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PÉDICURE, MANUCURE, POSE-CILS, COIFFURE… : Ces métiers que des hommes partagent avec les femmes

Nombreux sont aujourd'hui les femmes qui s'activent dans les métiers de pédicure, manucure, pose-cils et ongles et coiffure etc. Contrairement aux hommes qui les traitent d'homosexuels, les femmes apprécient favorablement ceux qui exercent ces activités. Parce que les trouvant plus créatifs.


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Décembre 2010 à 14:46 | | 1 commentaire(s)|

PÉDICURE, MANUCURE, POSE-CILS, COIFFURE… : Ces métiers que des hommes partagent avec les femmes
Trouver dans les lieux de beauté des hommes, le regard rivé sur la tête des femmes en train de les coiffer ou en train de leur poser des ongles ou cils, de faire dans la pédicure ou manucure, est un spectacle qu’intègre désormais la société sénégalaise. Des établissements qu'ils partagent avec un personnel féminin, chacun rivalisant de talent pour transformer les clientes venues se faire belles en de véritables reines. Installant ses quartiers sur le Boulevard du général de Gaulle, Mouhamed Ly, la vingtaine, est très connu des jeunes filles pour ses services en pédicure, manucure et pose-ongles. «C'est un Sierra-Leonais qui m'a formé dans ce métier. J'étais commerçant avant et j'ai fait aujourd'hui 3 ans dans ce secteur», raconte Mouhamed.

Se prévalant d'une expérience dans ce secteur, Mouhamed Blondin Diop, plus connue par les jeunes dames sous le nom de Ameth, raconte : «J'étais marchand ambulant avant d'embrasser ce métier. C'est un homme du nom de Lèye Ndiaye qui m'a appris ce métier pendant un an. J'étais à Ouagou-Niayes avant de venir au marché des Hlm. Je m'en sors bien et je ne subis pas la concurrence parce que j'ai ma propre clientèle qui vient tous les jours».

Les hommes souvent taxés d'homosexuels

Seulement, ces hommes sont souvent pointés du doigt. Des stéréotypes que Seck Ndanane connaît bien pour les avoir vécus. «J'ai eu beaucoup de problèmes au début, car certaines personnes me taxaient d'homosexuel et de tous les noms d'oiseaux», explique-t-il, précisant : «parfois, mes cousins ne taquinent en me traitant d'homosexuel». Nullement gêné par ces réactions, il confie : «cela ne m'a pas découragé car mon objectif est de réussir et il n'y a pas de sot métier, c'est mieux que de voler ou agresser. C'est un métier comme les autres».

Ces hommes doivent également faire avec la jalousie de leurs femmes et petites-amies. C'est même une source fréquente de malentendus entre Ameth et son épouse. «Ma femme fait souvent des crises de jalousie quand je fais du service à domicile», avoue-t-il. Trouvant que cela n'a pas lieu d'être, il se défend : «J'évolue dans mon travail parce que j'y crois et je parviens à aider ma famille avec ce que je gagne».

Pour ne plus voir sa copine faire des scènes de jalousie, Seck Ndanane a été contraint de renoncer quasiment au service à domicile. Il confesse en effet ne le faire désormais que très rarement pour ne pas susciter la colère de sa copine qui n’apprécie guère de le voir entouré de femmes.

Les hommes sont plus créatifs que les femmes

Pour sa part, Ibou, très enthousiasmé par son travail, révèle vivre une situation tout autre, puisqu’il rencontre quelques difficultés. «Maintenant, je ne tresse plus qu'à domicile. Parce qu'ici, nous sommes dans les rues, si quelqu'un passe et te trouve en train de tresser une dame, il te traite de tous les noms. C'est pourquoi j'ai préféré faire les greffages à domicile», dit-il. Aussi, il souligne que «les étrangers qui sont dans le métier sont beaucoup favorisés. Il y a aussi le fait que le gouvernement ne nous aide pas. Nous sommes vraiment marginalisés et il faut que cela cesse».

Mme Mbow, une jeune dame de teint clair, trouvé dans un salon en train de se faire les ongles, avoue sa préférence pour les hommes. «Parce que, confesse-t-elle, les hommes sont plus créatifs que les femmes». Poursuivant, elle précise : «les femmes prennent souvent ce travail comme un passe-temps. Alors que les hommes, eux le prennent comme leur métier. Ils sont plus aimables et plus sérieux dans leur service».

