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Non respect des engagements, réglement de comptes politiques par la loi : Les taches noires de la gestion de Macky Sall, selon Ibrahima Bakhoum

La rupture tant prônée par l'actuel régime depuis 2012 n'est que chimère, d'autant plus l'essentiel de ce qui a été promis n'est traduit en acte concret. C'est le constat fait par de nombreux observateurs au rang desquels le journaliste formateur, Ibrahima Bakhoum. Il a listé un certain nombre de taches noires dans le magistère en cours du Président Macky Sall, notamment la réduction de son mandat de 7 à 5 ans, l'encouragement de la transhumance, ainsi que l'absence de débats contradictoires au niveau des médias publics, sans oublier le règlement de compte politique par la loi. Ibrahima Bakhoum estime d'ailleurs que ce dernier point cité, ainsi que la sérieuse option de réduire l'opposition à sa plus simple expression, constituent les points nuls de sa gouvernance. Mais une position que l'administrateur de l'Alliance pour la République (Apr), Pape Maël Thiam est loin de partager. Pour lui, "il y a plus d'engagements respectés que de revendications non fondées"


Rédigé par leral.net le Mardi 2 Août 2016 à 15:57 | | 1 commentaire(s)|

Des taches noires dans la gestion de l'actuel régime en général, et en particulier dans les actes posés par le chef de l'État, Macky Sall depuis son accession à la magistrature suprême, il en existe vraiment. Et, ce n'est pas le journaliste formateur, Ibrahima Bakhoum, qui dira le contraire, après avoir livré une longue liste des actes posés par le régime en place, susceptibles de ternir l'image du chef de l'État.

M. Bakhoum pense, en effet, que le non respect de certains engagements pris par Macky Sall peut contribuer à écorner son image. Il s'agit tout d'abord, selon lui, de la réduction du mandat de 7 à 5 ans, réitérée à divers occasions et pendant 4 ans.

Selon lui, les populations auraient compris s'il avait soumis le projet de réduction de son mandat au Conseil Constitutionnel dès les premières heures de son magistère. L'autre engagement non respecté, est la réduction du train de vie de l'État. Pour cela, poursuit-il, des agences ont été supprimées, tout comme le Senat, qualifié de budgétivore.

Hélas, s'est-il désolé, "il y a le Haut conseil des collectivités locales qui a été mis en place". Toujours dans la liste des points noirs de Macky Sall, M. Bakhoum rappelle "qu'il (Macky) avait promis d'avoir 25 ministres, mais personne ne peut te dire aujourd'hui combien ils sont".

Toujours dans le lot des engagements non respectés, le journaliste formateur pense qu'il convient d'y adjoindre le manque de transparence dans la gestion des fonds publics. A titre d'exemple, il a fait cas des dossiers cités par la Société civile, notamment les affaires Pétro Tim, Arcelor Mittal, Bictogo, entre autres. A cela s'ajoute, selon lui, "l'intrusion de la famille présidentielle et la belle famille dans la gestion de l'État".

M. Bakhoum estime en outre que, contrairement à ce qu'il avait promis, Macky Sall encourage la transhumance, prétextant inviter tous ceux qui veulent travailler pour le Sénégal. Même s'il admet que la pratique ne date pas d'aujourd'hui, mais plutôt depuis le règne de Senghor, il pense, en effet, que "le maintien du rôle prépondérant de l'argent dans la politique tonifie la transhumance".

D'ailleurs, parlant de cette "mauvaise pratique politique", il soutient que "le fait de favoriser la transhumance, pour réduire l'opposition à sa plus simple expression, est d'une nullité extrêmement absolue". A cette volonté manifeste d'affaiblir l'opposition s'y ajoute le recule de l'accès aux médias publics, surtout la télévision, déplore-t-il.

Pour lui, "la disparition de discours contradictoires dans les médias publics, surtout la télévision, car la radio fait des efforts, c'est un recule démocratique". Pis, fait-il remarquer, il y a "la frilosité à la critique du gouvernement de Macky Sall".

Plus grave, poursuit le formateur en journalisme, "l'instrumentalisation de la justice pour des règlements de compte politique". En effet, il croit dur comme fer que "les règlements de comptes politiques, en utilisant la loi pour combattre ses adversaires, sont complètement nuls".

