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Niger : trois églises incendiées à Niamey par les manifestants anti-"Charlie"

De violentes manifestations contre la une du dernier numéro de "Charlie Hebdo" ont éclaté ce samedi au Niger. La cathédrale est menacée.


Rédigé par leral.net le Samedi 17 Janvier 2015 à 19:42 | | 13 commentaire(s)|

Niger : trois églises incendiées à Niamey par les manifestants anti-"Charlie"
Malgré l'interdiction des autorités, une nouvelle manifestation contre les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo dégénère à Niamey, capitale du Niger. L'ambassade de France a appelé samedi ses ressortissants à "éviter toute sortie" alors que les manifestations violentes s'étendent progressivement dans la capitale nigérienne contre la publication de la caricature de Mahomet dans l'hebdomadaire français Charlie Hebdo. "Grande prudence à respecter, éviter toute sortie", écrit l'ambassade sur son site internet. Plusieurs agences de l'entreprise française Pari mutuel urbain (PMU) et des kiosques de l'opérateur téléphonique français Orange ont été saccagés samedi dans la ville, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ce samedi, la manifestation a débuté près de la Grande Mosquée de Niamey. La police a utilisé du gaz lacrymogène tandis que des pierres étaient lancées sur les forces de l'ordre, a d'abord constaté un journaliste de l'AFP. Il a ensuite vu deux églises incendiées, puis une troisième. Une centaine de policiers antiémeute, munis de casques et de boucliers, protégeaient à 12 h 45, heure locale (11 h 45 GMT), la cathédrale de Niamey, essuyant des jets de pierres de protestataires, a-t-il encore relaté. Des jeunes munis de gourdins, de barres de fer ou de pioches déambulent par ailleurs dans plusieurs quartiers de la capitale, selon ce correspondant.
Au moins un millier de jeunes s'étaient d'abord réunis devant la mosquée malgré l'interdiction des autorités pour protester contre la publication de la caricature de Mahomet en une de l'hebdomadaire satirique français. La mosquée avait été encerclée par quelques dizaines de policiers antiémeute munis de casques et de boucliers, qui ont tenté de disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogène. Des cris tels que "À bas la France", "À bas les tricolores français" ou encore "À bas Charlie Hebdo" étaient scandés par les protestataires, dont certains hurlaient également "Allah Akbar" (Dieu est grand).

"Nous n'accepterons pas que la chienlit s'installe"

Plusieurs manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre, dont deux 4 x 4 ont été brûlés. Des pneus en flammes ont aussi été jetés dans un commissariat à proximité de la Grande Mosquée, a constaté l'AFP. "On va tout casser. Nous protégeons notre prophète. Nous allons le défendre même au péril de notre sang", a déclaré un manifestant, une grosse pierre à la main.
Le rassemblement, initialement prévu à 10 heures (9 heures GMT), intervient au lendemain d'émeutes à Zinder, deuxième ville du Niger, qui ont fait 4 morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo. Le Centre culturel franco-nigérien a également été incendié et trois églises saccagées dans cette agglomération proche du nord du Nigeria. "Nous n'accepterons pas que la chienlit s'installe", avait averti vendredi soir le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou sur les ondes de la radio publique. "C'est ainsi qu'à Niamey, nous avons vu des gens passer un peu partout pour convoquer un rassemblement demain à la Grande Mosquée. Ce rassemblement est interdit et nous prendrons toutes les dispositions pour que force reste à la loi [...] partout sur le territoire", avait-il affirmé. Une position critiquée par un manifestant. "On a touché à notre prophète. On aurait dû nous laisser manifester notre mécontentement, quitte à nous faire encadrer par les forces de l'ordre", a-t-il dit, un caillou à la main.






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