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Opportunité et Priorité : Une logique de déconstruction des appareils s’impose - Par Gorgui Diop

J'ai bien envie de comprendre, en tant que citoyen, en tant que quelqu'un qui ne cesse quotidiennement d'observer l'atmosphère politico-sociale du Sénégal. J'ai bien envie de comprendre pour quelqu'un qui ne cesse de dénoncer les manquements de la part de nos institutions, de pointer du doigt les dérives de ceux qui incarnent nos institutions ? J'ai envie de comprendre, pour quelqu'un qui aimerait que les sénégalais soient avertis, par rapport à tout ce qui se trame, contre eux, tout ce qui rame à contre-courant de l'intérêt général. J'ai envie de comprendre, cette jeunesse, ces intellectuels, ces analystes, ces contributeurs, ces spécialistes en tout, ces journalistes-sentinelles. J'ai bien envie de comprendre si réellement, ils arrivent à travailler, pour faire comprendre aux sénégalais, le sens de l'opportunité, et l'orientation prioritaire (la priorité des actions).


Rédigé par leral.net le Mardi 25 Mars 2014 à 09:00 | | 3 commentaire(s)|

Opportunité et Priorité : Une logique de déconstruction des appareils s’impose - Par Gorgui Diop
Je fais ces interrogations, parce que j'ai vu deux choses, deux délits, deux bêtises orchestrées par le régime libéral de l'époque: le scandale sur le remède du Sida (un dossier porté par Jack DIOP au niveau de la presse), et le dossier de l'ambassade de Turquie sur notre corniche Ouest de la Capitale Dakar. Deux grands sujets du moment, qui ne doivent pas échapper à la vigilance des sénégalais ! Deux grands sujets, sur lesquels l’Etat sénégalais, doit fournir des explications claires, non commandités par l’exécutif-partisan, mais l’exécutif au vrai sens du terme. Cela pose encore une fois la question de l’indépendance de la justice sénégalaise, des magistrats qui ne profitent jamais de telles opportunités pour se faire une indépendance. Une honte devrais-je dire !

Pour le premier dossier, je ne vois toujours pas une mobilisation citoyenne, ni un travail de Titan se produire, pour que les sénégalais puissent comprendre de quoi il s’agit, vraiment, alors que c'est de notre devoir de construire une dynamique citoyenne (la forme est à définir) que nos dirigeants respecteront sans doute.

Avons-nous trouvé que ce dossier est compliqué ? Nous sommes-nous interrogés, sur les enjeux considérables qui définissent ce dossier ? Sommes nous prêts à élaborer une synergie qui va questionner de bout en bout, le management de ce dossier (avec bien sûr les institutionnels et les spécialistes de la santé, qui ont eu à mettre la main sur ce dossier) ? Avons-nous peur de s’engager et de comprendre la chaine de décisions qui a mis une si grande découverte à l’écart ? Ou de vouloir faire disparaitre cette découverte et ses auteurs ? Faisons-nous partie de gens qui pensent que la médecine traditionnelle, africaine de surcroit, ne peut pas proposer un remède contre le SIDA ? Sommes-nous prêts à mener une randonnée citoyenne « Touche pas à mon Remède contre le SIDA » ?

Pourquoi pas un grand rassemblement citoyen au niveau du « Grand Théâtre », qui va communiquer et questionner ce dossier ? Qu’est-ce qu’on est prêt à proposer, concrètement pour ce dossier « Remède contre le SIDA » ?
A part des post et des vidéos balancées sur les réseaux sociaux, je n’ai pas vu ou entendu, une réelle interrogation de la société civile, une vraie analyse servie par les sentinelles, par rapport à ce dossier. Des gens, ont surement des idées qui vont permettre de comprendre, ce qu’est un remède contre le Sida, les enjeux que peut soulever un tel dossier, mais n’ont pas encore trouvé le cadre, qui pourrait porter leurs contributions et répondre à leurs profondes interrogations.

Seule la 2sTV a osé, interroger clairement ce dossier, en donnant à Jacques DIOP l'opportunité d'expliquer (même si des détails nous échappent), la configuration complexe du dossier. Et je me dis que, la presse sénégalaise, est en train de perdre l’opportunité d’asseoir sa crédibilité, en ne posant pas un vrai débat, accompagné des sentinelles de la République, pour que les politiques comprennent, que les choses ont changé, malgré les pressions qu’ils reçoivent de la par de l’occident. La priorité est identifiée, il nous faut travailler, un vrai esprit nationaliste, pour accompagner ces administrateurs, ces politiciens, ces magistrats, ces fonctionnaires. Et travailler un esprit nationaliste ce n’est pas protester, ou revendiquer, à tout bout de champ, et suivre les opportunités de certains groupes en quête de notoriété.

Il faut construire une vraie pensée holistique, autour de nos revendications et attentes. Montrer le chemin à prendre à ces administrateurs. Nous ne devons pas les gêner, mais aussi, nous ne pouvons pas ne pas les orienter, quant à la définition des actes prioritaires, pour une justice sociale, pour la bonne tenue de nos institutions, pour le marquage des frontières entre intérêt politique (très souvent maquillé par une logique perverse) et intérêt général.

