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Niger: l'opposition suspend sa participation au processus électoral

le 9 Mars 2016 à 11:06 | Lu 456 fois

La coalition de l'opposition nigérienne, la Copa 2016, soutenant l'opposant Hama Amadou qui devait affronter le président sortant Mahamadou Issoufou, a annoncé mardi 8 mars à Niamey la suspension de sa participation au processus électoral, alors que le second tour de l'élection présidentielle est prévu le 20 mars prochain.


 

La coalition qui soutient Hama Amadou vient d'annoncer qu'elle suspendait sa participation au processus électoral suite aux multiples manquements qu'elle a constaté depuis le premier tour du scrutin. L'opposition dénonce une volonté de passage en force du président Issoufou, a fait savoir son porte-parole Seyni Oumarou dans une déclaration.

Il a notamment justifié cette décision par l'absence de « proclamation officielle » des résultats du 1er tour du 21 février et « l'iniquité de traitement entre les deux candidats » à la présidentielle, le principal rival de Mahamadou Issouffou, Hama Amadou, étant actuellement emprisonné  dans une affaire controversée de trafic d'enfants.

Mahamadou Issoufou, qui brigue un deuxième mandat, avait obtenu 48,43% des suffrages devant Hama Amadou (17,73%)  lors d'un scrutin critiqué par l'opposition et jugé transparent par le pouvoir. La Copa (Coalition pour l'alternance politique au Niger) « demande » aussi à ses élus « de cesser toutes activités » au Parlement et à ses représentants « de se retirer de la Céni. »

« C'est avec surprise et indignation que les Nigériens se sont réveillés pour apprendre par les médias publics que le président candidat Issoufou Mahamadou a pris nuitamment un décret portant convocation du corps électoral pour le 20 mars et l'ouverture de la campagne du second tour de l'élection présidentielle le 8 mars 2016 », s'est indigné le porte-parole de la Copa.

Un communiqué du Conseil des ministres lu tard lundi sur la télévision d'Etat souligne que la Cour constitutionnelle a proclamé dans un «arrêt » pris le 7 mars les « résultats définitifs » du premier tour du 21 février. « Il n'y a pas eu de proclamation officielle en audience solennelle de la Cour constitutionnelle des résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle », a noté Seyni Oumarou.

De plus, « la durée » de la campagne électorale du deuxième tour « a été réduite de 21 à 10 jours (...) en violation » de la Constitution, s'est-il insurgé. Et de conclure : « La Copa tient le président Issoufou et la Cour constitutionnelle pour seuls responsables de la dégradation de la situation socio-politique au Niger ».

rfi