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Non respect de la parité: Doudou Ndir engage le bras de fer avec Touba

Doudou Ndir aura fort à faire pour amener Touba à se conformer à la loi électorale La liste d’investitures de Benno Bokk Yaakaar (BBY) pour la commune de Touba Mosquée continue de faire des vagues. Le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena) s’est fendu d’un communiqué relevant son principal manquement. Mais au-delà de la légalité ou non de celle-ci, Doudou Ndir, le président de la Cena, n’est-il pas en train de soulever la question du statut de la ville sainte de Touba ?


Rédigé par leral.net le Dimanche 11 Mai 2014 à 12:03 | | 13 commentaire(s)|

Non respect de la parité: Doudou Ndir engage le bras de fer avec Touba
La Commission électorale nationale autonome (Cena), n’a pas encore validé la liste Benno Bokk Yaakaar pour la commune de Touba Mosquée. Pour l’organe chargé de superviser et d’organiser les élections au Sénégal, cette liste présente un défaut notoire.

En effet, dans un communiqué largement relayé, la Cena explique que, «après avoir étudié le rapport de la Ceda de Mbacké et écouté le président de cette structure décentralisée ainsi que le membre de la Cena chargé de la supervision de la région de Diourbel et enfin, mené enquête, la Cena a constaté que la liste déposée n'a pas respecté la parité comme l'exige la loi». Seulement, après avoir fait ce constat ne souffrant d’aucune contestation, l’organe présidé par Doudou Ndir peut-il aller jusqu’au bout de sa logique ? Dans une autre contrée, ces questions ne se poseraient peut-être pas. A plusieurs reprises, l’organe s’est érigé en bouclier, sans jamais autant focaliser l’attention. Mais à Touba, il aura fort à faire.

D’ailleurs, une lecture plus approfondie du communiqué de Doudou Ndir et de ses collaborateurs renseigne que ceux-ci cherchent, dans cette affaire, à tirer leur épingle du jeu plutôt qu’autre chose. Pouvant, comme elle s’est autosaisie, s’appuyer sur les articles L6 et L13 du code électoral pour trancher définitivement, la Cena avertit et menace. En place depuis 2009, son président n’est pas sans savoir qu’une fois les listes rendues publiques, conformément à la loi, celle de Touba polariserait de curieuses observations. Mais, les rares critiques qui en découleraient leur seraient directement destinées. Donc, à défaut de trancher, Doudou Ndir et ses assesseurs en parlent mettant en exergue la loi dont aucune partie du Sénégal ne doit se soustraire. Cependant, après avoir laissé le Khalife choisir les investis de la liste de Touba Mosquée, il parait paradoxal de vouloir lui imposer la parité. Si Touba, fondé en 1887 par Cheikh Ahmadou Bamba, n’a pas encore de statut spécial, sa singularité n’est plus à démontrer. Boire de l’alcool, fumer, mettre de la musique à fond, pour ne prendre que ces exemples, y sont interdits et les contrevenants pouvant encourir à des peines de prison. Touba n’a jusqu’à ce jour aucune école française. Il y a peu, ses habitants ne payaient pas de facture d’eau ; les commerçants qui s’y établissaient étaient exonérés d’impôts. L’histoire convoquée dira que l’essentiel des infrastructures de la ville a été bâti grâce aux efforts de la communauté mouride. Arrivé au pouvoir, le président Macky Sall ne mettra pas longtemps pour faire du Magal un jour férié avec comme assaisonnements chômé et payé. Autant de particularités qui font dire à de nombreux Sénégalais que le statut spécial, la ville l’a déjà, de fait. Cet autre constat fait, il s’agissait, comme l’a fait remarquer Ndiaga Sylla, spécialiste des questions électorales, de singulariser totalement Touba dans le processus électoral, de ne pas se limiter à dire qu’il y aura une seule liste dont les membres sont choisis par le Khalife qui se retrouve du coup mêlé à la politique que beaucoup d’acteurs veulent politicienne.

Pour Ndiaga Sylla, il fallait faire avec Touba «comme cela a été le cas pour les Villes/Départements de Dakar, Pikine et Guédiawaye où il ne sera pas organisé d’élections départementales en vertu des dispositions particulières prévues à l’article 28 du Code général des collectivités locales.» En effet, dans cette affaire, les dés semblent être pipés depuis la promulgation par le chef de l’Etat de la loi 2014-18 portant Code électoral. En attendant de connaître le dénouement de cette affaire juridico-politico-religieuse, la Cena a porté tout haut ce que de nombreuses organisations féminines ont fustigé tout bas. Au-devant de la scène quant il s’est agi de voter la loi, les féministes deviennent aphones quant elle est égratignée. C’est sans doute, cette autre particularité de Touba qui aura certainement raison sur les velléités légalistes de la Cena.

Walfadjiri






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