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Paludisme : des progrès remarquables, mais fragiles

le 24 Avril 2015 à 18:19 | Lu 1134 fois

D'importants investissements pour lutter contre la maladie ont permis de la faire reculer d'année en année. Mais il faut maintenir les efforts.


Paludisme : des progrès remarquables, mais fragiles
Ce n'est pas le moment de baisser les bras ! C'est, en résumé, l'appel lancé par le partenariat Roll Back Malaria (RBM), à la veille de la journée mondiale de lutte contre le paludisme. En d'autres termes, les progrès réalisés dans le cadre de ce combat sont remarquables, mais ils restent fragiles. Et même si les besoins sont énormes dans de nombreux autres domaines sanitaires, il ne faut pas changer de cap. Un avis partagé par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, pour qui la lutte contre le paludisme a été " l'un des meilleurs investissements dans la santé " possible. C'est pour cette raison qu'elle reste l'une de ses priorités.

Les progrès déjà accomplis sont incontestables. Selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (Oms), les taux de mortalité liée au paludisme ont chuté de 47 % dans le monde depuis l'an 2000 et de 54 % en Afrique, où se regroupent près de 80 % des cas. Depuis 2001, plus de quatre (4) millions de décès liés à cette maladie ont pu être évités ; 97 % d'entre eux auraient touché des enfants de moins de cinq (5) ans. Néanmoins, il y a eu en 2013 encore 198 millions d'infections par le paludisme et cette maladie aura coûté la vie d'environ 584 000 patients, âgés pour la plupart de moins de cinq (5) ans. " Ce mal que l'on sait pourtant prévenir et guérir continue de tuer un enfant à chaque minute qui s'écoule, mort par manque d'outils simples et peu coûteux comme une moustiquaire traitée à l'insecticide ou un traitement médicamenteux unique ", précise le communiqué de RBM.

Le nerf de la guerre

Il faut y ajouter la possibilité de protection par un vaccin. La revue The Lancet publie aujourd'hui les résultats d'une étude menée avec le premier candidat vaccin dans le paludisme à atteindre la phase 3 du développement (celle qui précède la demande d'autorisation de mise sur le marché ou AMM). On peut y lire que l'injection de (3) trois doses initiales, puis d'une dose de rappel au bout de 18 mois, permet de réduire de 36 % le nombre de crises chez les enfants de 5 à 17 mois et de 26 % à un peu plus de (3) trois ans de suivi chez les nourrissons de 6-12 semaines. En l'absence de rappel, les taux étaient respectivement de 28 et 18 %. Ce travail, qui porte sur les 4 années suivant l'administration du vaccin, confirme aussi les risques de méningite et de convulsions liés aux injections.

Si leur vaccin est homologué, les laboratoires GlaxoSmithKline se sont engagés à le mettre à disposition à un prix abordable pour les pays en développement. Car, une fois encore, l'argent est le nerf de la guerre. " Nous avons parcouru la moitié du chemin avec la moitié des financements ", note le Dr Fatoumata Nafo-Traoré, directrice exécutive du partenariat Roll Back Malaria. Les experts estiment qu'un peu plus de 100 milliards de dollars US permettraient d'éliminer totalement le paludisme d'ici à 2030. Ils mettent en avant le retour sur investissement : 12 millions de vies potentiellement sauvées, 3 milliards de contaminations évitées et un gain global de 270 milliards de dollars si la maladie parvenait à être éliminée ne serait-ce qu'en Afrique subsaharienne. Derniers chiffres : le paludisme coûte chaque année au continent africain au moins 12 milliards de dollars en productivité perdue et, dans certains pays particulièrement touchés, cela peut représenter jusqu'à 40 % des dépenses publiques.