Il suppose en réalité "qu'en démocratie, c'est complètement nul de travailler systématiquement à affaiblir son opposition". De ce fait, il considère l'engagement pris par le président de la République, "celle de réduire l'opposition à sa plus simple expression, est antidémocratique".

Maël Thiam botte en touche

L'administrateur de l'Alliance pour la République (Apr), Pape Maël Thiam, est foncièrement contre ce que certains considèrent comme étant les taches noires de la gestion en cours du chef de l'État, Macky Sall et son régime, notamment le non respect de ses engagements.

Pour lui, il y a, en effet, beaucoup plus d'engagements respectés que de "revendications non fondées". Il a cité, entre autres, la réduction du train de vie de l'État, des denrées de première nécessité, la valorisation des salaires, ainsi que le rehaussement de la diplomatie sénégalaise.

"Je pense que le chef de l'État a plus que respecter ses engagements". Cet avis est de l'administrateur de l'Alliance pour la République (Apr), Pape Maël Thiam. En effet, ce dernier a botté en touche les aspects considérés comme les "taches noires", qui pourraient ternir l'image du chef de l'État.

A son avis, "il y a beaucoup plus de réalisations d'engagements qui ont été pris que de petites poignées de revendications non fondées et qui n'ont de sens que pour ternir la position d'un parti en croissance exponentielle". Pour preuve, M. Thiam trouve que la réduction du train de vie de l'État est une réalité.

Il a ainsi cité l'économie de 8 milliards réalisée sur le téléphone, les 12 milliards économisés sur le logement, ainsi que la suppression des voyages en première place, sans oublier la réduction de la facture d'eau. Autant de choses qui lui font dire que, "maintenant, si vous me dites que tout ceci est absorbé par la création du Haut conseil des collectivités locales, je serais d'accord avec vous".

Réfutant, en outre, l'argument selon lequel le chef de l'État n'a pas respecté ses engagements, l'administrateur du parti au pouvoir a cité la réduction des denrées de première nécessité, le renoncement de la fiscalité sur les salaires, qui a coûté à l'État 27 milliards, dit-il.

Pour lui, ces engagements respectés intéressent directement les Sénégalais, dans la mesure où ils se traduisent par la hausse du pouvoir d'achat des populations. Autres promesses respectées, selon lui, le rehaussement de la pension de retraite.

Mieux, poursuit-il, "aujourd'hui, il y a 4.000 tracteurs qui sont en train d'être distribués. Pour les intrants agricoles en termes de semences, on est parti de 6.000 tonnes de semences certifiées à 24.000 tonnes de semences certifiées, en 3 ans".

Comme autre réalisation brandie par Maël Thiam, c'est l'argent injecté dans l'éducation nationale. Pour lui, "en 3 ans, il y a eu 300 milliards d'investissements en termes d'infrastructures, alors que depuis 1960 jusqu'en 2012, il y en avait que 150". Il y a aussi la carte d'égalité des chances, octroyée aux personnes vivantes avec un handicap, exhibée comme un des engagements respectés par Macky Sall.

Sur un tout autre registre, notamment au plan diplomatique, M. Thiam pense, en effet que le président de la République a outrepassé ses promesses. Il soutient que Macky Sall a rehaussé la position du Sénégal. Ce qui nous vaut, selon lui, "d'être membre du Conseil de sécurité", "d'avoir la visite exceptionnelle du Président des États unis, tout comme les multiples fonctions qu'occupe notre président de la République au niveau régional comme sous-régional".

Par rapport au manque de débats contradictoires au niveau de la télévision nationale, il est d'avis que ce n'est pas "un problème qui est spécifique à l'Apr". Toutefois, il pense que personne ne veut aller débattre des vraies questions qui intéressent les Sénégalais.

A ceux qui continuent de soutenir mordicus que le chef de l'État n'a pas respecté ses engagements, Maël Thiam de dire : "que voulez-vous que je dise d'une personne qui, à 10h, au milieu du désert, dit ne pas voir le soleil, si ce n'est lui conseillé une consultation ophtalmologique !".

Sud Quotidien






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