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Niger : le bureau politique du parlement réuni au sujet de la levée de l’immunité de son président

le 28 Août 2014 à 12:07 | Lu 463 fois

Niamey, 27 août 2014 (AFP) - Le bureau du Parlement du Niger est réuni mercredi pour discuter de la suspension de l'immunité de son président Hama Amadou réclamée par le gouvernement, dans le cadre d'un trafic présumé de bébés venant du Nigeria, a-t-on appris de source parlementaire.


L'une des épouses de M. Amadou, principal adversaire selon son entourage du chef de l'Etat Mahamadou Issoufou pour l'élection présidentielle de 2016, est actuellement écrouée dans le cadre de cette affaire.

Le conseil des ministres, présidé par le Premier ministre Brigi Rafini, avait examiné mardi une "requête" du ministre de la Justice pour mettre Hama Amadou "à la disposition de la justice", selon un communiqué du gouvernement lu à la télévision d'Etat.

L'opposition dénonce l'illégalité de la mesure, la levée de l'immunité d'un député se décidant "en plénière par l'Assemblée nationale" et non par un bureau du Parlement, s'est indigné mercredi l'un de ses députés, Tidjani Abdoulkadri, lors d"une conférence de presse.

Selon une source parlementaire, Hama Amadou a déjà saisi le Conseil constitutionnel pour qu'il se prononce "sur la légalité" de la procédure de cette demande du gouvernement. Souley Oumarou, l'avocat de Hama Amadou, a aussi qualifié la démarche du gouvernement d'"illégale" et de "raccourci juridique".

Quelque 17 personnes, dont 12 femmes, ont été écrouées fin juin au Niger dans une affaire de trafic international de bébés entre le Nigeria, où ils ont été conçus, le Bénin et le Niger.

Toutes ont été inculpées de "supposition d'enfant" (un délit qui consiste à attribuer la maternité d'un enfant à une femme qui ne l'a pas mis au monde), "faux et usage de faux" et "déclaration mensongère".

Le ministre nigérien de l'Agriculture Abdou Labo, dont l'une des épouses fait également partie des femmes incarcérées, a été écroué samedi. Fin juillet, M. Amadou avait qualifié l'affaire de "politique", "sans aucun élément (fourni) pour l'étayer", ce qu'avait nié le ministre de la Justice.

"Nous allons bannir ce trafic honteux, quelle que soit la personne impliquée", avait-il répondu. Les partisans du chef de l'Etat ne disposent pas des 2/3 des députés requis pour destituer le président du Parlement de son poste.