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Ousmane Ngom De quoi a peur notre Gorgui national pour subitement flancher à la plus petite pression ? La question se pose, vu les cafouillages monstres auxquels on a assisté hier. Alors qu’on croyait le gouvernement définitivement ficelé, voilà que


Balla Gaye 2 est aux anges. Sa très belle victoire acquise aux dépens d’un monument de la lutte avec frappe l’a remis sur les rails et lui a redonné le sourire après une défaite, contre Eumeu Sène, venu à un mauvais moment de sa carrière. Aujourd’hui, le Lion de Guédiawaye savoure son succès et dresse ses griffes à l’endroit de tous ceux qui oseraient se mettre sur son chemin… “royal”. C’est sans détours que se confie l’enfant de la Casamance, terre de ses origines, de Keur Massar (où il a passé la nuit), gîte de son père, Double Less, avec qui tous les malentendus sont désormais à ranger aux rayons des oubliettes, et surtout de Guédiawaye, son fief. Entretien.


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Mai 2009 à 20:18 | | 0 commentaire(s)|

Ousmane Ngom  De quoi a peur notre Gorgui national pour subitement flancher à la plus petite pression ? La question se pose, vu les cafouillages monstres auxquels on a assisté hier. Alors qu’on croyait le gouvernement définitivement ficelé, voilà que
Balla Gaye, vous venez de terrasser un monument de l’arène, qui prend sa retraite par la même occasion. Quel est le sentiment qui vous anime après une telle performance ?

Avoir battu Moustapha Guèye ne peut que me procurer un immense plaisir, tout simplement parce qu’il représente beaucoup de choses dans le monde de la lutte pour tout ce qu’il a accompli. C’est un lutteur complet, technique, véloce… Tout le monde est d’accord sur le fait que son talent dépasse l’entendement. Donc, je ne peux que me réjouir de ma performance, d’autant plus que je l’ai battu d’une manière très propre. Je pense qu’il n’a jamais essuyé une telle défaite de sa riche carrière. Je peux m’enorgueillir d’avoir battu un des plus grands lutteurs de l’histoire de l’arène d’une façon unique en son genre. On ne l’a jamais vaincu de la sorte. Cela me comble de bonheur.

On imagine que la préparation d’un tel combat a dû être spéciale, d’autant plus que vous sortez d’une défaite. N’est-ce pas ?

J’ai très bien préparé ce combat contre Moustapha Guèye. C’était un combat qui me tenait particulièrement à cœur. D’abord, parce que je devais redonner le sourire aux milliers de supporters qui sont derrière moi, qui m’ont montré, malgré ma dernière défaite, qu’ils me soutiennent aujourd’hui plus que jamais. Je me devais de les faire honneur. C’est pourquoi, je n’ai lésiné sur aucun moyen. Je m’étais préparé en conséquence, aussi bien sur le plan physique, technique, psychologique… Avec mon encadrement, aucun aspect n’a été ménagé. J’étais venu pour la victoire, pas pour autre chose. Et je remercie Dieu de me l’avoir accordée.

Vous vous réhabilitez après ce combat, surtout que vous sortiez d’une défaite. Quels sont les adversaires que vous avez, désormais, en ligne de mire ?

Cherchez-vous une revanche contre celui qui vous a battu, lorgnez-vous ceux qui sont devant ou plutôt ceux de votre catégorie ?

J’ai mon encadrement qui s’occupe de toutes ces questions. Mon rôle se limite aux entraînements et aux combats. Le reste, ce n’est pas moi qui m’en occupe. Je ne gère pas tout cela. Si mon encadrement me demandait de descendre dans l’arène demain, je le ferais. Si un combat était monté demain, je serais prêt à lutter. Il n’y a aucun souci là-dessus. Je ne suis là que pour faire plaisir à tous les gens qui m’aiment et à gagner ma vie à travers la lutte.

Modou Lô vous avait publiquement défié lors de votre combat contre Eumeu Sène. Votre face-à-face avec lui est de plus en plus demandé par les amateurs. Que répondez-vous face à cette requête ?

