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Obama et Romney se disputent le soutien de Hollywood

le 6 Août 2012 à 11:10 | Lu 499 fois

Clint Eastwood s'est engagé ce week-end en faveur du candidat républicain, dont il loue le « charme » et le « leadership ».


Obama et Romney se disputent le soutien de Hollywood
New York

A chacun sa star. Barack Obama a George Clooney, Clint Eastwood roule désormais pour Mitt Romney. Mais dans la course au soutien de Hollywood, le démocrate bat à plates coutures son adversaire républicain. Et le candidat qui, mieux que personne, a su jouer du ­soutien des célébrités en 2008, demande aux stars de faire plus que de la simple figuration.

L'engagement de Clint Eastwood pour Mitt Romney n'est pas une surprise. «L'Inspecteur Harry» vote républicain depuis Dwight Eisenhower. Le cinéaste s'est rallié à Mitt Romney vendredi lors d'une collecte de fonds organisée à Sun Valley dans l'Idaho. «Notre pays a besoin d'un coup d'accélérateur», a expliqué l'acteur-réalisateur de 82 ans, louant le «charme» et le «leadership» du candidat mormon tout en critiquant indirectement Barack Obama. Le président, selon lui, met dos-à-dos «ceux qui paient des impôts et ceux qui n'en paient pas».

Machine à propagande
Charlie Chaplin, Frank Sinatra, Barbra Streisand… Hollywood entretient depuis toujours des relations étroites avec la politique. Mais cette formidable machine à propagande est largement acquise à la cause démocrate. Cette année encore, la liste des soutiens hollywoodiens de Mitt Romney fait pâle figure à côté de celle de Barack Obama. Le magazine Forbes a fait le décompte des seuls clips de célébrités diffusés sur YouTube: 15 pour le président, 0 pour le gouverneur du Massachusetts. Côté Obama, s'affichent Brad Pitt, Angelina Jolie malgré une certaine déception, l'héroïne de Desperate Housewives Eva Longoria, la chanteuse Beyoncé, le roi du hip-hop Jay-Z, Robert De Niro, Spike Lee, Salma Hayek, Ricky Martin, Steven Spielberg, Sarah Jessica Parker et nombre d'acteurs qui n'avaient pas pris part à la campagne de 2008, comme Jane Lynch et Hilary Duff.

En face, on trouve des rockers, des chanteurs de musique country et autres défenseurs du droit au port d'armes, comme Chuck Norris et Jon Voigt. Également ralliés à la cause de Mitt Romney: Ted Nugent, Kid Rock, ou encore Gene Simmon, bassiste du groupe Kiss, pour lequel «l'Amérique est un business et devrait être dirigée par un businessman».

Mais hormis le milliardaire et champion de la téléréalité Donald Trump, peu d'entre eux figurent sur la liste des donateurs de Mitt Romney. Sûrement pensent-ils que le multimillionnaire n'a pas besoin de leur aide. Ils n'ont pas tort. Le candidat républicain peut compter sur la générosité des grands patrons d'entreprises et de Wall Street. D'après le Center for Responsive Politics, il a déjà collecté trois fois plus de fonds dans le secteur de la finance que Barack Obama. Plus dépendant de Hollywood qu'en 2008, le président a, lui, reçu sept fois plus de dons de l'industrie que son rival. Dès l'an dernier, son équipe de campagne avait fait passer le message. En 2012, Hollywood devrait lui servir de rempart contre le déluge d'argent déversé par des milliardaires comme les frères Koch ou le roi des casinos, Adelson Sheldon dans les Super-Pac. Les contributions de Hollywood à sa campagne dépassent largement celles de 2008.

«Créér le buzz»
Comme à l'époque, Barack Obama attend des stars qu'elles mettent la main à la pâte pour financer sa campagne - Morgan Freeman a donné un million de dollars. Mais cette année, elles doivent aussi mobiliser les électeurs indécis et démotivés. Il s'agit d'une véritable petite armée. La plupart des «petits soldats» d'Obama organisent des levées de fonds, pratique ancrée dès l'enfance dans la culture américaine. Au sommet, les bundlers, comme le producteur Harvey Weinstein, se sont engagés à récolter un demi-million de dollars chacun. Les «ambassadeurs» organisent des meetings avec les électeurs sur des thèmes précis. Chacun sa cible: les femmes pour Caroline Kennedy, les Latinos pour Eva Longoria, la communauté gay pour les chanteurs Ricky Martin et Marc Anthony. D'autres vont à la chasse aux électeurs dans la poignée d'États pivots qui vont déterminer le résultat de l'élection, comme s'apprête à le faire James Taylor lors d'une tournée folk-rock à travers 18 villes particulièrement disputées.

Cette année, enfin, l'équipe du président a une nouvelle catégorie: les espoirs de Hollywood chargés de recruter les jeunes. «Ce n'est pas juste l'argent levé par quelqu'un comme George Clooney qui compte, c'est aussi le buzz créé dans les réseaux sociaux et les efforts pour mobiliser, sur des sujets qui leur tiennent à cœur, ceux qui ne votent pas», expliquait en mai sur CNN Steve Ross, auteur de «Comment les stars de cinéma influencent la politique».


Par Adèle Smith