A côté d'elle, Adja qui vient de finir de se faire poser des ongles tient le même discours. «Les hommes font aussi bien leur travail que les femmes. Et ils sont ouverts et sans caprice», affirme-t-elle.

Des activités stéréotypées mais qui marchent bien

Exercer ces activités longtemps réservées aux femmes n'est pas chose aisée pour les hommes. Nombre de clichés pèsent sur eux, du fait non seulement de l'opinion, mais également de leurs propres familles qui peinent à comprendre leurs choix.

Malgré tous les clichés collés à ces métiers, ceux qui s'y adonnent les trouvent très rentables. Des activités qui marchent plus les veilles de fêtes et les week-ends.

Ameth, en service dans un salon, explique ainsi avoir formé ses deux soeurs qui, selon lui, «s'en sortent bien», alors que Seck Ndanane clame haut et fort s’en tirer très bien grâce aux cils qu’il pose. «C’est surtout les veilles des fêtes que je fais de très bonnes affaires. Car je peux avoir 100 000 F par jour», dit-il en révélant que les prix des pose-cils varient entre 1500 F et 7000 F.

Trouvé assis derrière son bureau, Michael Bass, un patron de salon de coiffure ne dit pas le contraire. Nigérian d'origine, Michael Bass qui a préféré venir au Sénégal ouvrir son salon de coiffure, parce que le métier y est beaucoup plus développé que dans les autres pays de la sous-région, souligne que «durant les grands événements, le travail marche beaucoup plus. Les fins du mois aussi et les week-ends, nous recevons beaucoup de clientes».

Spécialisé dans le tissage, les coupes de cheveux, les ferrages, les crans, les soins de cheveux et les styles européens, il indique que «le travail est rentable, on ne se plaint pas. Et nous ne subissons pas la concurrence parce que nous avons notre propre clientèle qui nous est très fidèle».

Dans le même sillage, Ibou Diané alias «Ibou Liisël», spécialisé dans le défrisage, c'est-à-dire «Peñe mu liis», déclare : «Je suis dans le métier depuis presque 20 ans. Je fais des défrisages, des chignons, des greffages. Même durant la Tabaski, c'est moi qui ai coiffé ma femme. Pour vous dire que je m’en tire parfaitement bien et que c’est une activité rentable, c'est grâce à ce métier que j'ai pris femme, cela fait maintenant 8 ans. Et avec mon salon, je parviens à payer mon loyer, mes factures d'électricité et d'eau et à faire vivre ma famille. J'ai même ouvert un salon de coiffure à ma femme et elle fait le même métier que moi».

IMAM YOUSSOUPHA SARR : «L'argent tiré de ces activités équivaut à l'argent provenant de la prostitution ou de la loterie»

Pleins de clichés, ces catégories de métiers exercés sur les femmes par des hommes, imam Youssoupha Sarr les trouve en contradiction avec l'islam. «Le fait pour un homme de toucher une femme qui n'est pas la sienne, sous prétexte de la coiffer, de lui poser des ongles, pose problème. Cela ne peut pas être accepté par l'Islam. Parce que l'Islam interdit à un homme de toucher une femme qui n'est pas son épouse», dit clairement Youssoupha Sarr. Et pis, «l'argent que ces hommes qui exercent ces métiers en tirent est illicite». Selon l'Imam, «L'argent tiré de ces activités équivaut à l'argent provenant de la prostitution, de la loterie ou de la vente d'alcool». Ce qui lui fait dire : «tout ce qu'on fait avec cet argent n'est pas béni. Si quelqu'un part avec cet argent à La Mecque, il serait parti pour rien parce que le pèlerinage ne sera pas valable. Parce que la manière dont cet argent est acquis est interdite par l'Islam».

Allant plus loin, Imam Youssoupha condamne même les femmes qui recourent à ces services. «Le fait pour la femme de se faire poser de faux cils, de faux ongles, de mettre du vernis, c’est interdit par la religion. Parce qu’elle a beau faire des ablutions, elle ne pourra pas prier».

Toutes choses qui font qu'Imam Youssoupha Sarr «conseille à tous les musulmans qui veulent se lancer dans une activité économique de voir si cette activité est conforme aux règles établies par l'islam avant de le faire». Et il demande à ceux qui font ces activités «de se convertir et de trouver une autre activité»

Marianne NDIAYE & Awa DABO (Stagiaires)
Source Le Populaire



1.Posté par lams diop le 03/12/2010 20:25 | Alerter
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li dou metier goor way. ay goor djigénes lagnous lolou mane doumoko wakh mé soriwou gnouko kamém.

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