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Nicolas Sarkozy, le «Monde s’effondre» sur la route de la Présidentielle 2017

Rédigé par Massene Diop le 29 Septembre 2016 à 22:34 | Lu 1190 fois


Entre les révélations d’un de ses anciens conseillers, le placement en garde à vue de deux de ses amis policiers et un mauvais sondage paru ce mercredi 28 septembre, l’ex-chef de l’Etat traverse une semaine difficile. Le dossier qui pourrait gêner le plus, ce sont les confidences de Patrick Buisson.
 
Dans son livre qui parait ce jeudi (La Cause du peuple, aux éditions Perrin), l’ancien conseiller dévoile l’envers du décor : il raconte « l’histoire interdite de la présidence Sarkozy ». En clair, il règle ses comptes avec Nicolas Sarkozy, lui qui avait été répudié en 2014 pour avoir durant toutes ces années enregistré le président à son insu. Aujourd’hui donc Patrick Buisson balance. Et les anecdotes qu’ils racontent pourraient bien avoir un effet dévastateur. Exemple : alors qu’il était ministre de l’Intérieur en 2006, Nicolas Sarkozy aurait délibérément laissé dégénérer une manifestation contre le CPE, le Contrat première embauche, pour affaiblir le Premier ministre Dominique de Villepin, son rival d’alors dans la course à la présidentielle de 2007.
 
Chirac « corrompu », Fillon « pauvre type »
 
Autre exemple : Nicolas Sarkozy aurait dit partager des « valeurs communes avec le FN ». Il s’en serait également pris régulièrement aux membres de sa famille politique : « Chirac aura été le plus détestable de tous les présidents de la Ve. Franchement, je n’ai jamais vu un type aussi corrompu » ; François Fillon, Nicolas Sarkozy l’aurait lui qualifié de « pauvre type » en 2010 après que son premier ministre soit allé inaugurer une mosquée. Quant à Christian Estrosi, il l’aurait traité d’ « abruti qui a une noisette dans la tête ». Bref, des citations présumées qui pourraient bien laisser des traces…
 
Questionnements sur le financement de la campagne de 2007
 
A côté de ce livre, il y a ce nouvel élément dans l’affaire du présumé financement libyen de sa campagne de 2007. Une série de versements au profit de Nicolas Sarkozy ont été retrouvés notés dans le carnet d’un ancien dignitaire du régime libyen de Mouammar Kadhafi, information révélée mardi par Médiapart. Ce carnet appartenait à Choukri Ghanem, chef du gouvernement de Kadhafi de 2003 à 2006 puis ministre du pétrole. Dans ce document transmis aux enquêteurs, trois versements destinés à Nicolas Sarkozy sont notifiés pour au moins 6,5 millions d’euros. Dans ce dossier, la justice française s’interroge depuis 2013 : Nicolas Sarkozy a-t-il perçu des fonds libyens pour sa campagne de 2007 ? C’est ce dont l’accusent l’intermédiaire Ziad Takieddine et d’ex-dignitaires du régime, alors que d’autres personnalités libyennes démentent ces accusations.
 
 
Deux de ses amis policiers placés en garde à vue
 
Autre mauvaise nouvelle pour l’ancien chef de l’Etat : le placement en garde à vue de deux de ses amis policiers. Bernard Squarcini, patron du renseignement intérieur sous Nicolas Sarkozy, est entendu depuis lundi au sujet d’une enquête sur LVMH. Ce groupe, dirigé par Bernard Arnault, était en 2013 la cible d’une plainte d’Hermès. Les enquêteurs soupçonnent M. Squarcini d’avoir utilisé ses relations passées pour obtenir des informations sur cette affaire. Autre personne mise en cause dans ce dossier, un autre proche du clan Sarkozy : Christian Flaesch, l’ancien patron de la police judiciaire parisienne.
 
Mauvais sondage
 
L’ancien président qui pour ne rien arranger perd du terrain sur Alain Juppé à en croire un sondage paru ce mercredi. Crédité de 33 % d’intentions de vote au premier tour de la primaire contre 39 % au maire de Bordeaux, Nicolas Sarkozy est désormais à six points de son principal adversaire. L’ex-chef de l’Etat qui apparaît très nettement distancé au second tour. Ainsi, il ne rassemblerait que 41 % des voix contre 59 % à son rival, et ce dans l’hypothèse d’une participation moyenne de 2,9 millions d’électeurs. « Les merdes (sic), ça vole toujours en escadrille », avait coutume de dire Jacques Chirac. Une formule qui se vérifie aujourd’hui pour Nicolas Sarkozy. Dernier coup dur en date : le ralliement surprise ce mercredi matin du très droitier Hervé Mariton à Alain Juppé. Décidément, quand rien ne va, rien ne va…
 
Source RFI.FR