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PROCÈS D’HISSENE HABRE : Ses avocats chargent l’état Sénégalais et parlent d’un «triomphe de la justice»

Rédigé par (Plus d'informations demain sur leral .net) le 27 Novembre 2010 à 12:57 | Lu 1083 fois

Le 18 novembre dernier, La haute Cour de justice de la Cedeao a rendu son verdict définitif dans l’affaire opposant le Président Hissène Habré à L’Etat du Sénégal. Un communiqué signé du pool d’avocats chargé de défendre l’ancien Président Tchadien se donne pour objet de rétablir la teneur et la portée du jugement rendu par la juridiction régionale, et charge l’état Sénégalais, coupable d’avoir bafoué le principe absolu de non-rétroactivité de la loi pénale.


PROCÈS D’HISSENE HABRE : Ses avocats chargent l’état Sénégalais et parlent d’un «triomphe de la justice»
Me Serres et me Ciré Clédor Ly avocats d’Hissène Habré ont d’emblée dénoncé une hypocrisie de l’état Sénégalais du fait que «devant la cour, le Sénégal n’avait cessé de plaider l’équité qui conduisait sa démarche depuis le mandat bizarre obtenu de l’Union Africaine pour juger le Président Hissène Habré. Mais contre l’évidence, il avait indiqué avoir simplement modifié sa législation pour se mettre en conformité avec ses obligations internationales, et non dans le but de juger Hissène Habré” De ce fait, ils exigent, tel que prononcé par la cour de justice de l’Uuemoa, que “l’Etat du Sénégal se conforme au respect des décisions rendues par ses juridictions nationales, notamment au respect de l’autorité de la chose jugée”. Les avocats de l’ancien Président pensent ainsi que «la Cour rétablit ainsi l’autorité bafouée des plus hautes juridictions sénégalaises dont les décisions rendues en 2006 avaient conduit le gouvernement sénégalais, censé respecter la séparation des pouvoirs et conséquemment l’indépendance de la magistrature, l’autorité des décisions de justice et la sécurité des justiciables à porter cette affaire devant une instance politique, sous l’influence de Kadhafi et d’Idriss Déby, afin d’obtenir le prétexte de remettre en cause ces décisions». Dans le même ordre d’idée, il explique que la «décision de la Cour n’est pas une victoire pour Hissène Habré parce qu’elle consacre un obstacle absolu à toutes poursuites à son encontre ; «elle est surtout un étendard pour l’ensemble des citoyens de l’espace Cedeao et de ses juges, de Dakar à Bouaké, de Bobo à Kano. La politique a été chassée du prétoire».

Mais au-delà du Sénégal, les avocats ont fustigé aussi ceux qui ont voulu,, «organiser les mécanismes» qui n’avaient d’autres objet que de conduire à la condamnation d’Hissène Habré «tel l’ancien occupant Lybien qui ne s’est jamais remis de ses défaites militaires, le Tchad de Déby, la France et les intérêts qui l’animent dans la défense du régime tchadien, la Belgique qui a connu des conceptions politiques à géométrie variable du principe de compétence universelle et qui s’acharne contre l’Afrique, les bailleurs de fonds européens qui semblent avoir oublié les principes de fonctionnement de la justice internationale».

Les avocats associés dans la défense d’Habré ont aussi indexé la réunion tenue récemment par les bailleurs de fonds pour réunir les fonds pour le procès. Ils estiment que cette rencontre n’a aucun objet, «sauf à perpétuer les violations des droits de l’homme sanctionnées par la Cour, provoquer la nouvelle saisine de cette cour, et confirmer surtout le mépris et l’arrogance de ses participants vis-à-vis de l’Afrique et de ses institutions». De fait, pour les avocats d’Hissène Habré, «la tenue de cette réunion constitue surtout un encouragement à suivre la voie de l’arbitraire, de l’affaiblissement de l’Etat de droit, et un coup dur à l’indépendance des magistrats africains».

Mamadou DIOUF rewmi
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