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Nouvel espoir pour le condamné à mort Skinner

le 21 Juin 2012 à 13:13 | Lu 411 fois

Une cour d'appel du Texas a ouvert la voie mercredi à la conduite de tests ADN réclamés depuis plus de dix ans par le prisonnier. Celui-ci affirme que ces analyses l'innocenteraient.


Nouvel espoir pour le condamné à mort Skinner
Le combat du condamné à mort américain Hank Skinner pour prouver son innocence connaît une avancée. Une cour d'appel du Texas a ouvert la voie mercredi à la conduite de tests ADN réclamés depuis douze ans par le prisonnier, accusé d'avoir tué en 1993 sa compagne d'alors et les deux fils de celles-ci. Hank Skinner, qui est aujourd'hui marié à une Française, Sandrine Ageorges-Skinner, assure que ces analyses l'innocenteraient.

Selon un document judiciaire obtenu par l'AFP, la cour d'appel, saisie la semaine dernière d'une demande conjointe de l'État du Texas et de la défense de Skinner pour conduire ces tests, a renvoyé l'affaire devant la justice inférieure - soit le juge de première instance - «en sachant que les parties y déposeront leur demande d'analyses ADN». Dans le couloir de la mort depuis seize ans, le condamné réclamait depuis 2000 que des tests ADN soient réalisés sur des éléments de preuve qui n'ont jamais été analysés. Une première étape en ce sens a été franchie la semaine dernière par sa défense, lorsque l'État du Texas a signé une demande conjointe pour que les tests soient conduits sur une liste de quarante pièces à conviction, parmi lesquelles des prélèvements vaginaux, d'ongles, de cheveux, de taches de sang, des couteaux et un torchon.

Le processus pourrait toutefois prendre encore plusieurs semaines après que le juge de première instance aura ordonné, sans doute d'ici quelques jours, de procéder aux tests. Toutes les preuves figurant sur la liste seront alors réunies dans les cinq jours au laboratoire où les parties pourront les examiner au cours des dix jours qui suivront, avant de faire procéder aux analyses génétiques.

Disparation «d'une veste coupe-vent ramassée sur la scène du crime»
Si l'avocat de Skinner, Rob Owen, s'est félicité de cet accord, il a aussi déploré «un sujet de grande préoccupation»: la disparition «d'une veste coupe-vent ramassée sur la scène du crime». «Il apparaît qu'aucune analyse ADN ne sera menée sur ce qui est peut-être l'élément matériel clé ramassé par la police sur la scène du crime, à savoir une veste coupe-vent d'homme tachée de sang et de transpiration trouvée près du corps» d'une des victimes, s'est-il alarmé.

Henry «Hank» Skinner, 49 ans, a été condamné à la peine capitale en 1995 pour les meurtres, le soir du Nouvel An 1993 à Pampa (Texas), de sa compagne, battue à mort, et des deux fils de celle-ci, poignardés. Il n'a jamais nié avoir été sur les lieux du crime, mais affirme avoir ingurgité un cocktail de médicaments et de vodka qui le mettait dans l'incapacité de commettre ce triple meurtre. «Depuis le premier jour de son combat pour des tests ADN, M. Skinner insiste pour que cette veste soit testée, car elle pourrait avoir été portée par l'agresseur», explique Me Owen. Et d'ajouter: Elle a été identifiée par un témoin comme étant portée par l'oncle de la jeune femme, qui «a été vu la traquant à une soirée peu avant sa mort».

La justice avait toujours refusé jusqu'ici d'accorder ces tests ADN, estimant que c'était de la responsabilité du condamné si ceux-ci n'avaient pas été réalisés au moment du procès en 1995. En 2003, elle avait jugé que Hank Skinner n'avait pas réussi à prouver que de nouvelles analyses l'innocenteraient. En novembre 2011, Skinner s'était vu accorder un sursis 48 heures avant le moment prévu pour son exécution. Selon l'accord, aucune nouvelle date d'exécution ne sera programmée avant au moins trente jours après la conclusion des tests.


Par lefigaro.fr


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