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Nouvelles turbulences au sein du Vatican

le 26 Mai 2012 à 09:01 | Lu 1195 fois

Le Vatican a annoncé vendredi l'arrestation d'une personne en possession de documents confidentiels, dans le cadre d'une enquête sur des fuites. Et ce alors que le banquier du Pape a été limogé, la veille.


Nouvelles turbulences au sein du Vatican
Une personne a été arrêtée au Vatican en possession illégale de documents secrets, dans le cadre d'une enquête de la gendarmerie vaticane sur une série de fuites embarrassantes, a annoncé vendredi le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège.

Interrogé par les journalistes, ce père jésuite a indiqué que «l'enquête lancée par la gendarmerie vaticane selon les instructions de la commission des cardinaux et sous la direction du promoteur de justice du Vatican (procureur) a permis de localiser une personne en possession illégale de documents confidentiels».

«Cette personne se trouve actuellement à la disposition de la magistrature vaticane pour des approfondissements ultérieurs», a-t-il précisé. Le père Lombardi n'a donné aucune précision sur l'identité, la fonction de cette personne et la date de l'interpellation.

Depuis janvier, des documents confidentiels contenant des accusations de corruption dans la gestion du Vatican, dans l'application des règlements antiblanchiment de sa banque et, dernièrement, sur un prétendu complot contre le Pape avaient fait la une des journaux italiens.

Démission du président de la Banque du Vatican
Jeudi déjà, Ettore Gotti Tedeschi (67 ans) a été brutalement démis de ses fonctions de président de l'Institut pour les œuvres de religion (IOR), aussi connu sous le nom de banque du Vatican.

Ce catholique fervent, membre de l'Opus Dei, avait été appelé en septembre 2009 pour mettre de l'ordre dans cet établissement fondé en 1942 et dont la gestion a été entachée de divers scandales au fil des ans. Notamment, en 1982, avec son implication dans les malversations financières de Roberto Calvi, le président du Banco Ambrosiano.

Au terme d'une réunion mouvementée du conseil de l'IOR, le Vatican a publié un communiqué laconique indiquant que le président avait été «démis de ces fonctions à l'issue d'un vote à l'unanimité». Les membres de la banque du Vatican se disent «attristés par cette décision», mais elle s'avère nécessaire «pour maintenir la vitalité de l'Institut».

Le Conseil va maintenant rechercher un nouveau président «qui aide à reprendre des relations efficaces entre l'IOR et les institutions financières basées sur le respect des standards bancaires reconnus au niveau international».

Il faut remonter à 2010 pour comprendre la gravité de cette crise. À cette époque, la magistrature italienne avait gelé deux comptes d'une filiale italienne de l'IOR sur lesquels étaient déposés 23 millions d'euros. Ettore Gotti Tedeschi et son directeur général Paolo Cipriani avaient été mis en examen pour violation d'une loi antiblanchiment. Ils se voyaient reprocher de mystérieux mouvements sur ces deux comptes.

Transparence et rigueur, deux priorités
Depuis quelque temps, les relations sont devenues difficiles entre le président de l'IOR et le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État du Saint-Siège et numéro deux dans la hiérarchie catholique. Or, Benoit XVI fait de la transparence et de la rigueur une de ses priorités. Le 30 décembre 2010, il a créé une Autorité financière pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, afin de mettre les lois du Vatican en conformité avec le droit international.

La présidence d'Ettore Gotti Tedeschi semble avoir été maculée de négligences. L'an dernier, Mgr Carlo Maria Vigano, ancien secrétaire d'État du gouvernorat du Vatican et nonce apostolique à Washington, avait écrit au Pape pour dénoncer des «cas de gabegie et de corruption» au sein de son administration. Des documents réservés ont filtré ces derniers mois dans la presse italienne, certains affirmant que le président de l'IOR en était l'auteur.



Par Richard Heuzé