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Pape Malick Sy, frère du défunt: « Al Amine savait qu’il allait partir bientôt »

Il était réellement l’âme de Tivaouane. Le souffle qui animait ses discours, faisait de lui le tribun incontesté de la cité religieuse. Hélas, les Tidianes se sont réveillés aphones hier, avec la disparition de leur Khalife général, Abdoul Aziz Sy Al Amine. La cité religieuse perd ainsi sa « voix ».


Rédigé par leral.net le Samedi 23 Septembre 2017 à 10:18 | | 0 commentaire(s)|

«Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine m’avait demandé d’être patient et d’attendre 6 mois après le décès de mon père, un événement va se produire ». Cette confidence quasi prophétique du défunt Khalife à Serigne Moustapha Sy, est une illustration parfaite de la dimension de ce dernier. Comme pour confirmer cette prédiction, Pape Malick Sy déclare lors de la cérémonie officielle à Tivaouane, hier vendredi, que son frère savait qu’il allait partir et qu’il lui a fait des confidences il y a de cela cinq jours. « Mon père et mon grand-père m’ont appelé, je vais les rejoindre bientôt » aurait-il dit à son frère pour annoncer la fin de sa mission.

Tout cela montre que le fils du premier Khalife de Maodo Malick né 1927, était sans conteste un homme de Dieu et le vrai régent de la Ville sainte. Intronisé porte-parole depuis que son homonyme Abdoul Aziz Sy Dabakh est devenu Khalife, Al Amine comme on l’appelait affectueusement, faisait partie des voix les plus autorisées de Tivaouane. Devant les Sénégalais parfois allergiques à la critique et à l’autocratique, il n’hésitait pas à prendre des positions qui pouvaient choquer voire impopulaires et incomprises mais toujours courageuses.

Celui qu’Al Makhtoum appelait « mon copain », s’est très tôt illustré à Tivaouane par son sens de l’organisation, en créant le Coskas qui est un comité qui avait pour but de contrôler l’ordre dans la ville sainte. Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine était aussi une voix très écoutée des politiques car, il était un régulateur social qui avait le génie de pouvoir résoudre les conflits sociaux. Et le dernier en date est la crise qui opposait en 2016, le Syndicat des enseignants et le gouvernement.

Et n’eut été le sens du dialogue et de la négociation de Abdoul Aziz Sy Al Amine, le pays aurait connu la deuxième année blanche de son histoire. Par ailleurs, son aura dépassait les frontières du pays car il faisait partie de la Ligue Islamique mondiale et au Maroc, il présidait en compagnie du professeur Barham Diop, les « douroussous hassaniyya » organisés par le roi du Maroc pendant le ramadan depuis feu Hassan II.

Celui qui repose à côté de son père Khalifa Abacar Sy, était quelqu’un qui se souciait du sort de tous les musulmans et la dernière fête de Tabaski en est une preuve. Il appelait les musulmans du monde à apporter de l’aide aux Rohingyas persécutés en Birmanie. Le président de la République qui était à Tivaouane ce vendredi avec l’ensemble du gouvernement, pour présenter leurs condoléances de la nation, a peut-être su trouver les mots justes pour résumer la vie de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. "Le Sénégal a perdu un de ses remparts les plus solides", a affirmé le Président.


L’As








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