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Nigeria - Les moto-taxis victimes de la lutte contre le terrorisme

le 14 Juin 2012 à 12:06 | Lu 587 fois

Au Nigeria, on ne plaisante pas avec les moto-taxis. Et même si le gouvernement invoque des raisons de sécurité, assez légitime, la colère des chauffeurs ne faiblit pas dans la ville de Jos au centre du pays.


Nigeria - Les moto-taxis victimes de la lutte contre le terrorisme
Le 12 juin, les autorités de la ville ont décidé d’interdire tous les véhicules motorisés à deux roues utilisés à des fins commerciales à Jos rapporte la BBC. Ce qui, un jour plus tard, a entraîné des violents affrontements entre moto-taximen et policiers.

L’objectif de cette interdiction? Eviter d’autres attaques terroristes comme celle du dimanche 10 juin contre une église de la ville qui a tué 3 personnes dont le kamikaze du groupe Boko Haram et blessée 40 autres. En fait cette attaque avait été perpétrée à l’aide d’une voiture.

Mais «les autorités craignent que les moto-taxis soient utilisés pour ce genre d’attaque», peut-on lire sur la BBC.

Du côté des chauffeurs de moto-taxis, un moyen de transport qui a envahi les villes nigériannes depuis plusieurs années, on ne comprend pas la décision qui a «détruit leur gagne-pain et ne leur offre aucune alternative d’emploi».

Ce n’est pas la première fois que les autorités de l’Etat du Plateau, où se situe la ville de Jos, tentent de bannir les moto-taxis de la capitale de l’Etat. Mais à chaque fois des manifestations et de violents affrontements ont eu lieu, les obligeant à faire marche arrière notamment en 2010.

Cette fois-ci, l’Etat a voulu faire les choses correctement. Comme l’explique le journal nigérian le Sun News, lors de la conférence de presse du 12 juin, le secrétaire d’état à l’Information, Abraham Yiliap a insisté sur le fait que l’interdiction n’était pas le fait du prince mais se reposait sur une loi votée par l’assemblée de l’Etat.

Pour pallier au manque de transport dans la ville qu’engendrera cette interdiction, plus de 120 nouveaux bus ainsi que 300 nouveaux taxis traditionnels sillonneront la ville.

Si les moto-taxis veulent continuer d’exercer ce métier, il leur faudra être enregistrées auprès des autorités compétentes de l’Etat.

L’objectif est donc aussi de reconstruire entièrement la politique des transports.

Pour l’instant ces arguments n’ont pas convaincus les moto-taximen. Pire, comme la plupart appartiennent à la communauté musulmane Haoussa, on craint que cette décision ne fasse qu’accentuer la division religieuse dans le pays.

Lu sur BBC