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Page Facebook de Me Demba Ciré Bathily : La guerre des mondes

Ce n'est pas seulement la proximité géographique qui détermine l'appartenance à un même monde mais il faut tenir compte désormais d'autres critères comme l'appartenance sociale, la fortune, la culture, la race etc.


Rédigé par leral.net le Mardi 28 Avril 2015 à 02:27 | | 4 commentaire(s)|

Page Facebook de Me Demba Ciré Bathily : La guerre des mondes
Les talibés dont nous venons de célébrer la journée collective d'hypocrisie sociale qui leur est dédiée pour nous dédouaner de l'incapacité de notre société à prendre en charge ses responsabilités en matière de solidarité,appartiennent au même monde que ces milliers de migrants qui dans un geste ultime, ont voulu se libérer en partant à l'assaut de la Méditerranée dans un acte de désespoir. Le flot des morts n'a suscité tout au plus qu'un réflexe sécuritaire de la part de l'Occident, aucune compassion. Ce désespoir est là, vivant et enraciné au fond de ces milliers de jeunes qui ne sont pas loin de penser que le marché de l'emploi a également emprunté les pirogues de la mort pour aller s'échouer au fond de l'Ocean Atlantique. Le pire c'est qu'au delà de la simple émotion de circonstances, nous ne savons même pas pleurer nos morts.

C'est à se demander si ce concept dans ses dimensions tragiques revêt un sens pour les africains. Les étudiants kenyans victimes innocentes du terrorisme n'ont suscité aucun émoi digne de cette tragédie sur le continent. Un fait divers comme ces centaines de morts au Nigeria. Rien à voir avec Charlie qui a mobilisé le monde sauf que là, c'était des blancs. Notre silence coupable est il seulement l'illustration de notre incapacité à bien lire et interpréter la marche du monde ou l'aveu de notre impuissance.

Tout concourt à faire croire que nous ne sommes que des figurants dans ce monde. La plupart des dirigeants africains sont englués dans la réaction tardive et inutile voire inefficace face aux défis majeurs qui interpellent le continent et ne semblent avoir pour préoccupation que la sauvegarde de leur fauteuil. Quand des africains tuent d'autres africains au sud du continent, on se contente d'interroger le passé et de crier à l'ingratitude. C'est ça l'Afrique que nous devons refuser et combattre parce que le devenir du monde c'est nous, même si nous ne semblons pas en prendre la pleine mesure. Le grand problème c'est que nous avons le plus souvent un peu partout les hommes et les femmes qu'il faut mais pas les politiciens qu'il faut. C'est peut être le moment où jamais pour nous de visiter, écrire et enseigner notre histoire à nos peuples. C'est le moment de valoriser les chefs d'œuvre de grands penseurs et savants africains comme Cheikh Anta Diop.

En dépit des discours et des professions de foi, la construction du monde bute encore sur la distinction fondée sur la race, la langue, la religion. Nous ne serons aux yeux des autres que ce nous exigerons d'abord de nous même. Que la paix soit sur nos morts qui ont payé de leur vie le défi qu'ils ont lancé à la misère et à la pauvreté. L'unité africaine qui est la seule réponse crédible au mal être des africains n'est malheureusement pas pour demain si nous n'y concédons pas les efforts et les sacrifices qu'il faut. Il est grand temps de transformer nos indignations en actions si nous voulons prendre en charge les défis que nous posent la pauvreté et la misère.






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