Je suis prêt à affronter tout lutteur susceptible d’être un adversaire. Je ne fais de fixation sur aucun lutteur. Ce n’est pas moi qui monte les combats. Mais, je suis prêt à faire face à tous les lutteurs qui sont de potentiels adversaires. Je le dis et je le répète, je n’écarte personne à part ceux que je ne peux logiquement pas affronter (les membres de son écurie et son ami Lac de Guiers 2 : Ndlr). Comme je l’ai dit tantôt, la lutte est mon métier. Je suis à l’écoute et dès qu’on me dira qu’un combat me mettant aux prises à un autre lutteur est ficelé, je descendrai dans l’arène.

Revenons sur votre victoire contre Moustapha Guèye. Avez-vous ressenti une pression avant ce combat qui était tout de même lourd de dangers pour vous ?

Je n’ai pas pour habitude de vivre la pression. Malgré l’importance de ce combat, je n’ai nullement senti la pression en moi. Ce n’est pas de ma nature. Par contre, j’ai bien écouté les consignes qui m’ont été données par mon encadrement. C’est ce qui explique la stratégie que j’ai utilisée dimanche. Je n’avais aucun intérêt à me précipiter. C’est pourquoi, j’ai pris tout mon temps en abordant ce combat face à un grand technicien de la trempe de Moustapha Guèye. Je suis resté calme, posé, pour voir comment mon adversaire allait aborder le comment avant de faire ce que j’avais à faire. Je n’avais aucun intérêt à me ruer sur lui.

Justement, vous dites que vous étiez resté calme durant le combat. Était-ce une consigne ou était-ce parce que vous ne saviez pas comment aborder le combat ?

Il (Moustapha Guèye : Ndlr) m’avait dit avant le combat de ne pas écouter les membres de mon encadrement, parce qu’il les a déjà battus, mais moi je n’écoute que mon encadrement. Et je m’efforce de faire à la lettre ce que mon staff me demande de faire. Je savais qu’il allait attaquer. Quand il l’a fait, je n’étais pas inquiet, au contraire. Car je sais qu’il n’y a pas photo entre ma force et la sienne. Je suis jeune, lui ne l’est pas. C’est là où se trouve la différence.

Expliquez-nous la stratégie que vous avez utilisée, notamment durant le premier round. D’abord pourquoi l’arbitre l’a interrompu ? Moi non plus, je n’ai pas compris pourquoi l’arbitre a arrêté la première action, parce que je pense qu’on n’était pas encore sorti de l’enceinte. Même mon adversaire a demandé à l’arbitre la raison pour laquelle il a stoppé l’action. J’ai pris l’initiative de reculer un peu pour le laisser venir. Il est venu en mimant deux coups avec la main gauche. Ensuite, il a lancé un crochet que j’ai esquivé pour avoir une prise. La prise que j’avais lors de la première action était beaucoup plus favorable que celle qui a entraîné la chute. D’ailleurs, je m’apprêtais à le soulever. Parce que j’avais l’occasion de faire une bonne prise et là, j’allais tout simplement le soulever.

Tu as reculé lors de la première action, mais lors de la deuxième, tu as changé de stratégie en prenant les devants…

La seconde action ressemble sensiblement à la première. Mais cette fois-ci, c’est moi qui ai pris les devants en l’acculant. Je l’ai harcelé, ensuite, j’ai balancé un coup qui ne l’a pas atteint parce qu’il a reculé. Malgré tout, j’ai continué à l’acculer en sachant qu’il allait tenter de m’arrêter en ripostant par un coup. Ce qu’il a fait. J’ai esquivé le coup et je me suis engouffré dans la brèche qu’il a ouverte pour avoir une prise, le ceinturer et le propulser au sol.

Tu es apparu plus léger que d’habitude. Pourquoi ?

Effectivement, j’ai dû réduire mon poids de manière assez significative. C’est un aspect de la préparation. C’était une des exigences du combat. Mon encadrement m’avait préparé en conséquence. Je savais à l’avance que mon adversaire était très rapide, que c’est un lutteur véloce. C’est pourquoi, en concertation avec mon staff technique, je me suis efforcé de réduire ma masse musculaire. J’étais en deçà de mon poids de forme, mais c’était pour être dans de bonnes dispositions pour ce combat.

Source: L'observateur






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