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Ni angélisme, ni stigmatisation, promet Manuel Valls

le 18 Mai 2012 à 09:01 | Lu 649 fois

PARIS (Reuters) - Le nouveau ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a promis jeudi, lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Claude Guéant, qu'il n'y aurait ni "angélisme", ni "course au chiffre", ni "stigmatisation".


Ni angélisme, ni stigmatisation, promet Manuel Valls
Le député-maire socialiste d'Evry, dont c'est le premier poste ministériel, s'est efforcé d'entrée de jeu d'imposer sa marque dans un ministère où il succède à un homme qui y a fait une grande partie de sa carrière et tissé des liens anciens.
A 11h00, Manuel Valls a remonté lentement à pied et dans un silence à peine troublé par le cliquetis des appareils photos la longue allée pavée qui conduit de la grille de la Place Beauvau à l'hôtel particulier qui héberge le ministère.
Claude Guéant, homme clef du quinquennat de Nicolas Sarkozy, notamment comme secrétaire général de l'Elysée, a descendu trois marches pour serrer la main de son successeur. Ils ont posé pour la photo avant de disparaître pour un entretien de 25 minutes.
Si ailleurs la plupart des passations de pouvoirs se sont déroulées dans une ambiance décontractée, l'heure était ici à la solennité, au décorum et aux microphones des prises de parole officielles.
Après leur entretien, Claude Guéant et Manuels Valls ont fait l'un et l'autre une déclaration solennelle de quelques minutes devant le personnel du ministère et les principaux chefs de la police et de la gendarmerie rassemblés dans la cour.
Le premier pour saluer les forces de l'ordre, leur loyauté et leurs "sentiments républicains" et souhaiter le succès de son successeur - "Nos options politiques ne sont pas les mêmes mais nous partageons la volonté de servir nos concitoyens."
Le second pour esquisser un programme d'action destiné, a-t-il dit, à redonner confiance aux Français dans leurs forces de l'ordre mais aussi aux policiers et gendarmes.
Manuel Valls a ainsi promis d'être attentif aux conditions de travail de ces derniers et de donner la priorité, malgré les contraintes budgétaires, à une "nouvelle sécurité de proximité" et à la création de postes supplémentaires.
SOUS LE PARRAINAGE DE CLÉMENCEAU
Il a voulu faire litière de l'accusation d'angélisme adressé traditionnellement à la gauche par la droite mais aussi prendre ses distances avec certains aspects les plus contestés de la politique sécuritaire de l'ex-président Nicolas Sarkozy.
"Il n'y aura ni angélisme ni course effrénée au chiffre, ni stigmatisation de communautés ou d'une catégorie par rapport à une autre", a-t-il dit, allusion à la "culture du résultat" que Nicolas Sarkozy s'est efforcé d'introduire dans la police ou au discours de 2010 dans lequel il s'en était pris aux Roms.
"Notre pays a besoin de tempérance et de mesure. Les Français vivent une période difficile (...) où l'insécurité physique côtoie souvent l'insécurité économique et sociale", a ajouté Manuel Valls, qui a jugé "parfaitement compatibles" ordre républicain et progrès social.
Il s'est placé sous le parrainage de Georges Clemenceau, figure radical-socialiste de la IIIe République qui fut ministre de l'Intérieur avant de devenir chef du gouvernement.
"La République est partout et elle doit être partout, dans chaque ville, dans chaque village, dans chaque quartier pour que ses règles et ses principes soient les mêmes pour tous et pour chacun. J'y veillerai", a insisté Manuel Valls.
Il a évoqué sa propre histoire d'enfant né à Barcelone et devenu français par naturalisation : "Pour celui qui n'est pas né en France, qui est devenu Français, qui a appris à aimer ce pays, ces valeurs (...), devenir ministre de l'Intérieur cela montre bien que notre pays est un pays un peu à part."
"M. Le ministre, bon vent", a-t-il conclu à l'adresse de Claude Guéant avant une ultime poignée de main.
Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet


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