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PS-APR : Chronique d'un divorce inéluctable - Par Jean Michel Diatta


Rédigé par leral.net le Jeudi 23 Avril 2015 à 13:31 | | 1 commentaire(s)|

PS-APR : Chronique d'un divorce inéluctable - Par Jean Michel Diatta
Les invectives de part et d’autres des partis alliés dans le cadre de la coalition Benno Bokk Yakaar (Bby), notamment le Parti socialiste (Ps) et l’Alliance pour la République (Apr), montrent à satiété que le compagnonnage des deux formations politiques ne tient que sur un petit bout de fil. Même si le chef de l’Etat, Macky Sall, soutient que ladite coalition se porte bien, il n’en demeure pas moins que les sorties tout azimut et les divergences de positions de certains leaders de ces partis sur la transhumance, le respect de l’engagement de Macky sur la réduction du mandat, tout comme l’emprunt obligataire bloqué, sans oublier la candidature à l’élection présidentielle prochaine, laissent entrevoir un divorce inéluctable sous peu.

Les jours seraient-t-ils comptés pour le compagnonnage entre l’Alliance pour la République (Apr) et le Parti socialiste (Ps)? Toute porterait à le croire, vu les différentes positions controverses sur nombre de questions au sein même de la coalition présidentielle, Benno Bokk Yakaar (Bby). Certains leaders de ces deux partis alliés ne ratent pas l’occasion de se tirer à boulets rouges. La dernière en date a été soulevé par la question de la transhumance, tant soit peu défendue par le chef de l’Etat, Macky Sall, face à la presse nationale, le jeudi dernier à Kaffrine.


En effet, prenant le contre-pied du président de la République, le secrétaire national à la communication et porte-parole du Parti socialiste (Ps), Abdoulaye Wilane a dénoncé cette pratique aux antipodes de nos valeurs et principes. Lui emboîtant le pas, son camarade de parti, non moins porte-parole adjoint, Me Moussa Bocar Thiam a regretté les propos de Macky Sall, qui ne militent pas, selon lui, en faveur de l’éthique et de la rigueur en politique. Des sorties qui n’ont pas été sans conséquences d’autant plus que le camp d’en face, à l’image de Moustapha Cissé Lo, a apporté une réplique salée. Pour Cissé Lo, ceux qui déplorent les propos tenus par le chef de l’Etat, ont tous enrôlé des militants d’autres partis quand ils étaient au pouvoir, que ce soit le Ps, l’Afp, le Pds. Plus virulent que le responsable politique Apr de Mbacké, la coalition Macky 2012 a estimé que le Ps avait institutionnalisé la transhumance avec le débauchage systématique des députés du Pds depuis 1978. Pour El Hadji Ibrahima Mbow et Cie, «s’il y a un manque d’éthique et de morale politique, c’est sans doute à leur niveau».

Autre signe avant-coureur d’un clash inéluctable entre les deux formations politiques, le respect des engagements de Macky Sall sur la réduction de son mandat de 7 à 5 ans. Si du côté du Ps, le respect de la parole donnée est prôné, du côté de l’Apr, certains ont exprimé leur penchant pour le maintien des 7 ans. D’ailleurs, sur la question, Moustapha Cissé Lo, fervent défenseur du septennat, a taclé ses alliés en laissant entendre que «Abdou Diouf, Ousmane Tanor Dieng, Abdoulaye Wade et Moustapha Niasse ont été les premiers à faire du wax waxeet». Pour le vice-président à l’Assemblée nationale, tous ces leaders ont promis aux Sénégalais des choses qu’ils n’ont pas respectées.

En outre, le blocage de l’emprunt obligataire de 20 milliards de F Cfa de la mairie de Dakar, fait partie sans aucun doute des facteurs œuvrant d’avantage à creuser le fossé entre le Ps et l’Apr, pour ainsi précipiter leur divorce. Le Ps a manifesté son entière soutien au maire socialiste, Khalifa Sall, vu aujourd’hui par certains comme une victime du régime de Macky Sall, qui cherche vaille que vaille à lui barrer la route du palais. Sur ce point, le parton des ‘’Verts de Colobane’’, Ousmane Tanor Dieng, avait estimé que «ce n’est pas acceptable que sur une question comme celle-là, on entretienne une tension». Cependant, certains de l’Apr, à l’image d’Abdoulaye Diouf Sarr, ne ratent pas l’occasion de remonter les bretelles à l’édile de Dakar, l’invitant à faire tomber son masque en jouant franc jeu. Jusque-là, l’équivoque n’a pas été encore levée sur cet emprunt, combien important pour la ville de Dakar, si l’on en croire certains conseillers municipaux.

Pour couronner le tout - la liste n’est pas exhaustive - la forte détermination du Ps à présenter un candidat aux prochaines échéances électorales n’est pas pour arranger la tension qui existe entre socialistes et Apéristes. Les ambitions présidentielles prêtées à Khalifa Sall font que les deux alliés se regardent en chiens de faïence. Le chef de l’Etat a lui même relevé cette tension interne, lorsqu’il disait le jeudi dernier, que certains de ses proches collaborateurs voulaient que les alliés se déterminent au plus vite, à défaut de quitter l’attelage gouvernemental.

En tout état de cause, beaucoup de facteurs ne militent pas pour un compagnonnage de ces deux partis aux prochaines élections. Selon même certaines indiscrétions, le Ps présentera son candidat Khalifa Sall au mois de mai prochain. Cependant, d’autres soutiennent que les socialistes n’attendent que les résultats du référendum sur la réduction du mandat du Président pour quitter la barque présidentielle, si toutefois le Oui l’emporte. Question à mille inconnus : jusqu’à quand tiendra ce compagnonnage, si frêle et très érodé par les nombreux calculs des différents protagonistes et ces sorties au vitriole tout azimut?

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