de prendre un bain. Cette année, avec les membres de mon Dahira, nous avons même pris en charge les frais pour la peinture de la maison. Nous voulons, d’ici les éditions à venir, participer aux dépenses liées à la restauration.» Une foi inébranlable tout comme la hargne et la détermination du personnage à atteindre ses objectifs. Il a très tôt appris le sens des responsabilités et c’est la raison qui l’a poussé à abandonner le chemin de l’école, en classe de CM2, pour s’adonner à de petits boulots. Histoire de diminuer les charges familiales de ses parents. Ngouda Mbaye est ainsi, fidèle à ses principes, un Mouride dans l’âme…







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