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ONU: Antonio Guterres en passe de succéder à Ban Ki-moon

Rédigé par Massene Diop le 6 Octobre 2016 à 00:31 | Lu 468 fois

Antonio Guterres. REUTERS/Denis Balibouse/File photo
Antonio Guterres. REUTERS/Denis Balibouse/File photo

Le prochain secrétaire général des Nations unies pourrait être élu dès ce jeudi. Sauf coup de théâtre, il s'agira du Portugais Antonio Guterres. Il succèdera donc au Coréen Ban Ki-moon au 1er janvier prochain. Cet ancien Premier ministre portugais a dirigé le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.
 
Ces dernières semaines, le Portugais avait fait la course en tête, parmi les dix candidats en lice pour succéder à Ban Ki-moon l'année prochaine. Ce mercredi, aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies n'a bloqué la candidature de l'ancien Premier ministre. Ce jeudi, il devrait donc être formellement désigné par acclamation pour effectuer un mandat de cinq ans à la tête de l'ONU.
 
L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, qui dirige le Conseil de sécurité en ce mois d'octobre, a déclaré à des reporters à l'issue du vote qu'Antonio Guterres était « clairement le favori ». Le diplomate russe a annoncé un vote formel du Conseil jeudi pour confirmer le choix du candidat, ajoutant qu'il s'attendait à ce que la sélection se fasse « par acclamation ».
 
Une intégrité incontestée au Portugal
 
Antonio Guterres est un homme discret, affable, cultivé, décrit notre correspondante à Lisbonne Marie-Line Darcy. Il compense sa timidité par une extrême implication. Cet ingénieur de formation est socialiste et catholique pratiquant. L’expression chrétien de gauche pourrait presque avoir a été inventée pour lui. Lui se décrit comme « un homme d'action ».
 
Guterres a commencé sa carrière politique en 1972, avant la fin du régime dictatorial de Salazar. Il a été député durant dix-sept ans, avant de devenir secrétaire général du Parti socialiste. La victoire du parti aux législatives de 1995 propulse Guterres au faîte de la politique. Cet homme de conviction préfèrera démissionner après six ans comme chef du gouvernement, à la suite d’élections municipales perdues par son parti. Malgré la surprise, l’homme y gagne une réputation d’intégrité jamais démentie. Il préside alors l'Internationale socialiste.
 
En 2005, Antonio Guterres est nommé à la tête du Haut Cmmissariat pour les réfugiés. Il reste une décennie alors que surgissent de graves conflits au Yémen, en République centrafricaine, en Irak et puis en Syrie. Le nombre de réfugiés explose, notamment sur le pourtour méditerranéen.
 
Au Portugal, son courage et son intégrité font l’unanimité, à droite comme à gauche. C’est le meilleur d’entre nous, a dit le président de la République Marcelo Rebelo de Sousa, c’est le meilleur pour l’ONU, a renchéri Antonio Costa, l’actuel Premier ministre.
 
« Très efficace »
 
« Nous souhaitons tout le bien à M. Guterres en s'acquittant de ses devoirs de secrétaire général des Nations unies ces cinq prochaines années », a ajouté Vitali Tchourkine.
 
« C'est une excellente nouvelle, sur la méthode et sur le fond, pour les Nations unies », a souligné l'ambassadeur français, François Delattre. Son collègue britannique Matthew Rycroft a estimé lui que M. Guterres fera « un secrétaire général très fort, très efficace », l'ambassadrice américaine Samantha Power mettant en avant l'expérience et la vision du diplomate portugais.
 
SOURCE RFI.FR