Pour le second dossier, concernant l’érection d'une ambassade turque au niveau de la corniche-ouest, la mobilisation a été vite pensée, et s’est mise en exécution ce week-end. Mais il faut le dire, il y a un enjeu politique majeur, une manipulation, et une bataille d'opportunité entre le Maire de Dakar et le Palais.

Khalifa Sall, pour désengorger la voie publique, au niveau des grandes artères de Dakar, il n’a pas essayé d’organiser une mobilisation citoyenne autour de lui, il a mis à contribution la Police, qui use toujours de la force, pour contraindre des sénégalais démunis, à s’exécuter (avec pour la plupart de ces interventions policières des bavures regrettables). Là non plus, sentinelles que nous sommes, nous n’avons pas trouvé l’opportunité de se jeter sur une vraie médiation urbaine, en organisant « un marathon citoyen », pour faire comprendre à ces mairies que l’usage de la force, doit toujours être la dernière chose à penser, pour régler un conflit. Et en même temps, proposer une pédagogie aux milliers de « marchands ambulants », en ce qui concerne l’occupation illégale de la voie publique.

En parallèle, les nostalgiques des marches populaires, frustrés, déçus des deux premières années de la Dynastie Faye-Sall, ont trouvé une opportunité de marcher, avec l’érection de ce « mur de la honte ». Mais rien ne doit nous empêcher de servir une logique prioritaire, dans ces genres de combat. Il nous faut éviter de procéder par à-coups, de façon désordonnée.

Je suis tout à fait d’accord, pour qu’on se mobilise, surtout quand notre domaine maritime est menacé par des projets qui n’épousent en aucune manière l’intérêt de la nation sénégalaise. Cependant, je trouve désolant, le fait que des gens qui se disent sentinelles, soient toujours enrôlés, manipulés par des manœuvres électoralistes, politiciennes, de la part de politiciens. Je pense que, pour la semaine prochaine, ils se mobiliseront, et feront face, à l’avancée de la mer, vers notre littoral, aussi bien sur la grande côte, que sur la petite côte. Peut être qu’à partir de ce « mouvement pour la défense du littoral », les sénégalais ont une opportunité d’engager un raisonnement holistique, pour lutter contre ces menaces qui prolifèrent au niveau de notre domaine maritime.

Le Sénégal n’a pas encore une société civile, capable de mener une vraie bataille pour la réforme des institutions, pour la moralisation des choses publiques. Et je trouve cela désolant.

Khalifa Sall est en train de construire son image. Une grande majorité de la population dakaroise lui reconnait, un homme ambitieux, mais nous en tant que sentinelles, nous devons interroger, à chaque fois les opportunités aussi bien positives que perverses des uns et des autres, chose qui nous évitera, sans doute, dans l’avenir, la déception, quant à la conscience de ceux qui seront toujours des chasseurs d’opportunité. Le 23 Juin en est la parfaite illustration. Le Mouvement M23, est l’exemple parfait, qui a servi aux chasseurs d’opportunité (avec une conscience perverse) de se faire une notoriété.

Etre sentinelle, ce n’est pas toujours protester, mais savoir mettre en débat, les grandes questions publiques, savoir détecter et éviter les pièges, de ces politiciens, qui sont en permanence, dans la formulation d’une conscience perverse : tromper pour mieux se positionner, sans état d’âme. Etre sentinelle, demande beaucoup de vigilance. Il nous faut être très lucide et très vigilant, par rapport à ces grands questionnements que la vie publique nous propose au quotidien.

Nous devons travailler de sorte que les sénégalais ne suivent plus les appareils, à plus forte raison les accords d'appareils. Déjà si on analyse bien les choses, nous constaterons que leur seule logique dorénavant est leur vie quotidienne et c'est peut-être le moment pour nous sentinelles de de sortir complètement de l’ombre en leur parlant de leur vie tout simplement et des solutions franchement toutes simples et logiques à leurs préoccupations.

Il faut que les gens s'engagent dans une voie de déconstruction des logiques « appareillistes ». Le moment est venu de refuser de servir les politiciens. Ils ont trouvé en nous, un terrain de chasse ou une zone de pêche; ils ont réussi à faire capoter toutes les dynamiques d’intérêt général, depuis les indépendances. Les plus célèbres qui se disaient membres de la société civile, se sont éclipsés, se sont perdus voire vendus, et servent dorénavant, sans scrupule, les consciences perverses des hommes d’appareil.

Jusqu’à présent aucune proposition crédible, capable d’orienter des logiques positives, rendant fortes nos institutions n’a été élaborée par la société civile (universitaires, penseurs, chroniqueurs, associations etc). Le constat révèle toujours, une quête de notoriété et une chasse d’opportunité qui répondent toujours à des stratégies de survie.

Offrons des opportunités, de sortie de crise aux sénégalais, nous qui avons décidé d’être des sentinelles, et engageons nous avec une logique prioritaire. Nous devons libérer notre conscience par rapport, à toutes ces dérives, de la part de cette minorité perverse, qui plombe nos institutions, et qui pollue la place publique.

Gorgui Diop







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